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La NBA rend hommage à Martin Luther King fils; Wayne Embry témoigne

La NBA célèbre ce lundi 18 janvier la Journée Martin Luther King

Wayne Embry salue la foule lors de célébrations d'avant-match à l'occasion de la Journée Martin Luther King l'an dernier.

Wayne Embry œuvre aujourd'hui à titre de conseiller principal auprès des Raptors de Toronto.

Photo : Associated Press / Brandon Dill

Le conseiller principal des Raptors de Toronto, Wayne Embry, a livré un vibrant témoignage, lundi, lors d'une table rondelle virtuelle organisée par la NBA pour souligner l'importance du legs de Martin Luther King fils.

L'homme de 83 ans, connu pour avoir été le premier Afro-Américain à camper les fonctions de directeur général et de président d'une équipe dans la NBA, a exhorté la population américaine à prendre exemple sur le sport et s'unir pour respecter la race humaine, dans la foulée des événements survenus au Capitole américain.

Dans le sport, nous avons des gens, des joueurs, des entraîneurs, du personnel administratif qui proviennent d'horizons différents et qui se rassemblent pour une cause commune : gagner, a souligné M. Embry.

Caron Butler, Wayne Embry, Terri Freeman et Mitch Landrieu figurent tous à l'écran dans le cadre d'une table ronde virtuelle.

(De gauche à droite et de haut en bas) Caron Butler (entraîneur adjoint, Heat de Miami), Wayne Embry (conseiller principal, Raptors de Toronto), Terri Freeman (présidente, Musée National des Droits Civiques) et Mitch Landrieu (ancien maire, La Nouvelles-Orléans).

Photo : Capture d'écran : Facebook/NBA

Embry, qui a aussi joué pendant 11 ans dans la NBA et remporté un championnat, a échangé pendant une quarantaine de minutes sur l'importance du message du célèbre pasteur américain avec la présidente du Musée national des Droits civiques, Terri Freeman, et l'ancien maire de La Nouvelle-Orléans, Mitch Landrieu.

Caron Butler, qui est entraîneur adjoint avec le Heat de Miami, était le modérateur de la conversation.

Je pense que le respect est le mot-clé. Parce que le manque de respect entraîne le chaos et la tourmente, ce qui engendre la haine. La haine provoque le racisme, l'antisémitisme, le sexisme et les conflits, et les conflits peuvent détruire des civilisations.

Une citation de :Wayne Embry

Un boycottage après l'assassinat de MLK

Martin Luther King a prononcé son célèbre discours « I have a dream » le 29 mars 1963, au mémorial de Lincoln, à Washington.

Martin Luther King fils a prononcé son célèbre discours « I have a dream » le 29 mars 1963, au mémorial de Lincoln, à Washington.

Photo : Associated Press / (Archives)

Afin de sensibiliser les gens à son histoire, M. Embry a été invité à partager son opinion sur son expérience personnelle avec le racisme. La légende du basketball est notamment revenue sur la journée du 5 avril 1968, qui a suivi l'assassinat de Martin Luther King fils à Memphis, au Tennessee.

J'étais stupéfait, furieux et j'avais toutes sortes d'émotions, ayant été témoin de cela et ayant écouté tout ce qui s'était dit aux nouvelles, s'est-il rappelé.

Ce jour-là, M. Embry et ses Celtics de Boston devaient affronter les 76ers de Philadelphie dans le cadre du premier match de la série finale de l'Association de l'Est. Ils considéraient le boycottage.

Ils nous ont demandé de jouer le match pour que les gens ne soient pas dans les rues […] alors nous avons joué et puis nous avons pris un congé sabbatique de trois jours pour honorer le Dr King jusqu'à ce qu'il soit enterré, détaille M. Embry, qui a finalement gagné le titre de la NBA avec Boston cette année-là.

Bien qu'elle soit différente, la situation n'est pas sans rappeler le mouvement de boycottage de matchs initié par les Bucks de Milwaukee l'été dernier, dans la bulle de la NBA à Orlando, en Floride. Plusieurs autres ligues professionnelles avaient emboîté le pas à la NBA pour réclamer la fin des violences policières et des injustices raciales.

J'ai reçu des menaces de mort

Le conseiller des Raptors s'est aussi livré sur les menaces de mort dont il a fait l'objet tout au long de sa carrière, rappelant qu'à son entrée dans la NBA, il était le seul joueur noir de son équipe.

En 1972, lorsqu'il a été nommé directeur général des Bucks, les menaces se sont intensifiées puisqu'il était devenu le premier Noir à occuper de telles fonctions dans la ligue. Tous les autres DG étaient blancs.

Un jour, un garde de sécurité m'a approché et donné une enveloppe qui contenait une lettre [de menaces]. Je lui ai dit qu'il pouvait la garder parce que j'en recevais une ou deux par mois comme celle-là. Mais cette fois, il m'a dit : ''Il y avait aussi ça sur votre siège'' et il a sorti une balle de fusil de la poche de sa chemise.

À partir de ce moment, j'ai été escorté à l'entrée et à la sortie des matchs. Notre maison faisait l'objet d'une surveillance 24 heures sur 24 et pour le reste de la saison, il y avait trois agents du FBI assis avec moi dans ma loge, a-t-il raconté.

Ma femme, qui était avec moi aux matchs, est devenue hystérique et elle voulait qu'on abandonne. Je me suis tourné vers elle et je lui ai répondu : ''Non, on n'abandonnera pas. Tu n'as pas été à Selma marcher avec le Dr King pour qu'on abandonne à ce point-ci. Nous allons persévérer''.

Il figure aujourd'hui au Temple de la renommée du basketball et, plus important encore, il compte parmi les figures emblématiques d'un sport qu'il a contribué à faire grandir. Il espère désormais que les États-Unis en suivront l'exemple.

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