•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ottawa continuera de défendre le projet Keystone XL

Le pipeline Keystone traverse un terrain montagneux avec des arbres.

Une portion du pipeline Keystone XL de TC Energy

Photo : Associated Press

Ottawa continuera de défendre le bien-fondé du projet Keystone XL, affirme le ministre canadien des Ressources naturelles, Seamus O'Regan, dans une première réaction aux informations voulant que le futur président Joe Biden ait l'intention de le mettre au rancart.

Selon nos informations, M. Biden compte annuler le décret présidentiel autorisant l'oléoduc à traverser la frontière dès le premier jour de son mandat, mercredi, comme il s'y était engagé en campagne électorale.

Le soutien de notre gouvernement au projet Keystone XL est de longue date et bien connu. Et nous continuons à le faire valoir auprès de nos collègues américains, indique le ministre O'Regan dans une déclaration officielle.

Le pétrole canadien est produit dans un cadre de politiques environnementales et climatiques rigoureuses, et ce projet permettra non seulement de renforcer les relations énergétiques vitales entre le Canada et les États-Unis, mais aussi de créer des milliers de bons emplois pour les travailleurs des deux côtés de la frontière.

Seamus O'Regan, ministre des Ressources naturelles du Canada

L’ambassadrice du Canada aux États-Unis, Kirsten Hillman, y était allée de propos quasi identiques dans une déclaration transmise plus tôt dans la journée à Radio-Canada.

Kirsten Hillman faisait valoir que le projet Keystone XL, qui doit permettre de transporter plus de pétrole des raffineries de Hardisty, en Alberta, vers des raffineries du Texas, a beaucoup évolué au fil des années.

Elle arguait notamment que les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’un baril de pétrole extrait de sables bitumineux ont diminué de 31 % depuis 2000, et que d’autres innovations à venir permettront de les réduire encore davantage.

Une carte du Canada et des États-Unis. Une ligne verte relie Hardisty, en Alberta, à Steele City au Nebraska. Une ligne noire relie quant à elle Hardisty à Houston et Port Arthur au Texas.

En vert, le tracé du pipeline Keystone XL, qui relierait l'Alberta au golfe du Mexique, et en gris, le tracé du pipeline existant.

Photo : Radio-Canada

L’ambassadrice soulignait aussi que le projet Keystone XL s'inscrit dans le plan climatique du gouvernement Trudeau – en rappelant au passage les objectifs de réduction de GES de ce dernier – et qu'il contribuerait à accroître la sécurité énergétique et la compétitivité des États-Unis.

Elle indiquait en outre qu’elle continuerait, de concert avec le gouvernement albertain, à faire des représentations auprès des élus américains et d’autres parties prenantes à ce projet afin qu’ils comprennent les faits sur la production d’énergie au Canada. Le ministre O'Regan a réitéré ce message.

Les travailleurs et travailleuses de l'Alberta et de tout le Canada auront toujours le soutien de notre gouvernement.

Seamus O'Regan, ministre des Ressources naturelles du Canada
Des travailleurs sont proches d'une canalisation située sous terre, dans une tranchée.

Cette photo fournie par TC Énergie, l'exploitant de l'oléoduc, montre des travailleurs installant une portion de l'oléoduc, le 13 avril 2020, au nord de Glasgow, au Montana.

Photo : La Presse canadienne / AP/TC Energy

Trudeau manque de leadership, déplorent le NPD et le Parti vert

S'adressant à la presse lundi matin, les chefs du Nouveau Parti démocratique (NPD) et du Parti vert, Jagmeet Singh et Annamie Paul, ont affirmé qu'ils approuvent la décision à venir de M. Biden et ont profité de l'occasion pour accuser Justin Trudeau de manquer de leadership en matière de lutte contre les changements climatiques.

Selon les deux leaders, le gouvernement Trudeau doit profiter de l'occasion pour investir davantage dans des emplois liés à une relance verte afin de combattre le réchauffement de la planète.

Justin Trudeau a échoué à ce sujet. Il n'a pas fait les investissements pour créer de bons emplois durables qui nous aident à combattre la crise climatique, a déclaré M. Singh.

Interrogé sur la possibilité que le gouvernement albertain déploie des moyens juridiques pour assurer la survie du projet, il s'est montré catégorique : Nous ne devrions investir ni ressources, ni efforts, ni temps, ni argent dans une telle démarche.

Mme Paul a pour sa part souligné que cette décision attendue de Joe Biden survient après qu'Ottawa eut annoncé trois nouveaux projets de forage exploratoire sur la côte de Terre-Neuve-et-Labrador. Elle a aussi noté que les Européens viennent de s'engager à réduire leurs émissions de GES de 55 % d'ici 2030.

Nous ne pouvons pas continuer de soutenir des pipelines ni des projets de forage exploratoire, ni refuser d'augmenter notre cible de réduction de GES, ni refuser de créer une cible pour l’année 2025 [...] et dire qu’on est sérieux.

Annamie Paul, cheffe du Parti vert

Dimanche, le chef du Parti conservateur, Erin O'Toole, a plutôt déploré que la décision du président Biden, si elle se confirme, dévastera des milliers de familles canadiennes qui sont déjà durement touchées par la crise économique.

Alors que les deux pays doivent se concentrer sur la création d’emplois et le renforcement des relations bilatérales, je presse le premier ministre de communiquer immédiatement avec la nouvelle administration américaine pour empêcher que cela se produise, et de défendre les travailleurs partout au Canada, a-t-il écrit sur Twitter.

Kenney envisage de saisir les tribunaux

Lundi, le premier ministre albertain, Jason Kenney, a fait savoir qu'il croit avoir « un recours légal solide » si Joe Biden abandonne bel et bien le projet d’oléoduc. Il a précisé que la province avait d’ailleurs déjà fait appel à une équipe d’avocats-conseils.

Selon M. Kenney, annuler le permis de construction au moment où les travaux de construction ont déjà commencé constituerait un dangereux précédent.

Si le gouvernement américain peut unilatéralement mettre fin à tout pipeline traversant la frontière, alors il peut le faire pour n’importe quel autre pipeline qui fournit les consommateurs américains en énergie canadienne.

Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta

Le premier ministre albertain enjoint entre-temps à M. Biden de discuter avec les gouvernements fédéral et provincial avant de prendre toute décision précipitée au sujet de l'oléoduc. Il a aussi invité Ottawa à entreprendre dès maintenant des démarches auprès de l’équipe de transition du président désigné.

Dimanche, M. Kenney avait dit être très préoccupé par la nouvelle : Cela entraînerait des pertes d’emploi des deux côtés de la frontière et affaiblirait les relations entre les États-Unis et le Canada, en plus de compromettre la sécurité des États-Unis en rendant le pays plus dépendant des importations de pétrole de l’OPEP.

Le premier ministre saskatchewanais, Scott Moe, a également jugé la nouvelle « très décevante » dans un message publié sur Twitter. Il a repris les mêmes arguments que M. Kenney en soutenant de plus que le projet a un soutien significatif de communautés autochtones.

Il a également repris à son compte une annonce faite dimanche par l’exploitant du pipeline, TC Energy, selon laquelle le projet KeyStone XL serait carboneutre lors de sa mise en service, en 2023, et fonctionnerait uniquement à l’aide d’énergie renouvelable en 2030.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !