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La COVID-19 aura-t-elle raison de la semaine de relâche?

Des casiers d'une école primaire.

La semaine de relâche fait déjà l'objet de nombreuses discussions sur les réseaux sociaux (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’an dernier, bon nombre de Québécois avaient profité de la semaine de relâche pour voyager à l’étranger ce qui avait été un facteur de propagation de la COVID-19. Cette année, la pertinence d'une semaine de congé dans un contexte de pandémie est remise en question.

Certains craignent que le scénario du printemps se répète puisque le congé scolaire ouvre traditionnellement la porte aux voyages, souvent dans le sud vers la plage et le soleil.

Le directeur régional de la santé publique de la Gaspésie, le Dr Yv Bonnier-Viger, croit que le problème n’est pas tant la semaine de relâche que cette possibilité de sortir du pays. Ce sont, dit le médecin, les gens qui en profiteraient pour voyager qui amèneraient des souches que l'on ne connaît pas du virus dans notre pays.

Yv Bonnier-Viger lors d'un entretien sur Skype.

Le directeur de la Santé publique pour la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, Yv Bonnier-Viger.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran Skype

À la suite des voyages effectués par de nombreuses personnes durant la période des fêtes, malgré les recommandations de la santé publique, certaines mesures pour encadrer les voyages ont été mises en place.

Les voyageurs doivent depuis le 3 janvier présenter un test négatif à leur retour au pays. Ils doivent de plus respecter une quarantaine stricte de 14 jours par la suite.

Les messages des autorités politiques et sanitaires sont aussi sans équivoque : il est fortement déconseillé de voyager à l'heure actuelle.

Contamination communautaire

Le maintien de la semaine de relâche pourrait favoriser les contacts et les échanges entre les familles. Est-il plus sécuritaire pour les élèves d’être à l’école? Le Dr Yv Bonnier-Viger estime qu’il est trop tôt pour statuer sur la question.

Il relève que le portrait épidémiologique des prochaines semaines reste difficile à prévoir puisque les impacts du confinement et du vaccin sur la contamination communautaire ne sont pas encore connus.

Sur les réseaux sociaux, des citoyens évoquent la possibilité d'annuler la semaine de relâche pour permettre aux élèves de rattraper les journées de classe perdues en raison de la pandémie.

Les mains d'une enseignante qui appuie sur le bouchon d'une bouteille de désinfectant posé sur un pupitre dans une salle de classe.

La pandémie a obligé les écoles à introduire plusieurs nouvelles règles afin de prévenir la contamination ce qui alourdit la tâche des enseignants (archives).

Photo : Getty Images / izusek

Politologue spécialisé en éducation à l'Université du Québec à Rimouski, Jean Bernatchez rappelle que prolonger la durée de l'enseignement dans une année scolaire ne garantit pas la qualité de l'enseignement. Les études démontrent que la semaine de relâche n'a pas d'effet positif ni d'effet négatif sur le plan de la réussite scolaire.

Pour lui, conserver cette semaine de congé au calendrier scolaire peut être vu comme un moment de récupération pour le milieu de l’éducation.

En ce moment, autant les professeurs que les étudiants ont besoin d'un répit, un encouragement, pour les encourager à persévérer, estime-t-il. Je ne crois pas que c'est une bonne idée de revoir toutes les règles.

Il y a, ajoute-t-il, déjà assez d'insécurité dans le système pour en ajouter une couche de plus.

M. Bertachez propose plutôt de donner des défis aux étudiants, comme lire un livre, pour éviter une relâche complète.

Effet sur la santé mentale

La présidente du comité de parents du centre de services scolaire des Phares, Léthyscia Caron, croit aussi que la semaine de relâche doit être maintenue afin de conserver un certain équilibre dans la vie des jeunes.

Mère de quatre enfants, Mme Caron croit que cette semaine est importante pour la santé mentale des jeunes.

Il faut avoir un jeune en état de recevoir de l’information et des professionnels en état de les fournir, commente la présidente du comité de parents.

Léthyscia Caron lors d'une entrevue menée sur la plateforme Messenger.

La présidente du comité de parents du centre de services scolaire des Phares, Léthyscia Caron

Photo : Radio-Canada

Comme le directeur de la santé publique, Mme Caron estime qu’il est aussi très tôt pour se prononcer sur l’état de la situation au début mars.

Les centres de services scolaires de la région attendent pour leur part les orientations officielles du ministère de l'Éducation.

Toutefois, au Centre de services scolaire du Fleuve et des Lacs, le directeur général, Bernard D'Amours, observe qu’il s’agit d’un débat qui n’a pas cours actuellement au sein des écoles.

M. D’Amours indique que les équipes se concentrent plutôt sur l’accueil en classe des élèves du secondaire et sur le retour tout récent des élèves du primaire.

Avec les informations de Shanelle Guérin

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