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L'avocat de la Couronne met en doute la crédibilité des soutiens de Nygard

Un dessin illustrant Peter Nygard.

Peter Nygard a comparu par visioconférence à son audience de remise en liberté sous caution.

Photo : La Liberté Manitoba/Tadens Mpwene

Un avocat du procureur général du Canada a tenté de démontrer que les deux hommes qui se portent garants pour la libération sous caution du magnat canadien de la mode Peter Nygard ne sont pas fiables.

L’homme de 79 ans, qui a comparu par vidéoconférence depuis le Centre de détention de Headingley, respirait bruyamment et a reniflé à plusieurs reprises. Il fait face à neuf chefs d’accusation aux États-Unis, dont ceux de racket et de trafic sexuel. Selon un document de cour, les preuves rassemblées aux États-Unis réunissent des témoignages de plus d’une vingtaine de personnes.

Scott Farlinger a déclaré devant la Cour que son équipe avait de sérieuses inquiétudes au sujet des projets proposés par les avocats de Peter Nygard. Il a notamment évoqué la pertinence des garants et leurs personnalités.

Pendant une bonne partie de la journée, l’avocat de la Couronne a interrogé Greg Fenske, un ancien employé de Peter Nygard qui se porte garant de son ancien patron.

Celui-ci a perdu son emploi quand l’entreprise de Peter Nygard a été mise sous séquestre en mars 2020. Il travaille maintenant comme consultant auprès du magnat de la mode et se paie 2000 $ par semaine par l'entreprise d'une entreprise à numéro dont il est le propriétaire.

L’homme de 65 ans, qui habite à Winnipeg, a utilisé cette entreprise pour acheter une maison, avec de l’argent transféré par Peter Nygard, qui a servi de lieu d’habitation au magnat de la mode. Ce dernier y résidait lorsqu’il a été arrêté le 14 décembre dernier.

Greg Fenske a aussi déclaré dans une déposition qu’il était prêt à déposer 900 000 $ pour sécuriser la libération sous caution de son ancien patron.

Respect mutuel et visites quotidiennes

Scott Farlinger a tenté d’en savoir un peu plus sur la relation entre les deux hommes.

Interrogé sur sa relation avec Peter Nygard, Greg Fenske l'a décrite comme empreinte d'un respect mutuel. Les deux hommes ont travaillé en étroite collaboration pendant environ quatre ans. C’était mon patron, a déclaré Greg Fenske.

L’avocat de la Couronne lui a ensuite demandé pourquoi, dans ce cas, il avait décidé de soutenir ce dernier. Je crois en l’innocence de M. Nygard, a-t-il répondu.

Un dessin illustrant le procès de Peter Nygard.

Greg Fenske est interrogé par l'avocat de la Couronne, Scott Faringer, lors d'une audience pour remise en liberté sous caution de Peter Nygard.

Photo : La Liberté Manitoba/Tadens Mpwene

Scott Farlinger a aussi voulu savoir comment Greg Fenske, qui a offert d’héberger Peter Nygard dans la maison achetée pour lui, s’assurerait que le magnat de la mode respecte les conditions de sa liberté sous caution.

L’ancien employé a expliqué qu’il s'en assurerait quotidiennement à M. Nygard, en appelant le téléphone fixe de la maison et grâce à des caméras de détection de mouvement situées aux entrées et aux sorties.

Greg Fenske a, par ailleurs, assuré que, si Peter Nygard ne respectait pas les conditions de sa remise en liberté, il appellerait la police.

Un ancien associé des Hells Angels à la défense de Peter Nygard

Une partie de l’après-midi a été consacrée à un autre homme qui s’est porté garant pour la libération sous caution de M. Nygard. Actuellement sans emploi, Steve Mager travaillait comme directeur de la construction pour Nygard International et gagnait 130 000 $ par an.

L’homme aux cheveux noirs et courts a perdu son emploi en avril 2020 quand l’entreprise a été mise sous séquestre.

Steve Mager est déjà connu de la justice. Ancien associé des Hells Angels, il a été arrêté en 2009 pour trafic de drogue. Il a été condamné en 2012 à 5 ans de prison pour trafic de cocaïne.

Pendant l’audience, Steve Mager a déclaré qu’il continuait de parler quotidiennement à Peter Nygard et qu’il lui rendait visite tous les jours avant son arrestation. Nous sommes amis, a-t-il dit.

Dans une déposition, Steve Mager a indiqué être prêt à déposer 300 000 $ pour sécuriser la libération de l'ex-designer.

La santé de Nygard en jeu

L’audience, qui se déroule à la fois en personne et à distance à cause de la COVID-19, a été marquée par des problèmes d'acoustique. Plusieurs journalistes qui suivaient les débats par téléphone ont été exclus après qu’un reporter d’un média anglophone eut enregistré un reportage sans couper son micro, gênant de ce fait les débats qui avaient lieu dans le tribunal.

Ceux-ci ont repris un peu plus tard, mais les journalistes ne pouvaient plus suivre les échanges par téléphone.

L’avocat de Peter Nygard, Jay Prober, n’était pas présent au tribunal. Il a néanmoins répété que son client niait toutes les allégations.

Il a aussi fait valoir que Peter Nygard est un homme âgé et que sa santé était en danger s’il restait en prison à cause de la COVID-19. Le laisser en prison équivaut à une peine de mort, a-t-il déclaré.

Devant vous, vous avez un vieil homme de 79 ans et demi, un homme frêle de presque 80 ans, a dit Jay Prober par téléphone.

Il ressemble à une m..., a dit, de façon plus crue, Steve Mager.

Peter Nygard a toujours nié les allégations contre lui, dont aucune n’a été prouvée devant un tribunal. Il les a notamment qualifiées de mensongères.

L’audience pour une éventuelle libération sous caution, en attendant un procès en vue d’une possible extradition vers les États-Unis, se poursuit mercredi.

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