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Rachat de Dare To Care par Cœur de pirate : un symbole pour les femmes en musique

La jeune femme est sur une scène extérieure, devant un micro sur pied. Le vent soulève ses cheveux.

Béatrice Martin, alias Cœur de pirate

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Radio-Canada

L’annonce de l'acquisition par Béatrice Martin (Cœur de pirate) de l’étiquette Dare To Care Records met en lumière la place des femmes à la tête des maisons de disques au Québec. Si Béatrice Martin n’est pas la première femme à en diriger une, Catherine Simard, présidente de la Maison Fauve, estime qu’il y a encore du chemin à parcourir.

En entrevue avec la chroniqueuse culturelle de l’émission Tout un matin, Eugénie Lépine-Blondeau, Catherine Simard a expliqué avoir fondé sa propre agence de production de spectacles, de gérance et maison de disques après avoir quitté Spectra en 2018.

Cette dernière fait notamment rayonner les carrières des artistes Dominique Fils-Aimé, Patrice Michaud, Vincent Vallières et Eli Rose, pour ne nommer que quelques-uns des noms de la musique qu’elle a pris sous son aile.

Pour elle, le rachat de Dare To Care par Béatrice Martin est un premier pas vers la reconnaissance des femmes dans l’industrie québécoise de la musique, même si plusieurs ont préparé le chemin avant elle.

C’est quand même la première femme à prendre la tête d’une entreprise de cette envergure. Je suis très heureuse que ce soit une femme qui la reprenne, parce que j’étais assez déprimée quand j’ai vu que la direction générale par intérim avait [d’abord] été reprise par un homme, admet-elle.

Rappelons que c’est dans la foulée de la vague de dénonciations d’agressions et de harcèlement sexuels de l’été dernier que Cœur de pirate avait dit qu'elle voulait reprendre les rênes de cette étiquette, qui a vu émerger des artistes du Québec de renom. Une raison de plus, croit Catherine Simard, d’avoir une femme pour la diriger.

Dans le contexte, ça a vraiment une symbolique très forte qu’une femme reprenne l’entreprise, et je pense que c’était la seule manière de lui offrir une certaine pérennité, puisque c’est une des compagnies très importantes de notre industrie.

Catherine Simard

L’industrie musicale, un « boys club »

Outre la vague de dénonciations qui a secoué la maison Dare To Care Records, Catherine Simard explique que c’est en raison de l’ambiance « boys club » de l’industrie de la musique qu’elle a eu envie de fonder sa propre maison de disques.

La musique est un monde de femmes. Même dans les postes clés, il y en a beaucoup qui y travaillent. Mais les postes de haute direction sont [surtout] occupés par des hommes.

Catherine Simard

Eugénie Lépine-Blondeau a expliqué, à l'émission Tout un matin, qu'il y avait une certaine pression pour les femmes qui brisent les plafonds de verre. Elle a également discuté avec la cofondatrice de l’étiquette Michel Records, Chloé Legrand, qui considère que la venue de Béatrice Martin dans des fonctions administratives ou de gestion permettra à la boîte d’éviter des erreurs commises inconsciemment par le passé. 

Cette dernière souligne toutefois qu’une réelle prise de conscience s’opère dans l’industrie, et que la discussion sur l’inclusion, l’équité et l’égalité continue. Chloé Legrand croit que c’est d’ailleurs le mentorat entre femmes qui a contribué à ce qu’elle se lance.

Il existe maintenant une sororité très motivante, admet Chloé Legrand. Ça permet de créer des liens, de se rencontrer, de discuter librement. Ça donne de la force, conclut-elle.

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