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Enquête

Enfants séparés d'un parent à la frontière : l'ASFC s'engage à tenir des statistiques

Un groupe de demandeurs d'asile arrive, valises à la main, aux installations d'hébergement temporaire au poste frontière à Saint-Bernard-de-Lacolle, Québec, le mercredi 9 mai 2018.

Un reportage de Radio-Canada révélait en décembre qu'au moins 182 enfants ont été séparés d’un parent détenu au Centre de surveillance de l'immigration à Laval en 2019.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Un reportage sur un garçon de 4 ans et sa sœur de 2 ans qui ont été séparés de leur père à la frontière canadienne par l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a fait grand bruit avant Noël.

Le reportage de Radio-Canada soulignait aussi le fait que l'ASFC ne tient pas de statistiques sur le nombre d'enfants qu'elle sépare d'un parent détenu à des fins d'immigration.

Cette absence de données est sur le point d'être corrigée.

L'Agence va compiler des statistiques nationales sur les mineurs séparés d'au moins un parent, a confirmé une porte-parole de l'ASFC dans un courriel. La décision a été prise en réaction au reportage de Radio-Canada.

Un homme tient un garçon et une fillette par la main. Tous sont de dos et marchent vers la clôture d'un terrain de soccer.

Jean a raconté à Radio-Canada avoir été séparé de ses enfants par l’Agence des services frontaliers du Canada à son arrivée à la frontière en 2018.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Le reportage révélait qu'au moins 182 enfants ont été séparés d’un parent détenu au Centre de surveillance de l'immigration à Laval en 2019.

C'est l'organisme Action réfugiés Montréal qui a commencé à comptabiliser les cas quand il a constaté que l'Agence ne respectait pas toujours la Directive nationale sur la détention ou l'hébergement des mineurs. Cette directive, adoptée en 2017, interdit à l'ASFC de séparer les familles ou de les emprisonner, sauf dans des circonstances extrêmement limitées.

Selon Action réfugiés Montréal, il y a sûrement beaucoup plus de familles séparées, puisque son bilan ne tient compte que des familles qui ont fait appel à ses services et se limite à la région de Montréal.

Une femme en visioconférence regarde la caméra

Jenny Jeanes est la coordonnatrice du programme de détention d'Action réfugiés Montréal.

Photo : Radio-Canada

L'ASFC gère deux autres centres de détention de l'immigration, à Toronto et à Surrey, en Colombie-Britannique.

L'Agence prévoit commencer à recueillir les données à l'échelle du pays à compter de ce printemps et elles seront publiées sur son site web.

C'est une très bonne nouvelle, se réjouit Jenny Jeanes, d'Action réfugiés Montréal. 

D'avoir les chiffres, d'avoir plus de transparence, c'est fondamental. Le tout était caché.

Jenny Jeanes, porte-parole d’Action réfugiés Montréal

Si le gouvernement est en train de séparer des enfants de leurs parents, je pense qu'il a la responsabilité d'au moins suivre de près ses propres pratiques, affirme-t-elle.

Mais pour Mme Jeanes, ce n'est qu'un début. Ce qu'elle souhaite surtout, c'est le respect de la Directive nationale, qui met l'accent sur le bien-être de l'enfant et l'unité familiale.

Mais le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, qui est responsable de l'ASFC, est d'avis que l’Agence se conforme déjà à la Directive.

Il existe des cas où des personnes doivent être détenues pour des raisons légitimes, y compris, par exemple, pendant que leur identité est déterminée ou vérifiée, a écrit le bureau du ministre dans un courriel à Radio-Canada.

Dans le cas où un individu doit être détenu, il est souvent dans l'intérêt supérieur de l'enfant que celui-ci ne soit pas détenu et demeure avec un de ses parents plutôt que d'être placé en détention d'immigration avec ses deux parents, soutient le bureau du ministre Blair.

Il peut aussi arriver que l’enfant soit confié à la famille élargie, à des amis ou aux services de protection de la jeunesse.

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