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L'extrême droite n'a pas sa place chez les conservateurs, assure Erin O'Toole

Portrait d'Erin O'Toole qui parle en public.

Erin O'Toole est chef du Parti conservateur du Canada depuis août 2020.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

La Presse canadienne

Le chef du Parti conservateur canadien, Erin O'Toole, dit qu'il « n'y a pas de place pour l'extrême droite » au sein de son parti.

Erin O'Toole, qui a été élu chef du Parti conservateur en août, a publié dimanche une déclaration dans laquelle il énumère ses vues en faveur du libre-choix en matière d'avortement, des droits de la communauté LGBTQ et de la réconciliation avec les Premières Nations. Il souligne que son parti n'est pas une formation pour les extrémistes de droite et ceux qui font la promotion d'un discours haineux.

« Les conservateurs forment un parti conventionnel, modéré et pragmatique – aussi vieux que la Confédération – qui est résolument au centre de la politique canadienne », déclare M. O'Toole.

Mon but premier est de remettre l'économie du Canada sur la bonne voie le plus vite possible afin de créer des emplois et d'assurer un avenir solide à tous les Canadiens. Il n'y a pas de place pour l'extrême droite dans notre parti.

Erin O'Toole, chef du Parti conservateur canadien

Cette déclaration inattendue survient dans la foulée de l'émeute insurrectionnelle au Capitole américain qui démontre les dangers que fait courir l'extrême droite aux démocraties occidentales. Le président défait Donald Trump est accusé d'avoir incité les manifestants à prendre le bâtiment d'assaut.

Des partisans de Donald Trump prennent d'assaut le Capitole.

Le 6 janvier, les partisans du président Trump prennent d'assaut le Capitole après un rassemblement avec le président.

Photo : Getty Images / Samuel Corum

M. O'Toole veut notamment se distancier des allégations des libéraux qui lui reprochent de tolérer de présumés partisans de Donald Trump dans ses rangs.

Les libéraux ont notamment montré du doigt un site Internet conservateur qui accusait le gouvernement de vouloir truquer les prochaines élections. On y voyait aussi une photo de la députée Candice Bergen portant une casquette MAGA (Make America Great Again). Le site a été supprimé depuis ce temps.

La leader des conservateurs en Chambre, Candice Bergen.

Une photo de la députée Candice Bergen portant une casquette MAGA a été repérée sur Internet.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

M. O'Toole condamne l'émeute des partisans de Donald Trump, la qualifiant d'horrible. Il rappelle aussi que les conservateurs croient à des élections libres et justes, à un transfert pacifique du pouvoir, d'opportunités pour tous et un gouvernement responsable.

Il accuse les libéraux de vouloir eux-mêmes importer les politiques de peur, de division et de désinformation qui fleurissent aux États-Unis. Il fait notamment référence à la décision du premier ministre Justin Trudeau de proroger le Parlement l'été dernier, qu'il juge comme étant nuisible à la responsabilisation du gouvernement.

Si les libéraux veulent me dépeindre comme quelqu'un d'extrême droite, ils peuvent toujours essayer, déclare M. O'Toole. Les Canadiens sont intelligents et ils vont voir que c'est une tentative de tromper les gens et d'attirer une part de la peur et de la division que nous avons vue aux États-Unis.

Selon l'ancien stratège conservateur Tim Powers, les conseillers de M. O'Toole ont cru qu'il était nécessaire d'agir afin d'empêcher les libéraux de peindre leurs adversaires comme étant des suppôts de M. Trump.

Il juge aussi que le chef conservateur tente une fois de plus de se faire connaître des Canadiens et de redéfinir les conservateurs avant les prochaines élections fédérales.

Et si un député contredit son chef, celui-ci devra « le réduire à néant » et l'expulser afin de prouver ses convictions, ajoute M. Powers.

Un ancien directeur des politiques de Stephen Harper, Shuvaloy Majumdar, applaudit la déclaration de M. O'Toole. Il met toutefois les conservateurs en garde contre le fait que les libéraux tentent de se servir de l'émeute du 6 janvier.

Il ajoute que plusieurs éléments populistes ont quitté le parti pour adhérer au Parti populaire du Canada. Selon lui, M. O'Toole doit tenter de séduire une plus grande part de l'électorat tout en demeurant fidèle aux principes économiques du parti.

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