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C.-B. : le traitement des plaintes à la Direction des normes d’emploi prend du retard

La famille Wilson.

Sharlene Wilson (troisième à partir de la gauche), a soumis une plainte à la Direction des normes d'emploi en 2019. Elle est décédée, laissant son mari et ses deux filles dans le deuil, avant que sa plainte ne soit traitée.

Photo : fourni par Richard Wilson

Radio-Canada

Le ministère du Travail affirme que la Direction des normes d’emploi (DNE) fait de son mieux pour rattraper le retard qui s’est accumulé dans ses dossiers. Des Britanno-Colombiens qui attendent depuis des mois pour obtenir un suivi de leur plainte commencent toutefois à perdre patience.

Sharlene Wilson, une résidente sexagénaire de Prince Rupert, a perdu son emploi, qu’elle avait depuis plus de 30 ans, en octobre 2019.

Un mois plus tard, l’avocat Paul Lagacé, du centre d’action pour les personnes sans emploi de Prince Rupert, l’a aidée à porter plainte à la DNE pour obtenir une meilleure indemnisation de départ.

Plus d'un an plus tard, Sharlene Wilson est décédée et Paul Lagacé, qui agit maintenant en son nom, est toujours sans nouvelles de la DNE.

Je suis tellement frustré et fatigué de me faire envoyer promener, dit-il.

Un service vital pour les droits des travailleurs

La Direction des normes d’emploi est responsable de faire appliquer la Loi sur les normes d’emploi de la Colombie-Britannique. Elle traite par exemple des plaintes concernant les indemnités, les conditions de travail, les salaires dus ou les mises à pied.

Selon Paul Lagacé, les plaignants sont souvent des employés qui travaillent au salaire minimum et qui n’ont pas d’autres recours. Les délais de traitement des dossiers, selon lui, sont devenus inacceptables.

C’est également ce que pense David Madiros, un avocat du cabinet Kent Employment Law. Il dit que certains de ses clients ont attendu 10 mois avant que la DNE ne touche à leur dossier.

C’est une source de stress sévère pour les gens. Plusieurs personnes qui travaillent dans l’industrie du service n’ont pas beaucoup de réserves pour tenir le coup, dit-il.

Les demandes ont presque doublé

Le ministre du Travail, Harry Bains, admet que la DNE a pris du retard. Bien que son gouvernement soit au pouvoir depuis maintenant trois ans, il assigne partiellement le blâme à l’administration libérale qui l’a précédé.

En 2017, notre gouvernement a hérité d’un système qui échouait à aider les travailleurs, dit-il dans un courriel.

Le ministère explique par ailleurs que la pandémie, l’admissibilité des travailleurs étrangers temporaires au service et l'élimination de certaines étapes préalables avant de pouvoir déposer une plainte ont également contribué à allonger les délais de traitement des dossiers.

En 2020, la DNE a ainsi reçu 7700 plaintes. Elle en avait reçu seulement 4260 en 2016.

Le mari de Sharlene Wilson, Henry Richard Wilson, dit que les délais de la DNE ont été une source de stress importante pour sa femme, qui est morte de complications cardiaques en juin.

Il espère que la situation sera bientôt résolue, car les indemnités attendues soulageraient ses deux filles et lui.

Harry Bains dit qu’en 2019, le gouvernement a investi 14 millions de dollars supplémentaires sur trois ans dans la DNE, ce qui permettra entre autres d’engager 35 employés de plus.

Avec les informations de Maryse Zeidler

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