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COVID-19 : retour sur les bancs d’école pour les élèves du secondaire

Trois autobus scolaires stationnés.

Des autobus scolaires.

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

La cloche a retenti vers 8 h lundi dans des centaines d'écoles secondaires du Québec pour la première fois depuis le 17 décembre. Durant cette période, la plupart ont toutefois eu droit à des cours à distance.

Le retour en classe se fera sous de nouvelles normes sanitaires. Tous les élèves du secondaire, de la formation professionnelle et de la formation générale des adultes devront désormais porter un masque de procédure plutôt qu’un couvre-visage.

Ces masques leur seront fournis gratuitement à raison de deux par jour.

Afin de réduire la concentration d’élèves dans les établissements, les jeunes du deuxième cycle du secondaire demeureront à la maison une journée sur deux et suivront leurs cours à distance selon le même horaire qu’à l’école.

Au cours des dernières semaines, les élèves ont reçu tout le matériel nécessaire pour l’école à la maison.

Chez soi ou à la bibliothèque

Québec a annoncé au début janvier que les enfants sans accès Internet à la maison pourront étudier dans les bibliothèques municipales, qui leur seront exceptionnellement accessibles.

Une adolescente lit un livre dans une bibliothèque.

La bibliothèque servira souvent de refuge aux jeunes sans connexion internet (archives).

Photo : iStock

Cette mesure est une bonne chose, commente Nancy Couture, directrice des services éducatifs du Centre de services scolaire (CSS) du Fleuve et des Lacs.

Elle souligne que plusieurs municipalités des MRC de Kamouraska, de Témiscouata, de Rivière-du-Loup et des Basques sont sans connexion. Sans cet accès aux bibliothèques, qui sont branchées au réseau régional de fibre optique, l’étude à la maison aurait été inéquitable pour de nombreux jeunes, estime Mme Couture.

Le CSS du Fleuve et des Lacs ajoute que l'équipe-école est tout à fait prête à accueillir les élèves et à voir au bon fonctionnement de l'école à distance.

Distance et motivation

Les enseignants durant la journée alterneront, selon les périodes de cours, entre formation à distance et formation en classe.

Comme on aeu une belle expérience dans les dernières journées [avant le congé des Fêtes], on n'anticipe pas vraiment de problèmes à ce niveau, assure la directrice des services éducatifs du CSS.

Élève de troisième secondaire à l'école secondaire de Dégelis, Chloé Veilleux-Dubé se montre d’ailleurs optimiste. Je vois ça quand même positivement; j'ai confiance au personnel, à la direction et aux professeurs.

Chloé Veilleux-Dubé devant l'écran de son ordinateur.

Chloé Veilleux-Dubé est impatiente de retourner en classe, même si ce sera une journée sur deux,

Photo : Radio-Canada

Elle admet par contre que sa motivation et sa concentration ne sont pas à leur maximum. Quand je suis à l'école, je suis vraiment concentrée à écouter le professeur ou la professeure, tandis qu'à la maison, ce n'est pas pareil, commente Chloé Veilleux-Dubé.

Retrouver ses amis... tout en respectant les consignes

Si les autorités scolaires se préoccupent de la réussite et de l’apprentissage, les jeunes sont d’abord impatients de retrouver leurs amis et de sortir de la maison.

À 14 ans, Chloé Veilleux-Dubé avoue qu’elle s’ennuie de ses amis. Je leur parle, oui, mais c'est en texto et, par appel, ce n'est vraiment pas pareil. Ce n'est pas comme à l'école.

Québec souhaite limiter les contacts à l’intérieur de l’école. Les activités parascolaires, les sorties et les activités interscolaires seront annulées. Le dîner doit se dérouler avec un groupe classe stable.

Léthyscia Caron, présidente du comité de parents au CSS des Phares, compte sur la résilience des jeunes pour surmonter les difficultés.

Des élèves se promènent dans les couloirs d'une école secondaire.

Toutes les activités parascolaires seront annulées ainsi que les sorties (archives).

Photo : Radio-Canada / Stéphany Laperrière

Elle note que les jeunes sont déjà adaptés à l’enseignement à distance, même si, dit-elle, ce n’est pas la solution idéale. Tout le monde fait des compromis et fait du mieux qu'il peut. Est-ce qu'il pourrait y avoir un peu plus de soutien pour certains jeunes? Probablement. Je pense qu'il faut se donner la chance de voir l'aide qui s'en vient.

Une perpétuelle adaptation

Cette question d’adaptation est au cœur de cette seconde rentrée, selon la présidente du Syndicat de l'enseignement de Grand-Portage, Natacha Blanchet.

C'est, observe-t-elle, comme une adaptation continuelle depuis le 13 mars, l'an passé. Ça fait presque un an qu'on nous demande de s'adapter, de se former, d'apprendre des nouvelles technologies.

L'essoufflement n’est pas loin, selon Mme Blanchet. Les nouvelles normes sanitaires comme la fermeture des salles de pause réduisent les contacts. Le travail en équipe et le soutien que peuvent s’apporter mutuellement les enseignants s’en trouvent pénalisés.

Une femme tape sur le clavier d'un ordinateur portable.

L'enseignement à distance exige une plus grande disponibilité de la part des enseignants, indique Natacha Blanchet (archives).

Photo : iStock

Avec le télétravail, la tâche des enseignants s’est aussi alourdie. Les enseignants répondent aux élèves presque à toute heure du jour, même en soirée. Il y a comme une étape de plus. Donc est-ce que les enseignants vont avoir le temps de souffler? C'est une crainte, ça c’est sûr, de la part des enseignants.

Malgré tout, la présidente du syndicat souligne que les enseignants sont tout de même heureux de retrouver leur classe.

À venir : le tutorat

Le soutien offert aux élèves en difficulté viendra peut-être alléger la tâche. Le ministère de l'Éducation compte en effet créer fin janvier une banque de tuteurs pour soutenir l’apprentissage des jeunes.

Québec a lancé un appel au personnel des CSS, aux retraités de l’éducation ainsi qu’aux étudiants collégiaux et universitaires. C'est un service qui sera gratuit pour les élèves. Les enseignants vont déterminer qui en aura besoin.

Ce service de tutorat n’est pas encore prêt.

Une femme aide un enfant à faire des devoirs.

Les CSS attendent les directives de Québec sur le nouveau service de tutotat (archives).

Photo : Getty Images / Imgorthand

À la veille de la rentrée, le CSS du Fleuve et des Lacs n'était pas en mesure de détailler le fonctionnement du service ni d’indiquer qui en sera responsable. Les CSS attendent des directives.

Est-ce qu’on aura les ressources pour le faire? s’interroge Natacha Blanchet. La rémunération de ces ressources demeure aussi une question nébuleuse, ajoute-t-elle.

D'autres mesures prévues

Québec a aussi annulé les épreuves ministérielles du primaire et du secondaire. La distribution des bulletins, prévue le 22 janvier, pourrait être repoussée jusqu’au 5 février au besoin.

Le ministère de l'Éducation prévoit également modifier la pondération des bulletins afin de diminuer l’importance du premier bulletin et de hausser celle du deuxième.

Jusqu’à maintenant, au Bas-Saint-Laurent, une seule école – celle de la Marée-Montagne du CSS Kamouraska-Rivière-du-Loup, à Saint-Roch-des-Aulnaies – rapporte un cas de COVID-19.

Un cas est aussi signalé à l’école primaire Antoine-Bernard du CSS René-Lévesque, à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie.

Au 14 janvier, Québec rapportait 1592 cas actifs de COVID-19 issus du milieu scolaire.

Avec les informations de Shanelle Guérin

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