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Manifestation contre le couvre-feu à Montréal

Des personnes marchent dans les rues de Montréal.

Une centaine de personnes ont bravé la neige pour manifester contre le couvre-feu.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La Presse canadienne

Entourés de très nombreux policiers, une centaine d'opposants au couvre-feu en vigueur depuis une semaine ont bravé la neige pour dénoncer samedi après-midi la mesure de santé publique, qui a un « effet symbolique », mais qui dégrade réellement le « filet social » et qui crée « un climat de peur ».

La manifestation, qui s'est déroulée à Montréal, dans l'arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, était organisée par le collectif « Pas de solution policière à la crise sanitaire » afin de réclamer la fin des mesures liberticides.

Dès le début du rassemblement, les policiers ont demandé aux manifestants de porter le couvre-visage et de respecter la distanciation physique, comme l'avaient déjà fait les organisateurs dans un communiqué de presse.

Le gouvernement encourage la délation, la recherche de boucs émissaires et la culpabilisation individuelle, se dédouanant ainsi de toute responsabilité, ont écrit les militants dans leur communiqué.

Les manifestants, se réclamant de la gauche du spectre politique, ont précisé qu'ils se dissociaient fermement des autres manifestations contre le couvre-feu, qui mettent de l'avant des discours conspirationnistes ou des idéologies d'extrême droite. Les anti-masques et les anti-vaccins ne sont pas les bienvenus et ne seront pas tolérés, ont-ils précisé.

Une carte blanche au gros bon sens?

Un manifestant, Zy St-Pierre-Bourdelais, réclamait une amnistie pour les itinérants. C'est faux que ces gens ont suffisamment de places dans les refuges, a-t-il dit. Je trouve que c'est déraisonnable que les gens puissent avoir des contraventions et des sanctions parce qu'ils vivent dans la rue à cause d'un couvre-feu.

Kaella, une travailleuse de rue qui a refusé de donner son nom de famille, est également venue pour réclamer la fin des mesures contraignantes qui ne servent strictement à rien, comme de donner une contravention à une personne en situation d'itinérance.

Je trouve ça profondément décevant et frustrant, a-t-elle dit alors que les policiers retiraient de force une personne de la manifestation.

Les policiers ne doivent pas avoir une carte blanche de gros bon sens parce que souvent ils ne font pas preuve de gros bon sens, a-t-elle poursuivi.

Quelques minutes plus tôt, un homme assis dans le parc tout près qui ne faisait clairement pas partie de la manifestation et qui était en détresse ben raide a été également été retiré de la manifestation parce qu'il ne portait pas de couvre-visage, a raconté Chantal Poulin, un témoin visuel de l'événement.

Deux constats d'infraction de 1550 $ ont été remis pour non-port du couvre-visage, a confirmé l'agent Jean-Pierre Brabant, un porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), insistant sur le fait que ces personnes avaient été prévenues par haut-parleur.

Des manifestants avec une pancarte où on peut lire « Pro-science, pro-masque, pro-vaccin, anti-couvre-feu ».

Les manifestants ne se disent pas antimasques.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Au moins une dizaine de manifestants ont refusé de répondre aux questions de La Presse canadienne, l'un d'eux a expliqué que les gens n'ont pas une formation pour parler aux médias et que les médias déforment ce qu'on dit.

Après quelques discours, les manifestants ont entamé leur marche dans les rues enneigées de la métropole, forçant constamment les dizaines de policiers casqués – certains tenant même un bouclier et des fusils permettant de projeter des gaz lacrymogènes – à se réajuster, alors que les marcheurs zigzaguaient constamment dans les rues pendant plus d'une heure et jusqu'à la tombée du jour.

Ils se sont fait avoir, s'est amusé à crier un manifestant alors que les marcheurs ont tourné à la dernière minute vers une petite rue, des policiers poursuivant leur chemin à l'avant.

Les organisateurs avaient annoncé qu'ils n'entendaient pas coopérer avec la police de Montréal pour assurer la sécurité de l'événement, estimant qu'il s'agit d'une responsabilité collective.

Je suis solidaire avec vous autres, a lancé une femme depuis son balcon d'un immeuble à logements, alors que la foule scandait Financez la santé, pas les policiers.

Le couvre-feu est en vigueur de 20 h à 5 h jusqu'au 8 février. Il vise à empêcher les rassemblements.

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