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Le producteur de musique Phil Spector est mort à l’âge de 81 ans

Un homme en cour.

Le producteur de musique purgeait une peine de prison depuis 2009 pour le meurtre de la comédienne Lana Clarkson.

Photo : Getty Images / Pool

Radio-Canada

Le producteur musical américain de légende Phil Spector est décédé samedi de causes naturelles à l'âge de 81 ans, a indiqué dimanche le Département pénitentiaire de Californie dans un communiqué.

Producteur révolutionnaire aux méthodes innovantes qui se trouve derrière des mégasuccès comme l'album Let It Be des Beatles, Phil Spector purgeait une peine de 19 ans de prison pour le meurtre de la comédienne Lana Clarkson.

L’excentrique personnage a transformé la musique rock avec sa méthode du mur de son, une technique de production qui donnait une profondeur impressionnante aux enregistrements monophoniques des années 1960.

La méthode consistait à superposer plusieurs sons pour densifier la production, notamment de riches harmonies vocales et de somptueux arrangements orchestraux, quitte à réenregistrer le même instrument plusieurs fois.

Le mur du son a été à l’origine de plusieurs succès pop comme Da Doo Ron Ron et He’s a Rebel, du quintette féminin The Crystals; Be My Baby, du groupe The Ronettes; ou encore River Deep, Mountain High, d'Ike et Tina Turner.

Plusieurs artistes ont à leur tour repris la technique, par exemple Brian Wilson, des Beach Boys, sur les albums Pet Sounds et Smile.

Un tempérament bouillant

D’un tempérament imprévisible, Spector a été reconnu coupable du meurtre de l’actrice Lana Clarkson, alors âgée de 40 ans; un crime perpétré en 2003 en bordure de Los Angeles, en Californie. Il a été condamné, en 2009, à 19 ans de prison.

Clarkson, vedette de Barbarian Queen et d’autres films de série B, a été retrouvée morte d’une balle dans la tête dans le manoir aux allures de château de Spector, situé dans les collines surplombant Alhambra, une banlieue de Los Angeles.

Photo d'identification judiciaire d'un homme.

Photographies d'identité judiciaire de Phil Spector, sans l'une des multiples perruques qu'il avait l'habitude de porter pour cacher les cicatrices d'un grave accident de voiture survenu en 1974

Photo : Getty Images / Handout

Le chauffeur de Spector, Adriano De Souza, avait affirmé à l’époque que son patron semblait intoxiqué par l’alcool et que Mme Clarkson était initialement réticente à aller chez lui, selon la BBC. Le producteur a toujours plaidé la thèse du suicide, mais De Souza a affirmé aux jurés qu’il l’avait entendu dire : Je crois que j’ai tué quelqu’un.

Dans ses accès de colère, Spector était reconnu pour sortir soudainement des armes devant les artistes et pour menacer les femmes. Il était impérieux, capricieux et dangereux, se souviennent amèrement Darlene Love, Ronnie Spector et d'autres qui ont travaillé avec lui.

Millionnaire à 25 ans

Bien que réservé et insécure, le jeune Spector a démontré très tôt de grandes habiletés musicales. Doté de l’oreille absolue, il a appris facilement à jouer plusieurs instruments. À 17 ans seulement, il a écrit et enregistré, avec son groupe The Teddy Bears, une ballade intitulée To Know Him is To Love Him, qui est devenue un classique de la musique pop.

Il est ensuite passé derrière les consoles et a connu, à partir du début des années 1960, une série de succès avec des artistes comme The Crystals, Darlene Love, The Righteous Brothers et The Ronettes, dont il a épousé la chanteuse, Ronnie Bennett (avec qui il a divorcé en 1973).

Les Beatles, Leonard Cohen, la folie et le déclin

En 1969, il a produit l’album Let It Be, le dernier opus des Beatles avant la dissolution du groupe, remplaçant George Martin – au grand dam de Paul McCartney, qui n’appréciait pas la surcharge orchestrale de Spector. Des années plus tard, le bassiste et chanteur a d’ailleurs supervisé une remastérisation de l’album, retirant les contributions du producteur.

Par la suite, Spector a participé aux deux premiers albums solos de John Lennon : Plastic Ono Band (1970) et Imagine (1971). Il a aussi produit l’album triple de George Harrison, All Things Must Pass (1970).

Au milieu des années 1970, l’étoile de Spector a commencé à pâlir, notamment en raison de son comportement de plus en plus lunatique. L’une de ses dernières productions notoires a été l’album Death of a Ladies’ Man, de Leonard Cohen, paru en 1977. Le chanteur canadien n’aurait d’ailleurs vraiment pas aimé l’expérience.

En 1980, il a produit l’album End of the Century, des pionniers du punk Ramones. Dans son autobiographie, le bassiste Dee Dee Ramone affirme que Spector l'aurait obligé à l'écouter jouer Baby, I Love You au piano pendant toute une nuit, après l'avoir menacé d'un revolver, selon le site spécialisé en critiques musicales Pitchfork.

Par la suite, le producteur n'a fait que de rares apparitions publiques, jusqu’à son procès ultramédiatisé qui l'a lancé à nouveau sous les projecteurs.

Dans un témoignage qu'il a fait devant la cour en 2005, Spector a affirmé qu’il était sous médication depuis huit ans pour traiter sa maniaco-dépression.

Insomnie, dépression, changements d’humeur, difficulté à vivre et à me concentrer; c’est dur. J’ai eu de la difficulté à traverser la vie. On a dit que j’étais un génie, et je crois que les génies ne sont pas toujours présents et qu’ils sont à la limite de la folie, avait-il indiqué.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et BBC

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