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COVID-19 : les aînés franco-ontariens plus durement touchés

Un travailleur qui porte de l'équipement de protection s'occupe de résidents sur un balcon du Manoir Laurier, à Ottawa.

Un travailleur qui porte de l'équipement de protection s'occupe de résidents sur un balcon du Manoir Laurier, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Les aînés francophones et leurs familles sont particulièrement touchés par les effets de la pandémie, ont témoigné plusieurs experts devant la Commission des soins de longue durée de l'Ontario. Les audiences ont eu lieu le 17 décembre, mais les transcriptions viennent d'être rendues publiques.

Des informations sur la vaccination contre la COVID-19 sont envoyées seulement en anglais par le gouvernement ontarien, ce qui cause des retards, a expliqué la directrice de soins de longue durée de Soins continus Bruyère à Ottawa, Melissa Donskov.

Par exemple, très souvent, les vidéos de formation sur la vaccination sont en anglais uniquement et ils ne sont envoyés en français que quelques semaines plus tard. Nous faisons beaucoup de traduction. Nous avons les ressources pour le faire, mais vous comprendrez que cela prend du temps.

Questionné à ce sujet par Radio-Canada, le ministère de la Santé a dit que des documents en anglais sont transmis dès que possible en attendant les traductions officielles pour accélérer les efforts de planification.

Jointe par Radio-Canada, Melissa Donskov a dit que certains retards de traduction persistent car l'information sort vite, mais que le gouvernement et la santé publique ont fait un énorme effort pour tenter de rectifier le tir. De son côté, la directrice générale du Foyer des pionniers, à Hearst, Joëlle Lacroix, dit ne pas avoir eu ce problème, mais précise qu'elle pas encore reçu ses doses de vaccins, qui doivent arriver d'ici le 15 février.

Autre révélation devant la Commission : en raison du manque de services en français et de la barrière de la langue, les aînés francophones sont placés en centre de soins de longue durée prématurément, et ce, plus souvent que les anglophones.

S'ils ne reçoivent pas l'aide et le soutien dont ils ont besoin, et parce qu'ils n'arrivent pas à se faire comprendre, ils sont institutionnalisés même quand ce n'est pas absolument nécessaire, a expliqué la directrice générale des Centres d'accueil Heritage, à Toronto, Barbara Ceccarelli.

Moins de 2 % des 636 foyers pour aînés de l'Ontario sont désignés en vertu de la Loi sur les services en français.

Barbara Ceccarelli lors d'une entrevue.

Barbara Ceccarelli est la directrice générale des Centres d’accueil Héritage, à Toronto.

Photo : Radio-Canada

Le fait qu’un patient parle français ne devrait pas être un facteur qui détermine la qualité des soins lui étant prodigués, a souligné l'opposition néo-démocrate, dans un communiqué envoyé à Radio-Canada.

Aucun patient ne devrait craindre ou douter des soins de santé qu’il va recevoir parce qu’il fait partie de la minorité francophone.

Une citation de :Alexandre Boulerice, chef adjoint du NPD et porte-parole en matière de langues officielles

M. Boulerice a mis la responsabilité de la situation sur Justin Trudeau en ce qui concerne le sous-financement des systèmes de santé provinciaux et des services offerts en français, et sur le gouvernement Ford, accusé de n'en faire qu'à sa tête et de laisser les patients francophones à eux-mêmes.

Le député néodémocrate Alexandre Boulerice.

Le député néodémocrate Alexandre Boulerice.

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

La députée libérale de l'Ontario Lucille Collard a quant à elle réagi sur Twitter.

Des choix déchirants

La directrice des services de santé du Centre francophone du Grand Toronto, Estelle Duchon, a expliqué qu'en raison du petit nombre de foyers pour aînés qui offrent des services en français en Ontario, bien des familles font face à des choix déchirants.

Est-ce que je place mes parents près de chez moi dans un centre anglophone, où ils ne seront pas compris par le personnel et où je pourrais potentiellement ne pas pouvoir leur rendre visite à cause de la COVID-19, ou alors, est-ce que je les place loin de chez moi, mais dans un centre de soins de longue durée francophone?

Une citation de :Estelle Duchon, du Centre francophone du Grand Toronto

Elle ajoute que les foyers francophones sont surtout concentrés dans l'Est et le Nord-Est, et ce, même si 40 % des aînés francophones de l'Ontario vivent ailleurs dans la province. La région de Toronto est particulièrement mal servie.

Plusieurs experts ont aussi réitéré ce qui a déjà été largement signalé dans les médias : le manque de financement, de lits pour les aînés francophones et de relève francophone en techniques infirmières et surtout chez les préposés aux bénéficiaires.

Estelle Duchon a d'ailleurs déploré qu'il n'y ait aucune garantie que les nouveaux lits pour les aînés francophones promis par le gouvernement Ford soient créés dans des foyers où le personnel parle français.

Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement de l'Ontario a rejeté une demande de prolongation de la commission des soins de longue durée. Les responsables de la commission indépendante ont affirmé avoir besoin de plus de temps pour terminer leur rapport final parce que le gouvernement lui-même ne fournissait pas suffisamment de documents.

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