•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Deux femmes juges tuées par balle en Afghanistan

Un drapeau afghan.

La capitale de l'Afghanistan a été le théâtre de plusieurs attentats ciblés ces derniers mois.

Photo : Reuters / MOHAMMAD ISMAIL

Agence France-Presse

Deux femmes juges travaillant pour la Cour suprême afghane ont été tuées par balle à Kaboul dimanche matin, ont déclaré des responsables, alors que la capitale est ravagée par les attentats ciblés qui touchent depuis quelques mois des figures de la société civile.

Malheureusement, nous avons perdu deux femmes juges dans l'attaque d'aujourd'hui. Leur chauffeur est blessé, a déclaré Ahmad Fahim Qaweem, porte-parole de l'institution.

Le meurtre n'a pas été revendiqué pour l'instant, mais le président afghan Ashraf Ghani et le chargé d'affaires américain à Kaboul Ross Wilson ont accusé les talibans.

Les deux femmes se rendaient sur leur lieu de travail dans leur véhicule quand elles ont été attaquées par des hommes armés, a précisé M. Qaweem.

Plus de 200 femmes juges travaillent pour la Cour suprême, a-t-il ajouté.

La Cour suprême avait déjà été la cible d'une attaque en février 2017 lors d'un attentat suicide visant une foule d'employés qui a fait au moins 20 morts et 41 blessés.

M. Ghani a imputé l'attaque aux talibans, les accusant de mener une guerre illégitime.

Le gouvernement souhaite encore réitérer aux talibans que la violence, la terreur, la brutalité et les crimes [...] vont seulement prolonger la guerre.

Ashraf Ghani, président de l'Afghanistan
Plus d'une trentaine de personnes rassemblées sur les lieux, où des traînées de sang sont encore apparentes sur le sol.

Habitants, membres de la famille et journalistes sont réunis sur le lieu de l'assassinat des deux juges de la Cour suprême par des hommes armés.

Photo : afp via getty images / WAKIL KOHSAR

Un massacre systémique

Ross Wilson, le chargé d'affaires américain à Kaboul, à lui aussi condamné l'attaque. Les talibans doivent comprendre que ce type d'actions, dont ils sont responsables, scandalisent le monde et doivent cesser pour que la paix arrive en Afghanistan, a-t-il écrit sur Twitter.

L'ambassadrice britannique en Afghanistan Alison Blake a quant à elle critiqué sur le réseau social une attaque ciblée révoltante, appelant à une enquête immédiate.

La cheffe de la Commission indépendante des droits de la personne en Afghanistan, Shaharzad Akbar, a qualifié ces assassinats ciblés contre des civils de massacre systématique.

L'Afghanistan est en train de perdre un de ses atouts les plus importants, ses cadres professionnels et éduqués dans ce qui ressemble à un massacre systématique, et le monde semble se contenter d'observer. Cela doit cesser.

Shaharzad Akbar, cheffe de la Commission indépendante des droits humains en Afghanistan

Le pays a été le théâtre ces dernières semaines d'une série d'assassinats ciblés de personnalités, dont des membres des médias, hommes politiques et défenseurs des droits de la personne.

De nombreux journalistes et activistes, inquiets pour leur sécurité, ont fui le pays.

Les membres des forces de sécurité sont également souvent visés. Samedi, deux policiers ont été tués à Kaboul par l'explosion à leur passage d'une mine placée en bord de route.

Des membres des forces de sécurité afghanes montent la garde sur le site de l'attentat, où l'on aperçoit une voiture entièrement calcinée.

Une voiture piégée visant un législateur afghan a notamment tué neuf personnes et en a blessé plus d'une douzaine d'autres à Kaboul, le 20 décembre dernier.

Photo : afp via getty images / ZAKERIA HASHIMI

Les assassinats ciblés sont rarement revendiqués, mais les autorités afghanes les ont imputés aux talibans, même si l'organisation État islamique en a revendiqué certains.

L'armée américaine a également imputé aux talibans pour la première fois la semaine dernière la responsabilité d'attaques ciblées.

La campagne talibane d'attaques et de meurtres non revendiqués ciblant des responsables gouvernementaux, des leaders de la société civile et des journalistes doit [...] cesser pour que la paix puisse prévaloir.

Le colonel Sonny Leggett, porte-parole des forces américaines en Afghanistan

Les talibans nient toute implication

Le double assassinat de dimanche intervient deux jours après l'annonce par Washington d'une récente réduction des forces américaines en Afghanistan à 2500 hommes, chiffre le plus bas depuis les attentats du 11 septembre.

Les talibans se sont réjouis de cette annonce, qu'ils ont qualifiée dimanche d'avancée positive.

En février dernier, l'administration du président Donald Trump a signé un accord avec les talibans qui entérine un retrait complet des troupes américaines d'ici mai 2021 en échange de garanties sécuritaires.

Depuis, les insurgés attaquent les forces afghanes quasi quotidiennement dans les campagnes.

En 2020, ils ont perpétré plus de 18 000 attaques, a affirmé la semaine dernière le chef des renseignements afghans Ahmad Zia Siraj.

La violence n'a fait qu'augmenter à travers le pays ces derniers mois, malgré les négociations de paix en cours à Doha, au Qatar, entre le gouvernement afghan et les talibans.

Ces pourparlers, débutés en septembre, avancent très lentement, et les deux camps tentent à présent de s'entendre sur le calendrier des discussions.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !