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La nouvelle cheffe Annamie Paul veut transformer et repositionner le Parti vert

Annamie Paul prise en photo.

Annamie Paul lors d'une conférence de presse à Ottawa le 7 décembre 2020

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

À la tête du Parti vert depuis le mois d'octobre, Annamie Paul souhaite lui faire prendre un virage vers la justice sociale.

Annamie Paul a passé la majeure partie des 10 derniers mois enfermée dans son appartement, tout comme vous.

Mais l'état stationnaire de la cheffe du Parti vert ne reflète pas le pivot rapide de son équipe, alors qu'elle cherche à se débarrasser de l'image contraignante du parti à enjeu unique, qu'elle souhaite repositionner à l'avant-garde de la justice sociale.

Mme Paul, qui a battu sept candidats en octobre pour prendre la tête du Parti vert du Canada, se fraye un chemin parmi les membres qui viennent dans toutes les nuances de vert. Leur écologisme va des mécanismes basés sur le marché pour réduire la pollution à l'écosocialisme qui rejette le capitalisme comme intrinsèquement destructeur pour l'environnement.

Mais sur le spectre politique plus large, les appels de Mme Paul pour un revenu de subsistance garanti, un régime universel d'assurance-médicaments et de garde d'enfants, et une éducation postsecondaire gratuite visent à attirer des électeurs qui siègent à la gauche des verts des décennies passées.

Jusqu'à récemment, le conservatisme fiscal marquait un point de fierté pour le parti, a-t-elle expliqué, une façon de neutraliser cet argument selon lequel ces préoccupations vertes sont de bonnes choses, mais qu'elles ne sont pas vraiment responsables sur le plan financier.

Mais tout cela change.

Il n'y a pas de plan pour un budget équilibré de notre part, a indiqué Mme Paul dans une entrevue, citant un consensus mondial parmi les pays du G20, selon lequel des dépenses massives sont nécessaires pour soutenir les économies en déclin.

Bien que ce point de vue corresponde parfaitement aux justifications libérales pour leurs prévisions de déficit, sa critique de la façon dont les élus ont géré les soins de longue durée n'est pas aussi compatible.

Une refonte du système des foyers pour aînés

Peut-être plus que tout autre dirigeant, Mme Paul s'est concentrée sur la crise dans les foyers pour personnes âgées, où en Ontario le nombre de morts de la COVID-19 dans la deuxième vague menace de dépasser celui de la première.

Elle a organisé une demi-douzaine d'assemblées et de tables rondes virtuelles au cours des dernières semaines, discutant avec des épidémiologistes, des scientifiques et des chercheurs pour déterminer la meilleure réponse à la pandémie mortelle.

Mme Paul, dont le père est décédé lors de la première vague au foyer de soins abritant le pire taux d'infection par le coronavirus de l'Ontario, demande au premier ministre Justin Trudeau de créer un groupe de travail d'intervention rapide pour lutter contre la COVID-19 en améliorant la coordination entre les ordres de gouvernement.

Des gens portant des masques regardent vers l'extérieur d'une fenêtre.

3150 des plus de 5400 morts de la COVID-19 en Ontario sont des résidents des foyers de soins de longue durée, selon les derniers chiffres provinciaux.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui/CBC News

Elle souhaite également voir Ottawa, en partenariat avec les provinces et les territoires, travailler à l'élimination des foyers de soins privés, en plus d'embaucher du personnel plus nombreux et mieux rémunéré et de repenser les chambres partagées.

Les soins de longue durée à but lucratif doivent absolument disparaître, a-t-elle déclaré.

Les foyers privés en Ontario étaient plus susceptibles de voir des éclosions importantes de COVID-19 et un nombre plus élevé de décès, a indiqué une étude publiée dans le Journal de l'Association médicale canadienne au mois d'août.

Mais 108 jours après avoir pris les rênes du parti, Mme Paul a encore du mal à se faire entendre au-dessus du vacarme de la politique quotidienne.

La présence de trois députés verts, dont l'ancienne chef du Parti Elizabeth May, mais pas Mme Paul elle-même, signifie que le Parti n'a pas de statut officiel au Parlement, ce qui leur laisse peu de temps sur le parquet.

Un programme politique semblable à celui d'autres partis?

Leurs appuis dans les sondages ont à peine dépassé 6 ou 7 % depuis les dernières élections fédérales, en octobre 2019, a indiqué le PDG d'Abacus Data, David Coletto.

Bien que près d'un Canadien sur trois déclare qu'il envisagerait de voter vert, un obstacle majeur demeure la concurrence féroce pour les électeurs de gauche.

Il y a, évidemment, les néo-démocrates qui essaient d'occuper ce genre d'espace qui comprend à la fois un programme environnemental et un autre qui est construit autour de la justice sociale et de la réalisation de l'égalité, a noté M. Coletto lors d'une entrevue.

Le Parti libéral, bien qu'il ne soit pas aussi agressif sur une partie de cette rhétorique [...], est également dans cet espace.

David Coletto, PDG d'Acabus Data

Une plus petite tranche d'électeurs verts potentiels penche vers le Bloc québécois ou les conservateurs, a-t-il ajouté.

Comment différenciez-vous les verts, comment en faire une option crédible pour les gens qui pourraient autrement voter NPD, libéral ou Bloc au Québec et, en plus de cela, faire en sorte qu'un vote pour eux ne soit pas un gaspillage dans notre mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour?

Alors que les verts ont obtenu presque autant de voix que le Bloc en 2019 -- 6,55 % des suffrages exprimés contre 7,53 %, respectivement -- le soutien concentré du parti séparatiste lui a valu 32 sièges contre seulement trois pour les verts, dont les appuis sont plus diffus.

Je pense qu'il devient souvent un vote de protestation, a affirmé M. Coletto.

Mais il ne semble toujours pas y avoir dans le paysage de l'opinion publique au sens large un véritable désir de faire de la politique différemment, ou de sentir que les trois ou quatre principaux partis sont fondamentalement brisés. [...] Et au milieu d'une pandémie, il sera encore plus difficile de convaincre les gens de voter pour un nouveau type de parti non testé.

Mme Paul, une avocate non pratiquante bilingue qui a passé une grande partie de sa carrière dans des institutions intergouvernementales telles que la Cour pénale internationale, espère gagner en visibilité en participant aux débats des dirigeants menant à une éventuelle élection fédérale cette année.

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