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Les quarantaines obligatoires peu encadrées, selon une voyageuse

Un homme marche dans l'aéroport de Montréal.

Selon le Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des médecins d’urgence, seulement 1 ou 2 % des cas de COVID-19 proviennent de voyages.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Deux appels en deux semaines : une voyageuse assure que les mesures de la santé publique pour surveiller la quarantaine obligatoire ne sont pas suffisantes pour convaincre les Canadiens de respecter les mesures.

Après avoir rendu visite à son conjoint aux États-Unis, une Québécoise n’a reçu que deux appels des autorités canadiennes pour vérifier si elle respectait la quarantaine obligatoire pour toute personne qui arrive au Canada.

J'ai manqué le deuxième appel. Ils [l'Agence de la santé du Canada] devaient me rappeler dans les 24 heures. C'était samedi dernier. Ils ne m'ont pas rappelée.

Une citation de :Une voyageuse qui préfère garder l'anonymat

La voyageuse, qui s’est faite discrète sur les réseaux sociaux par crainte de représailles de la part de ses proches, soutient qu’elle aurait pu sortir plein de fois en deux semaines lors de sa quarantaine. Selon elle, si elle avait décidé de ne pas respecter les consignes – ce qu’elle n’a pas fait –, personne ne l’aurait su.

Depuis le début de la pandémie, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), qui s’assure du respect de la Loi sur la mise en quarantaine, a rapporté 126 contraventions, 8 infractions sommaires, 196 avertissements verbaux et 22 écrits.

Des voyageurs confus vis-à-vis des mesures sanitaires à respecter

Ce portrait est toutefois loin d’être complet puisque les forces de police locales ne sont pas tenues de fournir l’information à l’ASPC.

Pour la chef du département de santé publique et de médecine préventive du CHUM, la Dre Marie-France Raynault, le nombre minuscule de contraventions qui ont été données depuis le début de la pandémie laisse croire que les gens savent qu’ils ne subiront pas de conséquences.

Selon elle, s’il n’y a pas de visites à l'improviste pour accompagner les règles de quarantaine, c’est évident que c’est une incitation à la délinquance.

Resserrer les règles?

Dans les urgences, les voyageurs seraient toutefois peu nombreux. Selon le Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des médecins d’urgence, seulement 1 ou 2 % des cas de COVID-19 proviennent de voyages.

La Dre Raynault appelle à la prudence sur ces estimations. Selon elle, certaines personnes refuseraient de donner leur liste de contacts ou refuseraient tout simplement de répondre aux questions des enquêteurs de la santé publique, ce qui pourrait avoir une incidence sur les chiffres. La chef du département de santé publique rappelle que les voyageurs ont une influence sur l’introduction des variants, une autre de ses inquiétudes.

Est-ce suffisant pour resserrer les règles s'appliquant aux voyageurs?

C’est un peu trop tôt, croit la Dre Ève Dubé, anthropologue à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Selon elle, il faudra être très vigilant par rapport à ce qui s’est passé dans le temps des Fêtes pour s’adapter et se préparer à la semaine de relâche.

Selon un reportage de Jacaudrey Charbonneau

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