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Les amateurs de films d’horreur mieux préparés à la pandémie

Un jeune homme regarde un film d'horreur à la télévision.

Les films et séries d'horreur auraient permis de préparer les téléspectateurs à la pandémie actuelle.

Photo : Penn State/Patrick Mansell

Radio-Canada

Les amateurs de films ou de séries d’horreur font preuve d'une plus grande résilience face à la pandémie de la COVID-19 que ceux qui ne sont pas friands de ce type de divertissement, montrent les travaux de psychologues américains.

La résilience se définit comme la capacité d’une personne à résister à un choc traumatique, comme un deuil, une rupture, un accident, de la violence, ou à une situation difficile telle qu’une pandémie. L’image d’un roseau qui plie sans briser face à des vents violents illustre bien le concept.

Plus précisément, le Pr John Johnson et ses collègues de l’Université d’État de la Pennsylvanie affirment que les adeptes de films ou de séries survivalistes et post-apocalyptiques relatant des mondes de zombies, tels que Walking dead, font preuve à la fois d'une plus grande résilience et d'une meilleure préparation dans l’adversité que ceux qui ne les apprécient pas.

Nous avons également constaté que la curiosité morbide [ou l’intérêt pour ce qui est macabre], est associée à une meilleure résilience et à un intérêt pour les films pandémiques pendant la pandémie, expliquent les auteurs de ces travaux publiés dans le journal Personality and Individual Differences (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Nos résultats sont conformes à l'hypothèse selon laquelle l'exposition à des fictions effrayantes permet au public de mettre en œuvre des stratégies d'adaptation efficaces qui peuvent être bénéfiques dans des situations réelles.

John Johnson

L’étude

Nous avons voulu identifier des facteurs au-delà de la personnalité qui contribuent à la préparation psychologique et à la résilience des gens face à la pandémie, explique le Pr Johnson dans un communiqué publié par l’université.

Après avoir considéré les influences de la personnalité, qui étaient quand même assez fortes, nous avons constaté que plus les gens avaient vu de films sur les zombies, les invasions extraterrestres et les pandémies apocalyptiques avant COVID-19, mieux ils se portaient dans la pandémie actuelle. Ce genre de films sert apparemment de répétition mentale pour des événements réels.

John Johnson

Pour moi, cela implique un message encore plus important sur les histoires en général – que ce soit dans les livres, les films ou les pièces de théâtre. Ces histoires ne sont pas seulement un divertissement, mais une préparation à la vie, ajoute le professeur émérite.

Dans cette étude, les chercheurs ont d’abord évalué la résilience positive et négative de 310 sujets qui ont également répondu à six questions portant sur leur préparation à la pandémie.

Les participants ont ensuite indiqué dans quelle mesure ils étaient adeptes de différents genres de divertissement à la télévision et au cinéma (horreur, zombie, thriller psychologique, surnaturel, apocalyptique/post-apocalyptique, science-fiction, invasion extraterrestre, crime, comédie et romantique).

Les sujets ont ensuite été interrogés sur leur expérience passée et présente et sur leur intérêt pour les films qui traitent explicitement des pandémies.

Nous avons constaté que les gens qui regardaient certains types de films avant la pandémie semblaient être aidés par eux pendant la pandémie.

John Johnson

La question est maintenant de savoir si se lancer maintenant dans un marathon de films d’horreur peut aider à affronter la pandémie actuelle.

Je ne suis pas certain que le fait de regarder de tels films maintenant est utile pour la situation actuelle, mais il n'est jamais trop tard pour se préparer à la prochaine étape de la vie.

John Johnson

Une chose est certaine, selon le PR Johnson, des situations similaires vont inévitablement se produire à l’avenir.

Consommer des histoires tirées de livres, de films et peut-être même de jeux vidéo n'est pas seulement un passe-temps oisif, mais une façon pour nous d'imaginer des réalités simulées qui nous aident à nous préparer aux défis futurs, conclut-il.

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