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Fêter ses 100 ans durant la COVID-19

Une personne âgée reçoit une récompense

Martha Sala a reçu le prix Golden Hand Award de la province, pour le temps passé à faire du bénévolat dans sa communauté.

Photo : Martha Sala

Patricia Miotto

Le 2 février prochain, Martha Sala soufflera ses 100 bougies. Née en 1921 à Ashern, dans le nord du Manitoba, elle aurait normalement eu une grande fête avec ses enfants, ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants. Mais pandémie oblige, la centenaire refuse de se plaindre et célébrera plus tard.

On a dû mal à se projeter aussi loin dans une vie. C’est le cas de Martha Sala, qui ne réalise pas encore qu’elle va passer à trois chiffres dans peu de temps.

Qui aurait pensé à l'époque, que ce poupon né d’une famille de 11 enfants allait être le seul de tous à se rendre jusqu'en 2021. Et pourtant, 100 hivers plus tard, Martha Sala est toujours là, soit aux fourneaux en train de cuisiner des pâtisseries, soit au volant de sa voiture.

À 100 ans, elle en paraît facilement 20 de moins.

Physiquement, elle est peu ridée, souriante et coquette.

Mentalement, elle est restée farceuse et aime rire. Pourtant, la vie n’a pas toujours été facile.

Une grande famille

Veuve d’un mari décédé le 29 novembre 1968, elle a vécu dans sa ferme de Notre-Dame-de-Lourdes de 1940 à juillet 2020, là où elle a élevé seule ses enfants. Mais ces dernières années, vivre dans cette grande maison devenait plus complexe. J’ai dû quitter ma ferme l’été dernier, confie-t-elle, avec une once de nostalgie.

Deux jeunes mariés dans les années 1940

Le mariage de Martha Sala et son époux, décédé il y a 52 ans.

Photo : Martha Sala

S'occuper d’une ferme, ce n’est pas rien, déclare-t-elle. J’ai trait des vaches, je me suis occupée du jardin...mais le travail ne tue personne, au contraire, c’est la santé !

Une ferme située à Notre Dame de Lourdes, au Manitoba, vue aérienne.

La ferme est située à Notre-Dame-de-Lourdes, à 2 heures de Winnipeg, là où Martha a élevé ses enfants et a vécu jusqu'à l'été 2020.

Photo : Martha Sala

Seule depuis 52 ans, Martha est bien entourée, car de cette union sont nés 5 enfants, dont 3 garçons et 2 filles. Puis la famille s’est agrandie avec l’arrivée de 19 petits-enfants, suivis de 32 arrière-petits-enfants et 2 arrière-arrière-petits-enfants.

Une personne âgée pose avec sa fille, sa petite fille, son arrière petit-fils et son gendre.

Martha, à l'extrême gauche, pose avec sa fille, son gendre, sa petite fille et son arrière petit-fils.

Photo : Martha Sala

Le travail, c’est la santé

En général, la centenaire s’estime être en bonne santé, même si les douleurs de la vie se font sentir, à cause de l’arthrite entre autres.

Quand on lui demande comment elle garde la forme, elle répond Je vais très bien! Je bouge énormément, je lave mes planchers, je nettoie tout moi-même. Et je fais beaucoup de pâtisseries. Si je ne les mange pas, je les donne!, s'exclame-t-elle.

Martha n’a jamais manqué d’énergie. Parmi ses activités préférées : le tricot. Je viens de finir deux grands afghans aux crochets.

Une personne âgée tient un plateau de pâtisseries

Martha apporte souvent des pâtisseries concoctées par elle-même à son club.

Photo : Martha Sala

Elle raconte que la marche la maintient en forme également. Depuis l’été dernier, j’ai maigri de 12 livres déclare la centenaire. 

Pourtant, 2020 a été une année particulière pour Martha. Elle a vécu une grande première dans sa vie, avec l’arrivée de la COVID-19. La Manitobaine se souvient de la grippe espagnole et aussi de la polio qui touchait principalement les jeunes enfants à son époque, mais confie qu'elle n'avait jamais vécu une pandémie de même.

Non, ça ne me fait pas peur, car s’il faut l’avoir, il faut l’avoir! Notre heure est marquée, quand il faut partir, il faut partir.

Rester active

Cette habitante de Notre-Dame-de-Lourdes est devenue une personnalité locale. Il y a quelques années, elle a reçu le Golden Hand Award, de la province pour le bénévolat qu'elle a fait auprès de sa communauté. Elle travaillait à l’imprimerie d’un journal local.

La centenaire confie qu’elle adorait chanter autrefois, composer des chansons, jouer de la guitare et de l’accordéon.

Complètement indépendante, Martha Sala conduit encore. J’ai ma voiture, je l’utilise quand j’ai besoin de me rendre quelque part, mais en ce moment, on est limité avec la pandémie, explique-t-elle.

Aujourd'hui, lorsqu’on lui demande ce qui l'étonne, ce sont toutes ces technologies. Avant, on n’avait pas d'électricité, ce n’était pas comme maintenant. Par contre, toutes ces affaires électroniques, ça va un peu trop loin parfois! Les gens veulent tout savoir, sur tout ce qui se passe, alors que parfois, il vaut mieux s’en tenir loin! 

Une enfance difficile

Martha reste enthousiaste et souriante, même si la vie ne lui a pas fait de cadeaux. Orpheline à l'âge de 5 ans, elle a toujours été placée dans des familles d’accueil.

À l’époque, mon père ne pouvait pas s’occuper de nous lorsque ma mère est décédée, alors il a dû nous abandonner. Puis il est mort quelques années plus tard, confie-t-elle.

Le 2 février prochain, Martha n’aura pas droit à un grand rassemblement familial à cause de la pandémie, mais soufflera ses 100 bougies, probablement en écoutant sa chanson préférée, La dernière valse de Mireille Mathieu, et en rêvant à son plus grand souhait : celui d’aller en Alaska.

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