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La C.-B. savait que les alertes à la naissance étaient « illégales » avant de les abolir

Une femme sur un lit d'hôpital se cache le visage avec ses mains. Une personne se trouve à ses côté et tente de la consoler.

Une mère d'une vidéo virale publiée sur Facebook a mentionné que sur le moment elle ne réalisait pas les effets que voir son enfant lui être retiré peu après sa naissance aurait sur elle et sa fille.

Photo : Facebook

Anaïs Elboujdaïni

Les alertes à la naissance, qui permettaient aux services sociaux de signaler les cas où des nouveau-nés auraient pu être en danger afin de les retirer à leur mère, ont été abolies en septembre 2019 en Colombie-Britannique. La pratique avait pourtant été jugée illégale des mois plus tôt, selon une enquête d'Indiginews.

Dans des documents obtenus en vertu d’une demande d’accès à l’information sur les alertes à la naissance, des fonctionnaires soutiennent que les alertes à la naissance comportent un risque de poursuite plusieurs mois avant que cette pratique soit interdite dans la province.

Les données de 2018 montrent qu'environ 38,8 % des signalements se sont soldé en appréhension du nouveau-né, selon une note dans le document consulté par Radio-Canada.

Des cas rapportés par ces alertes, 57,6 % étaient des nouveau-nés de mères autochtones contre 42,4 % pour les mères non autochtones.

Lorsque l’ancienne ministre du ministère de l’Enfance et de la Famille Katrine Conroy a annoncé la fin des alertes à la naissance, elle a avancé que la décision avait été prise en raison d’une recommandation de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Nous avons aussi entendu l’appel à mettre fin à cette pratique [de la part] d’organisations et de communautés autochtones, explique Mme Conroy dans le communiqué publié.

Or, ces raisons ne sont pas les seules qui ont poussé à l’abolition de la pratique, comme l’indique une référence à une note de breffage datant du 6 mai 2019 contenue dans les documents de la demande d’accès à l’information.

L’utilisation d'alertes et toutes autres activités qui dévoilent l’information de futurs parents sans leur consentement sont illégales et anticonstitutionnelles, est-il écrit dans ces documents.

Des conséquences à long terme

Kassandra Woods, directrice des politiques de santé à l'Association des centres d'amitié autochtones de la Colombie-Britannique, estime que cette pratique des alertes à la naissance a eu et continue d’avoir de multiples conséquences sur les familles qui en ont été victimes.

Elle a également fait la promotion des stéréotypes selon lesquels les familles autochtones ont besoin d'une surveillance intensive parce qu’elles ne peuvent pas prendre soin de leurs propres enfants en toute sécurité. Elle pouvait aussi dissuader les femmes de faire appel aux soins prénataux, précise-t-elle.

Des documents envoyés par erreur

Alors qu'elles avaient déjà les documents obtenus grâce à leur demande d'accès à l'information en main, un avocat du ministère des Enfants et du Développement de la famille a demandé aux journalistes Anna McKenzie et Bailey Maralj de ne pas utiliser certains d'entre eux. Dans le lot, des documents indiquaient que la recommandation d'abolir la pratique des alertes de naissance avait été faite pour des raisons constitutionnelles.

Le ministère vous a envoyé par erreur certains documents qui auraient dû être caviardés, indique dans une lettre John Tuck, avocat du ministère des Enfants et du Développement de la famille.

Nous demandons que vous retourniez toutes la documentation que nous vous avons envoyée et que vous n’utilisiez pas ou que vous ne publiiez pas l’information qui s’y trouve.

L’avocat poursuit en disant que de nouveaux documents caviardés comme il se doit seront envoyés.

Nous savions que ce que nous tenions entre nos mains contenait de l’information très importante , relate la journaliste chez IndigiNews, Anna McKenzie.

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