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La distribution du journal The Epoch Times suscite un malaise en Atlantique

Une femme tient une copie du journal « The Epoch Times » devant une rangée de boîtes postales.

À Darmouth en Nouvelle-Écosse, Gloria Brazeau-Schiebel n'était pas enchantée de recevoir une copie non sollicitée du journal d'extrême droite « The Epoch Times ».

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Radio-Canada

La distribution d’un journal d’extrême droite faisant la promotion de théories du complot a fait sursauter plusieurs résidents de l’Atlantique qui ont exprimé leur déplaisir d'avoir trouvé un exemplaire non sollicité dans leur boîte aux lettres.

Une édition du journal The Epoch Times, a été distribuée à plusieurs endroits dans les provinces de l’Atlantique ces derniers jours.

Gloria Brazeau-Schiebel, à Dartmouth en Nouvelle-Écosse, est l’une de ces personnes. Elle se dit troublée par cet envoi non sollicité. J’ai demandé à ma voisine et tout le monde a reçu ça. Il y en a qui l'ont mis à la poubelle tout de suite, mais il y en a d’autres qui vont le lire, dit-elle.

Plusieurs Canadiens signalaient en avril dernier avoir reçu, sans l’avoir demandée, un exemplaire gratuit de huit pages du Epoch Times consacrée à la COVID-19. Postes Canada avait alors fait l’objet de plaintes à ce sujet.

Des résidents du Québec ont aussi reçu des exemplaires de l’édition en français du journal la semaine dernière. Des exemplaires viennent aussi d’être distribués à Terre-Neuve-et-Labrador.

Qu’est-ce que The Epoch Times?

Mis sur pied en 2000 aux États-Unis par des Sino-Américains affiliés au mouvement spirituel Falun Gong (ou Falun Dafa), le journal The Epoch Times est très critique du Parti communiste chinois, qu’il accuse notamment de persécuter les adhérents, en Chine, de ce qui est parfois décrit comme une secte religieuse.

Un individu non-identifié tient entre ses mains un exemplaire de l'édition d'avril 2020  du journal Epoch Times expédié dans une boîte postale de Kelowna, en Colombie-Britannique

Exemplaire de l'édition d'avril 2020 du journal « The Epoch Times » expédié dans une boîte postale de Kelowna, en Colombie-Britannique.

Photo : Photo fournie à CBC par Lisa Armstrong

Il est vrai que le régime chinois a lancé en 1999 une campagne de répression du Falun Gong, dont le fondateur, Li Hongzi, vit à New York.

Dans les années 2010, The Epoch Times a pris une tangente éditoriale résolument d’extrême droite. Le média fait une plus large place aux théories du complot, qui lui ont notamment valu de se voir interdire par Facebook d’acheter de la publicité sur la plateforme.

Les sources exactes de financement du journal ont été qualifiées de mystère par les auteurs d'une enquête du New York Times en novembre dernier.

C’est carrément un véhicule de désinformation, dit Jean-Hughes Roy, professeur à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Ça revêt les habits du journalisme professionnel, prévient-il. Quand on l’ouvre, ça a des dépêches de La Presse canadienne. Quand on le lit en détail, on se rend compte que l’Epoch Times relaie des théories du complot.

Refus de distribuer un journal : un précédent existe

Postes Canada a reçu des plaintes le printemps dernier pour avoir livré ce journal. Certaines provenaient de leurs propres employés; plusieurs sont mal à l’aise de livrer un tel matériel.

[L]e rôle de Postes Canada n'est pas de censurer le courrier ou de fixer les balises de la liberté d'expression au pays [...] Notre point de vue sur le contenu ne change en rien notre obligation de livraison, a écrit, dans un courriel à Radio-Canada, Nicole Lecompte, responsable des relations avec les médias de Postes Canada.

Or, un contenu postal peut être refusé par Postes Canada s’il est qualifié d’objet inadmissible (Nouvelle fenêtre). Ce peut être un article interdit, comme de la drogue ou une substance explosive, ou tout contenu qui enfreint le Code criminel.

Lorsque des exemplaires de l’Epoch Times sont apparus dans des boîtes aux lettres de l’Ontario et de l’ouest du pays au printemps 2020, une évaluation initiale n’a pas permis de conclure que le journal correspondait à ce que le Code criminel décrit comme du contenu haineux, selon ce que déclarait alors au réseau CBC une porte-parole du ministère fédéral des Services publics, Cecely Roy.

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) a demandé à la ministre des Services publics, Anita Anand, responsable de Postes Canada, de ne plus faire distribuer ce journal par les facteurs et factrices.

Plusieurs piles d'exemplaires de l'édition spéciale d'avril 2020 du journal Epoch Times. Photographie prise à dans des installations torontoises de Postes Canada.

Plusieurs piles d'exemplaires de l'édition spéciale d'avril 2020 du journal « The Epoch Times ». Photographie prise dans des installations torontoises de Postes Canada.

Photo : Photo fournie à CBC par un facteur non-identifié de Postes Canada

Pour Derek Richmond, vice-président du local Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes à Scarborough, en Ontario, en acceptant de distribuer un tel matériel, Postes Canada agit de manière irresponsable.

Le syndicat estimait au printemps dernier qu’il s’agit d’un matériel incendiaire et craint que ses membres soient pris pour cible s’ils le distribuent.

Si le gouvernement fédéral n’est pas intervenu dans le cas de l’Epoch Times, il l’avait pourtant fait en 2016 en ordonnant à Postes Canada de cesser la distribution dans la région de Toronto du journal Your Ward News, une publication antisémite créée par le fondateur d’un groupe néonazi enregistré comme parti politique. Le rédacteur et l’éditeur de ce journal ont été reconnus coupables d’avoir fomenté volontairement la haine contre des groupes identifiables.

Avec des renseignements de CBC et de Stéphanie Blanchet

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