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Relancer l’économie de petits villages par le ski de montagne

Maxime Bolduc équipé en ski au sommet des nouvelles pistes à Petit-Saguenay, avec vue sur le fjord.

Le directeur ski à la Fédération québécoise de la montagne et de l'escalade, Maxime Bolduc, a conçu un nouveau site de ski hors piste dans le village de Petit-Saguenay.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Dans le village de Petit-Saguenay, les montagnes forment un décor pittoresque. La municipalité de 634 habitants, nichée entre les régions de Charlevoix et du Saguenay–Lac-Saint-Jean, rêve de relance économique depuis longtemps. L’engouement inédit pour le ski hors piste ou ski de montagne pourrait bien être sa planche de salut.

Le ski hors piste à flanc de montagne s’apparente au ski alpin, avec la différence majeure qu’il n’y a pas de remontée mécanique. Les skieurs doivent monter par eux-mêmes; en échange, ils peuvent dévaler les pentes dans des forêts presque vierges.

Les bottes semi-flexibles, à mi-chemin entre les bottes rigides de ski alpin et les bottes de ski de fond, permettent à la fois de monter et de descendre, tout comme les fixations hybrides. Des peaux synthétiques amovibles qu’on fixe sous les skis servent d'antidérapant pour permettre aux skieurs de grimper plus aisément jusqu’aux sommets.

Le copropriétaire de la boutique Hors-Circuit ajuste une botte sur des skis dans l'atelier de location.

Louis Tremblay-Poirat loue de plus en plus d'équipements de ski hors piste dans sa boutique de Chicoutimi.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

L’appel de la nature et de l’aventure résonne de plus en plus fort chez les Québécois depuis cinq ans. Bon an mal an, le nombre d’adeptes de ski hors piste bondit de 25 %.

« Cette année, c'est une explosion! On est présentement en augmentation de 177 % en raison de la COVID. C'est triste à dire, mais c'est un bon côté de la COVID : les gens se réapproprient l'extérieur, ils veulent aller jouer dehors. »

— Une citation de  Maxime Bolduc, directeur ski de montagne, Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade (FQME)
L'affiche indiquant le sommet avec vue sur les montagnes du fjord du Saguenay.

Il sera bientôt possible de faire du ski de montagne sur le sommet du Petit Cran, à Petit-Saguenay.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

La journaliste Catherine Paradis présente un reportage sonorisé sur le sujet à l'émission Désautels le dimanche, dès 10 h, à la radio de Radio-Canada.

À la conquête de l’arrière-pays

En 2014, L’Anse-Saint-Jean, le village voisin de Petit-Saguenay, avait flairé la bonne affaire en développant un secteur de ski de haute route sur les montagnes vierges derrière le centre de ski alpin Mont-Édouard.

Antoine Provost pointe le doigt vers un secteur de haute route.

Le mont Édouard offre la possibilité de skier sur huit sommets dans l'arrière-pays du Bas-Saguenay.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

On a quadruplé chaque année notre vente de billets entre la première année de nos opérations de haute route et l'année passée. On attirait beaucoup une clientèle régionale avec le centre de ski alpin, mais avec la haute route, on s'est fait connaître à l'échelle du Québec. On a le plus grand territoire de ski de montagne organisé du Québec avec huit sommets à skier, des refuges et des patrouilleurs, explique le directeur du secteur haute route du mont Édouard, Antoine Provost.

Deux membres du comité et le directeur ski de la fédération à l'entrée du sentier d'ascension des Sommets du fjord.

La Fédération québécoise de la montagne et de l'escalade s'est alliée à un comité local pour développer le nouveau secteur de ski de montagne à Petit-Saguenay.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Petit-Saguenay n’a pas de centre de ski organisé, mais le village se lance à son tour dans l’aventure du ski de montagne. Deux nouvelles pistes ont été aménagées pour accueillir des skieurs en autonomie complète en groupe de deux ou trois personnes.

« En faisant les sentiers, on a trouvé un crâne d’orignal. On l’a fixé à un arbre et c’est devenu comme notre mascotte. »

— Une citation de  Jimmy Théberge, membre du comité local de Petit-Saguenay

Même si on est en pleine nature, les skieurs peuvent compter sur un service d’évacuation en cas d’accident.

Un baril et une luge de sauvetage sont accrochés à un arbre.

De l'équipement de sécurité a été installé au sommet en cas d'urgence.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Vent de relance économique

Le terrain de jeu s’étend sur des kilomètres, avec un dénivelé de 215 mètres. Ce n’est donc pas la place qui manque, et la distanciation physique est facile à respecter.

« On veut mettre Petit-Saguenay sur la "map" avec le ski. »

— Une citation de  Kathleen Bergeron, résidente de Petit-Saguenay

Petit-Saguenay est quand même un village assez en déclin; la population est en décroissance. On a besoin de nouveaux gens ici, plaide Kathleen Bergeron, membre du comité local de bénévoles qui a contribué à déboiser le sentier d’ascension de ski de montagne.

Les deux adeptes dans la piste balisée.

Jimmy Théberge et Kathleen Bergeron font partie du comité local qui a contribué au développement des deux pistes de ski de montagne.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Au village, entre deux signatures de convention collective, le maire, Philôme Lafrance, pense à tout le potentiel de développement qui s’offre dans la montagne.

On pense que le Bas-Saguenay, avec L'Anse-Saint-Jean à côté qui est déjà un gros moteur au niveau du ski et Rivière-Éternité, on pourrait travailler à trois pour devenir une destination majeure de ski de haute route, de ski hors piste au Québec, avec la Gaspésie, qui est déjà en bonne position. C'est un peu notre ambition, affirme le maire Lafrance.

« Je pense aux jeunes de Petit-Saguenay qui vont avoir ça dans leur cour arrière. C’est vraiment quelque chose d’extraordinaire. »

— Une citation de  Philôme Lafrance, maire de Petit-Saguenay

À la Fédération québécoise de montagne et d’escalade, Maxime Bolduc pense que Petit-Saguenay est loin de rêver en couleur.

Le meilleur exemple, c'est Murdochville [en Gaspésie]. La mine a fermé et ça n’a été qu'un déclin jusqu'à ce que des skieurs voient le potentiel. Ils ont commencé à développer le ski hors piste dans la municipalité. Puis là, c'est rendu qu'acheter une maison à Murdochville, ce n'est plus le même prix. Donc, on voit concrètement qu'au Québec ça peut fonctionner.

Cet exemple de la Gaspésie arrive comme une bouffée d’air frais dans les montagnes de Petit-Saguenay, qui rêve de plus en plus d'une véritable relance économique.

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