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Des pompiers de Calgary dénoncent une culture du racisme très ancrée

La photo d'un homme avec ses dates de naissance et de mort, posée à côté de sa casquette de pompier.

Barry Dawson, un Autochtone qui travaillait pour les pompiers de Calgary, s'est suicidé en novembre 2017. Selon plusieurs témoins, ses longs cheveux, notamment, faisaient l'objet de remarques désagréables.

Photo : Facebook/Calgary Fire Honour Guard

Radio-Canada

Un groupe de pompiers de Calgary, à la retraite ou encore en exercice et issus des minorités, dénoncent des années de racisme ambiant et demandent à leur chef d’agir au plus vite.

Selon leurs témoignages, les traumatismes sont nombreux pour les Noirs, Autochtones et personnes de couleur qui ont travaillé, ou travaillent toujours, avec les soldats du feu de Calgary.

Voici quelques-uns des exemples qu'ils donnent : utilisation fréquente du mot en n, agression physique ou encore un animal en peluche peint en noir et pendu dans une station où travaille un pompier noir.

Par peur des représailles, certains ont décidé de témoigner de façon anonyme. D’autres, comme l’ancien capitaine Chris Coy, ont préféré le faire à visage découvert.

À la retraite depuis six mois, celui-ci est le premier homme noir à avoir rejoint les rangs des pompiers de Calgary. Il affirme que ce qu'il a vécu s’apparente à de la torture.

Malgré les insultes racistes quotidiennes, il dit cependant avoir décidé très rapidement de faire bonne figure et d'espérer que les choses soient plus faciles pour les autres pompiers noirs qui lui ont succédé.

Il ne ferme pas les yeux pour autant. Des gens se sont suicidés à cause de cette culture et j’essaie d’en parler depuis cinq ans, affirme-t-il.

M. Coy fait notamment référence au capitaine Barry Dawson, un Autochtone qui travaillait avec les pompiers et qui a mis fin à ses jours en novembre 2017.

Un pompier pendant une opération.

Chris Coy affirme que des collègues faisant partie du groupe des Noirs, Autochtones et des personnes de couleur, parlent des casernes de pompiers comme étant des lieux de danger immédiat pour la vie et la santé.

Photo : Chris Coy

Même s’il est difficile de faire un lien de cause à effet à cause des raisons complexes qui entourent les suicides, Doreen Spence, qui dirige un programme de mentorat à l’Université de Calgary et qui a travaillé avec Barry Dawson, estime que l’environnement de travail joue un certain rôle.

Barry m’a dit que le racisme systémique était insupportable et je pouvais vraiment sentir la tristesse dans sa douleur, raconte-t-elle au sujet d'une conversation ayant eu lieu la veille de la tragédie.

Plusieurs témoins affirment que les collègues et les supérieurs de M. Dawson avaient notamment tenté de l’obliger à se couper les cheveux, qu’ils portaient longs pour honorer sa culture.

Une lettre, non signée, et détaillant la crise qui se joue sur ce lieu de travail, a été envoyée au chef des pompiers, Steve Dongworth, l’été dernier par des membres du service d’incendie qui se décrivent comme racisés ou autrement racialisés.

Dans cette lettre, les membres demandent au chef, qu’ils accusent d’être l’un de ceux ayant rendu la vie difficile à de nombreuses recrues, de s’engager à faire appliquer neuf changements.

Ils lui demandent notamment la reconnaissance officielle de la gravité de la culture toxique qui sévit chez les pompiers, ainsi que la mise en place d’une enquête publique sur les suicides liés au travail et de formations antiracisme pour tout le personnel.

Tout harcèlement ou toute discrimination sont inacceptables et ne seront pas tolérés, a fait savoir pour sa part M. Dongworth dans une déclaration écrite, ayant refusé d'accorder une entrevue à CBC/Radio-Canada.

Avec les informations de Meghan Grant

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