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Le gouvernement Legault n'est pas prêt à exempter les sans-abri du couvre-feu

Québec refuse de faire une exception pour les itinérants, malgré les demandes de Valérie Plante et de l'opposition.

Un homme itinérant portant un manteau fume une cigarette sous la neige.

La situation des personnes itinérantes lors de la pandémie de COVID-19 inquiète les pouvoirs publics.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Malgré l'indignation causée par la mort tragique d'un sans-abri caché dans une toilette chimique, le gouvernement du Québec n'est pas prêt à exempter les itinérants de l'interdiction de se trouver dehors après 20 h.

Il n’est pas envisagé d’offrir une exception aux personnes en situation d’itinérance, indique le cabinet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant. Cela amènerait une complexité quant à l’application du couvre-feu.

Si on mettait dans le règlement le fait qu’un itinérant ne peut pas recevoir de contravention, n’importe qui pourrait dire qu'il est itinérant.

François Legault, premier ministre du Québec

Québec rappelle qu'il existe déjà un accompagnement vers les bonnes ressources et il y a collaboration. Le gouvernement ajoute que personne ne veut judiciariser les personnes en situation d’itinérance.

Raphaël André, décédé dans la nuit de samedi à dimanche.

Raphaël André était originaire de la communauté de Matimekush-LacJohn, près de Schefferville.

Photo : Courtoisie John Tessier/The Open Door

Des groupes communautaires réclament plus que jamais l'exemption des itinérants à la suite du décès de Raphaël André, dans la nuit de samedi à dimanche. Selon les intervenants, des sans-abri se cachent des policiers après 20 h, de peur de recevoir une contravention.

L'homme de 51 ans, originaire d'une communauté innue de la Côte-Nord, est mort après avoir passé plusieurs heures dehors, à quelques mètres d'un refuge qu'il avait quitté à 21 h 30 après la fermeture exceptionnelle des lieux en raison de recommandations de la santé publique.

Le ministre Lionel Carmant a offert ses condoléances aux proches de la victime et à sa communauté. Il s’agit d’un événement d’une grande tristesse, indique le cabinet du ministre. Nous laisserons le coroner faire son enquête afin de faire la lumière sur les événements.

Valérie Plante implore Québec de faire une exception

Ça crée trop de stress présentement, déplore la mairesse de Montréal au sujet du couvre-feu. Valérie Plante affirme même que la mesure augmente l'insécurité des itinérants.

Même si elle « n'encourage pas les gens à aller dans la rue », la mairesse explique que les refuges « débordent » certaines nuits, malgré le « nombre record » de lits disponibles.

Il y a des soirs où il n'y a plus de lits.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

La Ville travaille à trouver une nouvelle ressource d'hébergement pour augmenter la capacité d'accueil de 100 lits.

Ce n'est « pas facile pour le SPVM [Service de police de la Ville de Montréal] », raconte Valérie Plante, alors que les policiers ont déjà interpellé 400 itinérants dehors après 20 h. Ceux-ci n'ont pas été verbalisés, mais plutôt accompagnés vers des refuges.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

L'opposition unie pour demander l'exemption

Le couvre-feu est une mesure complètement inadaptée à la réalité des personnes en situation d’itinérance, dénonce la députée libérale Paule Robitaille, porte-parole de l'opposition officielle en matière de pauvreté et de solidarité sociale.

Nous demandons au gouvernement de la CAQ de reconsidérer sa décision et d’exempter les itinérants de ce couvre-feu. C’est une question de dignité humaine.

Paule Robitaille, porte-parole de l'opposition libérale en matière de pauvreté et de solidarité sociale.

Depuis une semaine, Raphaël André se cachait des policiers durant le couvre-feu, rappelle la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé. Serait-il encore vivant si les pouvoirs publics connaissaient la réalité de l'itinérance? Si les intervenants sur le terrain avaient été consultés avant le couvre-feu? Je crois que oui.

Pour sa part, la députée du Parti québécois Véronique Hivon croit que le couvre-feu dont le gouvernement refuse d’exempter les sans-abri exacerbe la pression déjà énorme qu’ils vivent depuis le début de la pandémie.

Elle parraine une pétition signée plus de 10 000 fois pour demander l'exemption des itinérants du couvre-feu.

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