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Envoyée spéciale

Atlanta sur le pied de guerre

La capitale de la Georgie se prépare en vue des manifestations organisées contre l'investiture de Joe Biden.

Un soldat cagoulé se tenant devant l'édifice.

Des hommes armés jusqu’au dents étaient déjà en place vendredi matin pour sécuriser le Capitole de la Georgie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Comment engager la conversation avec un policier lourdement armé qui fait le guet devant le Capitole d’un État américain? Lui demander quel type d’arme il porte en bandoulière. Le policier, contre toute attente, répond fièrement, comme s’il s’agissait d’une évidence : « Oh, ça, c’est une AR-15! ».

De jeunes hommes, membres de la police d’État et munis, comme le premier, de cette arme semi-automatique qui peut tirer plusieurs coups à intervalles très rapprochés, il y en a trois autour de l’entrée principale du Capitole de la Georgie, un bâtiment spectaculaire de style néo-classique coiffé d’un dôme en or, symbole de la ruée vers l'or en Georgie en 1828.

Êtes-vous nerveux pour demain? Pensez-vous que ça va brasser? Je pose la question à un autre policier. Très calme et souriant, il lève les paupières sous le casque. Non. Mais nous sommes prêts à tout. C’est ce qu’il y a de mieux à faire, non?

Deux soldats font le guet, tout près de deux énormes projecteurs.

Les forces de l'ordre se sont installées sur le toit du palais de justice d'Atlanta, juste en face du Capitole.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Tout l’édifice est encerclé de clôtures de fer. Sur le toit du palais de justice, en face, on aperçoit des soldats avec de grosses jumelles qui font du repérage. Des hélicoptères vrombissent dans le ciel. La scène est étrange : il n’y a, sur place, qu’une dizaine de sans-abris qui dorment tranquillement sur le porche de l’église en face du Capitole. Le mouvement Black Lives Matter d’Atlanta se propose d’ailleurs d’aider les sans-abris qui dorment au centre-ville – il y a beaucoup d’itinérance à Atlanta – à se réinstaller ailleurs d’ici le 20 janvier.

Un homme dort sous une tente improvisée.

Plusieurs sans-abris dorment devant le Capitole de la Georgie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Si les forces de l’ordre se préparent à subir un assaut, c’est que, dans la foulée des événements du 6 janvier dernier à Washington, le FBI a lancé l’alerte, car il anticipe des manifestations armées dans les 50 capitales des États américains par des groupes d’extrême droite.

La Georgie, qui a donné aux démocrates leur majorité au Sénat au début du mois, pourrait bien constituer une destination de choix pour ces gens qui ne digèrent pas l’élection de Joe Biden ou qui croient que l’élection a été volée en défaveur du président Trump. Des manifestations violentes sont donc redoutées d’ici l’investiture du président désigné Joe Biden.

Un groupe libertarien, les « boogaloo bois », a lancé un appel à une « marche de la liberté » (Liberty Walk) dans le centre-ville dimanche. Les « boogers » sont des amateurs d’armes à feu et, comme la Georgie est un État où le port d'armes est légal, ces manifestants seront, selon toute vraisemblance, armés. Une autre manifestation est aussi prévue pour le dimanche après-midi devant le Capitole par un autre groupe. Déjà, les militants de gauche et d’extrême gauche antifascistes d’Atlanta appellent leurs partisans à ne pas organiser de contre-manifestation pour éviter que la situation ne dégénère.

Par ailleurs, l’activiste d’extrême droite Chris Hill, qui se fait appeler « général Blood Agent » et qui est à la tête d’une milice qui s’est donné le nom de « Georgia Security Force III% », a annoncé que son groupe avait prévu une action à Atlanta du 16 au 20 janvier.

Des ouvriers travaillent derrière une clôture métallique.

Le siège social de CNN à Atlanta est complètement barricadé.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La chaîne d’informations CNN, dont le siège social est à Atlanta, est, elle aussi, sur le pied de guerre. Dès vendredi matin, des ouvriers s’affairaient à barricader le bâtiment de l’entreprise de presse démonisée par Donald Trump. Des manifestants pro-Trump se sont réunis devant l’immeuble le 6 janvier dernier au moment de l’assaut contre le Capitole à Washington. CNN a aussi été en mai dernier la cible d’émeutiers qui avaient réussi à pénétrer dans le bâtiment. Visiblement, toutes les précautions ont été prises pour éviter que cela ne se reproduise.

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