•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La distribution non sollicitée de l'Epoch Times fait sourciller des Estriens

Une main tire un journal Epoch Times d'une boîte aux lettres.

Plusieurs Estriens ont été surpris de recevoir la publication « Epoch Times » par la poste cette semaine.

Photo : Radio-Canada / Pierrick Pichette

Radio-Canada

Plusieurs Estriens ont eu une surprise en ouvrant leur boîte aux lettres cette semaine. Ils ont reçu, sans l’avoir demandé, le journal Epoch Times, une publication qui était jusqu'ici absente de la région

Alexis De Lancer, animateur de l’émission Les Décrypteurs sur ICI RDI, explique que ce journal est lié au Falun Gong, un mouvement spirituel né en Chine d’inspiration bouddhiste « appelé secte par ses détracteurs ».

C’est un mouvement qui a été pourchassé par le gouvernement central chinois à partir de 1999. C’est là que le Falun Gong se déplace à l’étranger, au sein de la diaspora chinoise, note-t-il. C’est dans ce contexte-là qu’au tournant des années 2000, les membres de la diaspora chinoise aux États-Unis [...] ont créé l’Epoch Times, un espèce de bras médiatique de leur mouvement.

L’Epoch Times est un journal désormais disponible dans plusieurs langues, dans des dizaines de pays à travers le monde.

Ce qu’il faut comprendre avant tout, c’est que l'Epoch News a une bête noire, ça paraît dans tous ses articles et ses publications, c’est le Parti communiste central en Chine [PCC], ajoute M. De Lancer.

L’orientation politique du journal a cependant changé dans les dernières années, remarque-t-il.

« L’Epoch Times, en général, avant 2016, évoquait très peu la politique intérieure aux États-Unis. En 2016, selon NBC News, l’Epoch Times a effectué un virage très clairement pro-Trump. »

— Une citation de  Alexis De Lancer, animateur de l’émission Les Décrypteurs sur ICI RDI

Nous, aux Décrypteurs, on a passé au peigne fin le contenu de ce journal, qui est surtout composé d’articles d’opinion, et la principale cible de ce journal-là est le parti communiste chinois. Tout passe par ce prisme-là, le trumpisme et l’obsession de cette position anti-PCC...Ce qui donne lieu aussi à beaucoup de désinformation, continue-t-il.

Il souligne que les Estriens commencent à recevoir la publication, car la communauté chinoise en dehors de la Chine aimerait bien que le message véhiculé par ce journal-là soit un peu plus présent au sein de la population générale de certains pays.

Et selon lui, les gens pourraient être dupés et croire qu’il s’agit d’information impartiale.

« La façon de présenter ce journal peut donner l’impression qu’il s’agit d’une publication conventionnelle [...]. Il s’agit d’abord et avant tout d’un véhicule de propagande. »

— Une citation de  Alexis De Lancer, animateur de l’émission Les Décrypteurs sur ICI RDI

.

Plaintes citoyennes

Comme plusieurs citoyens d’Eastman, Sylvain Lair a fait savoir son malaise par rapport à la réception du journal sur Facebook.

Cette publication-là contribue, aux États-Unis, à propager de fausses nouvelles selon lesquelles Trump aurait gagné les élections. [...] À la lumière de ce qui s’est passé le 6 [janvier], c’est vraiment quelque chose qu’on ne peut pas tolérer, se désole-t-il.

Je suis choqué que Postes Canada contribue à distribuer un journal comme ça [...]. Je ne veux pas ça au Canada, ajoute-t-il.

Il a d’ailleurs porté plainte auprès de sa députée fédérale, faute de pouvoir joindre Postes Canada.

Interrogée sur la distribution du journal, la responsable des relations avec les médias de Postes Canada Nicole Lecompte a indiqué dans un courriel à Radio-Canada que la Société distribue tout envoi que l'expéditeur a payé et bien préparé, à moins qu'il ne soit considéré comme un objet inadmissible.

« Les tribunaux ont indiqué que le rôle de Postes Canada n'est pas de censurer le courrier ou de fixer les balises de la liberté d'expression au pays.  »

— Une citation de  Nicole Lecompte, responsable des relations avec les médias de Postes Canada

De son côté, Alexis De Lancer croit tout de même que la pression populaire pourrait faire cesser l’envoi non sollicité de cette publication.

J'ai vu une pétition circuler cette semaine pour demander de cesser l’envoi non sollicité de ces publications [...]Je crois qu’il y a le potentiel pour une pression accrue pour l’arrêt de ces publications par Postes Canada, qui est une entité publique, conclut-il.

D’après les informations de Pierrick Pichette. 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !