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Radio-Canada : les Acadiens veulent s'entendre et se voir

L'enseigne de l'édifice de Radio-Canada.

La station Radio-Canada Acadie, à Moncton

Photo : Radio-Canada

Fatiguée de voir Radio-Canada Montréal se comporter comme « une grosse station régionale », la Société nationale de l'Acadie (SNA) demande que le diffuseur public francophone représente mieux l'ensemble du pays.

La présidente de la SNA, Louise Imbeault, a commencé son témoignage en soutenant que les licences de CBC/Radio-Canada doivent être renouvelées, notamment en raison du rôle crucial que joue la station acadienne.

Il y a beaucoup de frustration, a-t-elle dit, rappelant que ses reproches sont nombreux et répétés à chaque audience du CRTC [Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes].

On se voit très peu à l'antenne nationale. Il faut que les informations qui nous concernent soient diffusées nationalement.

Une citation de :Louise Imbeault, présidente de la SNA

Elle a critiqué le processus de recrutement des journalistes et des recherchistes et des animateurs, qui a été centralisé, selon elle.

Le nombre de jeunes issus de nos milieux a beaucoup diminué; on ne s'entend plus beaucoup à Radio-Canada, a-t-elle déploré. On veut que nos accents soient entendus à l'antenne.

 Louise Imbeault, présidente de la Société Nationale de l'Acadie.

Louise Imbeault, présidente de la Société Nationale de l'Acadie (SNA).

Photo : Radio-Canada

Pour illustrer son propos, elle rappelle la soirée électorale de 2019, au cours de laquelle il a été principalement question de la bataille du Québec.

La tête du réseau a traité ça comme une élection entre le Québec et le fédéral, a-t-elle affirmé. On aurait pu meubler deux heures d'antenne par des commentaires et des analyses [de l'Atlantique, où les résultats sortent plus tôt], mais on a confié l'émission à l'animateur du TJ Montréal et on lui a donné une flopée d'analystes qui étaient tous du Québec et une personne de l'Ontario.

Or le problème n'est pas uniquement au service de l'information.

La SNA veut voir davantage de ses artistes, de ses comédiens et de ses musiciens dans toutes les émissions pancanadiennes; des émissions qui sont trop centrées sur Montréal, selon elle. Et ce manque de visibilité nuit au développement de la société acadienne.

Elle demande surtout une plus grande sensibilité, qui viendrait avec un suivi plus pointu de ce qui est diffusé.

On ne veut pas de quotas, mais de dire qu'on va mieux représenter, parce qu'on compte la provenance des reportages, les invités à l'antenne, les sujets abordés… Ce n'est pas de la magie noire ni de la physique quantique; c'est une volonté de dire : est-ce qu'on représente l'ensemble du pays?

Le pays ne se limite pas au Québec.

Une citation de :Louise Imbeault, présidente de la SNA

Mme Imbeault cite en exemple la grande messe du dimanche qu'est Tout le monde en parle. Selon elle, l'émission ne fait que très peu de place aux Acadiens.

Je mettrais au défi de me dire la représentation des francophones, de l'est ou de l'ouest du pays, invités ne serait-ce qu'une seule fois dans cette émission, dit-elle. Je gage qu'il y aurait plus de Français de France que de francophones des autres provinces.

Elle explique que ce n'est pas la première fois que son organisme déplore le manque de représentativité à l'échelle nationale.

CBC/Radio-Canada ne respecte pas son mandat de service public

L'Association canadienne des radiodiffuseurs (ARC) a aussi critiqué le diffuseur public en cette deuxième semaine d'audience.

Selon ce groupe, qui représente des stations de radio et de télé privées, CBC/Radio-Canada nuit actuellement aux diffuseurs privés.

On observe que CBC/Radio-Canada a de plus en plus un penchant commercial et se distingue moins [de ce que nous faisons], a affirmé le président de l'ARC, Kevin Desjardins. Ce penchant commercial perturbe le milieu privé.

Selon lui, CBC/Radio-Canada doit être complémentaire aux radiodiffuseurs privés, et non en concurrence avec eux.

Le diffuseur doit concentrer ses investissements dans les nouvelles locales et régionales de marchés sous-desservis et devrait, au fil du temps, laisser la place aux médias privés qui sont présents et qui desservent les besoins de la communauté.

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