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Desjardins Entreprises : la fusion possible de la Côte-Nord avec Saguenay critiquée

Deux enseignes montrant le logo de Desjardins sur la façade d'un édifice.

Sur les 27 Centres Desjardins pour entreprises du Québec, celui de la Côte-Nord est le deuxième plus petit de la province (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Félix Lebel

L’assemblée des MRC de la Côte-Nord s'oppose à la fusion éventuelle du Centre Desjardins pour entreprises (CDE) de la Côte-Nord à celui du Saguenay, qui fait présentement l’objet d’une étude de faisabilité. Les préfets des MRC estiment qu’une telle fusion pourrait contribuer à des pertes d’emplois dans la région.

Le président du Comité de coordination du CDE de la Côte-Nord qui chapeaute l'étude, Christophe Rolland, estime plutôt que cette fusion pourrait permettre un meilleur accompagnement auprès des membres.

Selon lui, le fait que le CDE de la Côte-Nord soit le deuxième plus petit du Québec pourrait limiter la capacité de l'organisation à offrir des services davantage spécialisés aux membres.

À titre d'exemple, on a déjà une équipe qu’on partage entre le Saguenay, Charlevoix et la Côte-Nord, et qui est spécialisée dans le crédit agricole. Alors on a des agroéconomistes, des gens vraiment spécialisés dans ce domaine-là, qui donnent des services spécialisés à des clientèles particulières. C'est le genre de choses qu’on peut faire en allant chercher une masse critique d’employés plus importante , explique M. Rolland.

La perte d’un fleuron?

Le préfet de la MRC de la Minganie, Luc Noël, s'inquiète d’une éventuelle fusion et appelle les directeurs des caisses de la Côte-Nord à s’y opposer.

Les entreprises de la Côte-Nord ont besoin de support et d'institutions financières régionales qui sont fortes. Parce que quand c'est le temps de compétitionner avec des entreprises de l'extérieur, ça prend des gens qui sont capables de dire oui, notre région est capable de supporter ça, indique M. Noël.

Ce dernier craint qu’une nouvelle structure de gouvernance laisse le soin aux Caisses Desjardins du Saguenay de décider à la place de celles de la Côte-Nord.

On passe le message à l'ensemble de la Côte-Nord qu'on est des "pas bons" et qu'on va être mieux administrés par une autre région que la nôtre.

Une citation de :Luc Noël, préfet de la Minganie

Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny est aussi de cet avis. Il estime également qu’une telle fusion pourrait contribuer à des pertes d’emplois dans la région.

Les services Desjardins aux entreprises doivent rester sur la Côte-Nord et être gérés sur la Côte-Nord, par des Nord-Côtiers. On ne veut pas perdre ça et on va se battre pour ne pas les perdre, affirme le maire Montigny.

Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny

Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Christophe Rolland estime quant à lui que dans la fusion éventuelle des CDE, une nouvelle table de concertation serait composée.

Sans évoquer l'idée d'une centralisation, M. Rolland explique plutôt qu'une assemblée des caisses pour entreprises serait formée par l’ensemble des directeurs des conseils d’administration de la Côte-Nord et du Saguenay.

Plus de personnel

L’enjeu de la main-d'œuvre fait aussi partie des motivations du CDE de la Côte-Nord à se lancer dans cette étude de faisabilité. Dans l'état actuel des choses, le Centre Desjardins pour entreprises se retrouve plus fragile face à l'absence éventuelle d’un employé, selon M. Rolland.

Les gens de la Côte-Nord vont continuer de vouloir rencontrer des directeurs de comptes en personne, affirme M. Rolland. Notre objectif n'est pas du tout de donner le service à partir du Saguenay. Le service va rester sur la Côte-Nord, mais advenant qu'on ait une journée ou une semaine où il manque quelqu'un, ça va nous permettre soit de faire déplacer quelqu'un ou de répondre à certains enjeux de roulement de personnel.

Les conclusions attendues

C’est vers la fin du mois de février que les dirigeants des caisses vont devoir se pencher sur la question, lorsque l'étude de faisabilité sera complétée.

Un vote sera alors tenu par les dirigeants des caisses des deux régions.

Luc Noël croit toutefois que cet enjeu est trop important pour qu’il ne soit soumis qu’aux assemblées des caisses. Il voudrait que les membres des caisses populaires Desjardins puissent eux-mêmes voter sur une fusion éventuelle.

Luc Noël est préfet de la MRC de la Minganie

Luc Noël est préfet de la MRC de la Minganie

Photo : Radio-Canada

Moi je pense qu’il va falloir qu’ils expliquent ça aux membres des caisses populaires Desjardins, ajoute M. Noël. On ne peut pas laisser cette décision dans les mains des directeurs et des présidents de caisses. Il faut absolument que les membres des coopératives se prononcent là-dessus. C’est un enjeu majeur pour nous autres, au niveau économique.

En attendant la sortie de l’étude, le préfet invite les directeurs des caisses à se prononcer contre le projet de fusion, dont plusieurs questions restent sans réponse selon lui.

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