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Les ventes de jouets sexuels en hausse depuis le début de la pandémie

Des jouets sexuels, dont des vibrateurs, sont exposés dans le présentoir d'un magasin.

La boutique Sensations plus à Gatineau a connu une forte hausse d'achalandage. (Archives)

Photo : iStock

Radio-Canada

La pandémie de la COVID-19 aura coûté la peau de plusieurs commerces et entreprises partout au pays, mais la popularité des boutiques érotiques a au contraire explosé, selon des commerçants du milieu.

La boutique Sensations plus de Gatineau ignorait que le premier confinement annoncé en mars serait synonyme d’augmentation des ventes.

Au début, ça commençait tranquillement, mais quand la PCU est rentrée, on a senti qu’il y avait un dévouement pour les clients qui achetaient en ligne, raconte son propriétaire, Daniel Beaulé.

À un certain moment, il fallait préparer de 100 à 200 commandes par jour. Résultat, le commerce s’est transformé en entrepôt. [Avec] les ventes en ligne, vu qu'on ne pouvait pas accueillir de clients dans nos boutiques, on s’est ramassé avec un achalandage plus élevé en ligne, explique-t-il.

Dans les années 80, on était considéré comme un sex shop, mais aujourd’hui, nous, on se considère comme une boutique spécialisée pour adulte.

Daniel Beaulé, propriétaire des boutiques Sensations plus

M. Beaulé observe même que certains produits sont plus populaires depuis le début de la pandémie.

Le bâtiment à la façade rouge de la boutique Sensations plus.

La boutique Sensations plus de Gatineau est située sur le boulevard Greber.

Photo : Radio-Canada

Il y a beaucoup beaucoup de produits qui sortaient beaucoup moins avant, qu’on voit qu’ils sortent beaucoup plus parce que les gens sont seuls à la maison, soutient le propriétaire des quatre boutiques Sensations plus.

Selon M. Beaulé, ce succès n’est pas dû au hasard. L’entreprise gère un site en ligne qui lui permet de vendre ses produits depuis 2008. Dans les deux dernières années, on a explosé dans les ventes en ligne, lance-t-il.

Plus difficile pour les petits commerçants

Wanda Cotie est la propriétaire de Wicked Vanda, une boutique pour adultes située sur la rue Bank, à Ottawa.

Depuis 20 ans, elle vend des produits, des jouets sexuels et conseille sa clientèle. La pandémie lui a fait perdre 60 % de ses revenus. Essayer de faire compétition sur le net à nos distributeurs, c'est très difficile, fait-elle valoir en entrevue.

Des compagnies comme Pinkcherry, Amazon et Walmart peuvent se permettre de vendre leurs produits au rabais comme ils sont à la fois distributeurs et vendeurs, mais Mme Codie ne peut réduire autant sa marchandise.

Je ne peux pas créer un marché sur le web alors que j'ai des employés qui offrent un excellent service et un local à entretenir.

Wanda Codie, propriétaire de Wicked Wanda

Cette dernière soutient que les compagnies qui vont jusqu'à offrir des rabais substantiels sont prêtes à sacrifier la qualité de leurs produits, chose qu'elle n'est absolument pas prête à faire.

Wanda Codie en entrevue dans son salon. Derrière elle, un manteau de foyer en briques grises, une télévision, un buffet et des plantes.

Wanda Codie est propriétaire de Wicked Wanda depuis 20 ans.

Photo : Radio-Canada

Sa stratégie sera donc de se réinventer. On va se spécialiser, indique-t-elle en entrevue. Les consommateurs sont plus informés et recherchent des produits qui sont orientés vers la santé sexuelle, selon Mme Codie.

La propriétaire de Wicked Wanda confirme travailler en collaboration avec des professionnels de la santé pour offrir de nouveaux services, dont la réhabilitation du plancher pelvien.

Des jouets sexuels qui ont un effet éphémère

La pandémie bouleverse les habitudes de vie de plusieurs, selon la sexologue Martine Poirier. Magasins, restaurants et bars sont fermés, forçant la population à rester chez elle.

Les gens ne consomment plus à l’extérieur et la recherche du plaisir va se vivre autrement. Donc là, le plaisir on ne peut plus l’avoir dans les relations sociales, on va le rechercher un petit peu plus dans l’intimité, explique-t-elle.

La sexologue indique que le cerveau sécrète ainsi de la dopamine qui peut être ressentie à travers la sexualité. Les jouets sexuels sont une façon d’apporter de la créativité, du plaisir dans le couple, dit-elle.

Mme Poirier soutient observer davantage de détresse liée à l’isolement. La sexualité, ce n’est pas uniquement les rapports sexuels, ça passe aussi beaucoup par les contacts humains : les touchers, les câlins. Les gens souffrent beaucoup de ce manque de chaleur, soutient-elle.

Si certains croient trouver du réconfort en faisant l’acquisition de jouets sexuels, Mme Poirier estime que les besoins affectifs ne seront pas comblés. C’est un effet très éphémère à court terme et ça ne viendra jamais nourrir tout le plan affectif.

Avec les informations de Catherine Morasse et Jérémie Bergeron

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