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Avant l'assermentation de Biden, les antécédents des forces de sécurité vérifiés

Des soldats de la Garde nationale devant le bâtiment du Congrès, à Washington.

Avec l'afflux de soldats venant d'un peu partout au pays, le FBI veut éviter tout risque d'attaque « de l'intérieur ».

Photo : Reuters / Caitlin Ochs

Agence France-Presse

Le centre-ville de Washington avait des allures de camp retranché, lundi, à 48 heures de la cérémonie d'investiture prévue mercredi, sous haute surveillance, du président élu américain Joe Biden, qui a de nouveau appelé à l'unification d'un pays divisé. Au même moment, le Federal Bureau of Investigation (FBI) vérifie les antécédents des soldats chargés d'assurer la sécurité.

Des milliers de soldats de la Garde nationale, l'armée de réserve américaine, ont déjà été déployés, et ils seront jusqu'à 25 000, mercredi dans la capitale, pour protéger une large zone rouge allant de la colline du Capitole, où Joe Biden et Kamala Harris prêteront serment à la Maison-Blanche.

L'immense esplanade du National Mall, où des centaines de milliers d'Américains se pressent habituellement tous les quatre ans pour assister à la cérémonie, est elle aussi cadenassée.

Les rues étaient quasiment vides lundi matin, en ce jour férié à la mémoire de l'emblème des droits civiques Martin Luther King (MLK).

Le MLK Day est traditionnellement un jour de bénévolat pour les Américains.

Ce bénévolat est une façon adéquate de guérir, d'unifier et de reconstruire ce pays que nous aimons, a affirmé dans un message sur Twitter M. Biden, qui souhaite réconcilier des Américains profondément divisés après le mandat de Donald Trump.

Il a participé dans la matinée à la distribution de nourriture pour le compte d'un organisme caritatif à Philadelphie, en Pennsylvanie.

À Washington, des militaires en armes et des policiers stationnés devant des véhicules blindés remplacent les badauds et la circulation dans des rues bloquées par des blocs de béton.

Au moins deux civils armés ont été arrêtés ces derniers jours aux abords de la zone rouge.

La ville reste traumatisée par l'assaut meurtrier sur le Capitole, le 6 janvier, quand des centaines de partisans de Donald Trump ont envahi le siège du Congrès pour tenter d'invalider la victoire de l'ancien vice-président de Barack Obama.

Le président sortant, qui avait appelé ses supporteurs à marcher sur le Capitole, a été mis en accusation par la Chambre des représentants pour incitation à l'insurrection, et son procès pour destitution devant le Sénat pourrait s'ouvrir peu après l'investiture de son successeur.

Depuis le 6 janvier, près de 70 manifestants ont été inculpés pour avoir participé aux violences, et des centaines de personnes font l'objet d'une enquête. Parmi eux : des élus et des membres anciens ou actifs des forces de l'ordre.

Contrôle de sécurité... des forces de sécurité

Afin de s'assurer que les gardes nationaux ne présentent aucun risque pour la sécurité de la cérémonie d'investiture, le FBI a annoncé contrôler les antécédents des réservistes qui seront déployés mercredi.

Nous voulons nous assurer que nous avons les bonnes personnes au sein de la bulle qui protégera le président et la vice-présidente, a expliqué lundi à Fox News le général William Walker, chef de la Garde nationale de Washington.

Signe de la tension qui règne dans la capitale fédérale, une répétition de la cérémonie au Congrès a été interrompue lundi matin, et les participants ont été mis à l'abri en raison d'une menace extérieure, selon la police, qui s'est révélée une fausse alerte.

Cette cérémonie d'investiture sera exceptionnelle à plus d'un titre : n'y assistera qu'un parterre limité d'invités et pas de public, en raison de la pandémie de coronavirus. Un champ de plus de 190 000 drapeaux a été planté sur l'esplanade du National Mall pour représenter ce public absent.

Absent également, Donald Trump quittera tôt mercredi la Maison-Blanche pour sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride. Il deviendra ainsi le premier président à refuser d'assister à la prestation de serment de son successeur depuis Andrew Johnson, en 1869.

En attendant, le milliardaire républicain se prépare à gracier ou à commuer les peines de prison d'une centaine de personnes, selon plusieurs médias.

Ces derniers mois, Donald Trump a gracié des collaborateurs et des proches condamnés dans le cadre de l'enquête sur une possible collusion entre la Russie et son équipe de campagne en 2016. Tous avaient pour point commun leur absence de coopération avec la justice.

La liste, qui pourrait être rendue publique mardi, pourrait contenir les noms de Julian Assange, fondateur de WikiLeaks; celui du rappeur Lil Wayne, qui risque jusqu'à 10 ans de prison pour possession d'une arme à feu; ou encore celui d'un célèbre médecin condamné pour fraude.

Trump pourrait aussi gracier certains de ses partisans poursuivis pour l'assaut contre le Capitole.

Et s'il graciait ces personnes qui sont des terroristes du Capitole? s'est alarmée dimanche la cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi.

Cette perspective inquiète même au sein du camp républicain. Demander une grâce pour ces personnes serait une mauvaise chose, a affirmé dimanche sur Fox News le sénateur Lindsey Graham, un proche de M. Trump.

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