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Masques au secondaire : place à la gestion de la distribution et du recyclage

Une élève portant son masque dans une classe de l'Institut secondaire Keranna, à Trois-Rivières.

Les masques chirurgicaux sont maintenant obligatoires en tout temps pour les élèves du secondaire au Québec.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Il y avait de l'effervescence dans l'air ce matin dans les écoles secondaires de la province. Les élèves retournaient sur les bancs d'école après un mois de congé et de cours à distance. Pour les directions d'école, cette rentrée est aussi assortie d'une gestion de distribution et de recyclage de masques chirurgicaux, qui seront désormais omniprésents.

Puisque les élèves devront les porter en tout temps, les écoles devront en distribuer deux par jour à tous les élèves et aux membres du personnel.

À l'Institut secondaire Keranna, à Trois-Rivières, les élèves qui avaient des cours en présentiel lundi ont reçu un masque le matin, un autre après le dîner, et une enveloppe contenant des masques propres qu'ils devront porter dans le transport scolaire les autres matins de la semaine.

Pour écouter l'entrevue de l'enseignante Bianca Fullum à l'émission En direct, cliquez ici.

En plus de la distribution, les directions doivent aussi trouver une façon de recycler ces masques. Puisqu'ils ne peuvent être placés dans le bac bleu, les établissements qui souhaitent recycler les masques bleus doivent faire affaire avec une compagnie spécialisée.

En décembre, Recyc-Québec a dressé une courte liste d'entreprises de recyclage d'équipement de protection individuel qui ont des activités au Québec. Parmi les quatre entreprises qui y figurent, trois sont établies au Québec, et une seule effectue toutes ses activités dans la province.

Plan rapproché d’une boîte de carton sur laquelle est inscrit le mot « RECYCLEZ »  en lettres majuscules vertes. Un masque obstrue partiellement la chute de la boîte.

Une boîte Zéro Déchet de TerraCycle destinée au recyclage des masques chirurgicaux.

Photo : Radio-Canada

À l'Institut secondaire Keranna, un millier de masques seront désormais utilisés tous les jours. C'est l'entreprise TerraCycle, établie aux États-Unis, qui a été choisie pour recycler les masques jetables utilisés depuis l'automne par le personnel. La directrice, Julie L'Heureux, précise toutefois que l'établissement évalue l'option de faire affaire avec une autre entreprise.

Le Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy indique pour sa part être sur le point de finaliser une entente avec une compagnie pour recycler les quelque 200 000 masques qui seront utilisés et jetés chaque semaine dans ses établissements.

Le recyclage des masques, une fausse bonne idée?

Est-ce que ça vaut la peine de recycler ces masques? De l'avis du président du Front commun québécois de gestion écologique des déchets, Karel Ménard, il s'agit d'une fausse bonne idée.

Il y a des enjeux de santé publique, on doit porter un masque pour éviter que des gens meurent. Les seuls masques autorisés actuellement, ce sont des masques jetables malheureusement. Et rien ne garantit actuellement que les masques jetables puissent être recyclés d'une façon satisfaisante pour l'environnement. Pour plusieurs compagnies, c'est très intéressant de voir cet afflux de nouveaux masques — on parle de centaines de millions de masques qui vont être jetés — donc ça peut être très, très payant. Et je sais qu'actuellement, il y a énormément de maraudage dans les écoles, dans les commissions scolaires, pour que, justement, on adopte des systèmes de récupération privés.

Une boîte de masques en avant-plan et une classe d'élèves portant un masque en arrière-plan.

Les masques chirurgicaux sont distribués aux élèves du secondaire par les établissements d'enseignement.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Selon lui, les compagnies qui offrent actuellement le service, dont TerraCycle, n'offrent pas une traçabilité adéquate, le service coûte très cher et puisque les masques sont incinérés, en plus d'être transportés sur de longues distances, les recycler n'est pas moins dommageable pour l'environnement que de les jeter.

Pour Karel Ménard, la solution pour limiter le nombre de masques qui se retrouvent au site d'enfouissement, c'est de trouver une façon de créer des masques réutilisables qui soient tout aussi sécuritaires que les masques jetables.

La directrice générale d'Environnement Mauricie, Lauréanne Daneau, est du même avis que Karel Ménard.

Je souhaite que les élèves qui se mobilisent depuis des années contre les changements climatiques ne vont pas se décourager, ajoute-t-elle. Elle espère d'ailleurs que les jeunes qui ont l'environnement à cœur pourront utiliser leur énergie et leur créativité pour limiter la pollution créée par d'autres objets à usage unique.

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