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Apprentissage en ligne : des questions de cybersécurité persistent

Un ordinateur portable ouvert. On voit à l'écran une professeure d'université donnant un cours.

Plusieurs intrusions dans des classes virtuelles ont eu lieu ces dernières semaines en Ontario.

Photo : Getty Images / Ridofranz

Alors que deux incidents de piratage ont perturbé des classes du Conseil scolaire du district de Peel cette semaine, élèves et enseignants se disent inquiets de la cybersécurité qui entoure leurs activités.

Une classe de l’école publique anglophone Chris Hadfield, à Mississauga, a confirmé qu’à deux reprises, au moins un individu non identifié s’est introduit dans une de leur classe en ligne. Ces piratages ne sont pas le fait d’un seul établissement et suscitent des questions sur la sécurité informatique de l’enseignement virtuel.

Ces individus n’avaient pas accès au lien de la conférence en ligne, a précisé par courriel une porte-parole du conseil scolaire publique de Peel, ajoutant que le service informatique du conseil mène actuellement une enquête et qu’entre temps, la classe est passée à un autre environnement d'apprentissage virtuel sécurisé.

Les deux piratages ont eu lieu les 12 et 13 janvier.

Lors du premier incident, une série d'images floues et obscures a clignoté sur l'écran pendant une durée de moins d'une minute. L'enseignant de la classe n'a perçu ni interprété aucune de ces images comme étant explicite, explique une porte-parole du conseil scolaire. Le jour suivant, lors du second incident, seul un son incohérent et brouillé a pu être entendu, aucune image ou vidéo n'a été diffusée, a-t-il été précisé.

Pas un cas isolé

Marie-Thérèse Awitor est enseignante au Conseil scolaire catholique du district de Halton. Elle raconte qu’il y a eu une intrusion dans sa classe.

Une enseignante en entrevue Skype.

Marie-Thérèse Awitor, enseignante au Conseil scolaire catholique du district d'Halton

Photo : Radio-Canada

Pendant une leçon, j’ai vu des élèves arriver en retard et je les ai acceptés, se souvient Mme Awitor, rappelant que l’incident est survenu au début de l’année scolaire, alors qu’elle connaissait encore peu les élèves de sa classe.

D’un seul coup j’ai commencé à entendre des bruits bizarres, des cris, et lorsqu’un élève a lancé un mot grossier, j'ai réalisé que c’était impossible que ce soit l’un de mes élèves.

Une citation de :Marie-Thérèse Awitor, enseignante, Conseil scolaire catholique du district de Halton

Ils étaient quatre ou cinq, et se sont déconnectés lorsqu’ils ont compris qu’ils avaient été repérés, rapporte l’enseignante, qui a ensuite rapporté l’incident à la direction de son établissement. Je n’étais pas la seule , soutient-elle, c’est arrivé à cinq ou six enseignants de l’école, lui a-t-on répondu.

Dans le cas du conseil scolaire publique anglophone de Kawartha Pine Ridge (KPR), le 7 janvier dernier, une personne s'est fait passer pour l'un de nos élèves en ligne et a interrompu la classe avec un langage raciste, a expliqué le directeur des communications Greg Kidd.

Cet incident était préoccupant non seulement pour l'intrusion de la salle de classe, mais aussi pour la nature profondément offensante des mots utilisés, rapporte M. Kidd.

Des professeurs laissés à eux-mêmes

Ce n’est pas un phénomène qui est nouveau, on en parle vraiment depuis le confinement qui a commencé en avril-mai dernier, estime Steve Waterhouse, ancien officier de sécurité informatique au ministère de la défense et maintenant chargé de cours en cybersécurité à l'Université de Sherbrooke.

Selon lui, trop peu de conseils scolaires prennent les choses en main.

Il y a beaucoup de professeurs, depuis les deux derniers mois, qui ont été laissés à eux-mêmes devant un nouvel outil d’enseignement

Une citation de :Steve Waterhouse, chargé de cours en cybersécurité à l'Université de Sherbrooke

L’éducation à ces nouveaux outils d’enseignement est primordiale. Que ce soit pour les enseignants ou les nouveaux télétravailleurs [...], il y a absence de formation proprement dite pour que tout le monde se serve de ces outils-là de manière adéquate.

Un homme dans une salle de nouvelles regarde l'objectif.

Steve Waterhouse est expert en cybersécurité et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada

Je ne filtrais pas en fait, tous les élèves qui entraient, je les acceptais dans mon cours, reconnaît pour sa part Marie-Thérèse Awitor. Après les différents incidents dans des classes de son école, la direction leur a donné plusieurs conseils comme de n’accepter les élèves ayant l’adresse courriel propre à l’établissement.

Ça n’est plus arrivé depuis assure-t-elle, mais on reste attentif. Elle reconnaît toutefois que ces nouvelles pratiques sont exigeantes, mais les considère comme faisant partie de sa nouvelle routine.

Plus de formation faite par les conseils scolaires

Au conseil scolaire publique anglophone de KPR, une enquête a été menée, à la suite de laquelle l'administration a pu offrir des séances d'information de suivi avec le personnel de l'école pour examiner plus en détail les caractéristiques de sécurité de la plate-forme numérique, souligne Greg Kidd.

Le conseil scolaire Viamonde dit ne pas avoir connaissance de cas de piratage sur la plateforme TEAMS de Microsoft, privilégiée par notre Conseil . Sa porte-parole Julie Vanghelder ajoute que le conseil à la sensibilisation à la fois les membres du personnel et les élèves et leurs familles, aux mesures de cybersécurité.

Le conseil scolaire MonAvenir n’a de son côté pas confirmé ou infirmé si un tel incident s’est déjà produit dans une de ses classes, mais soutient que tout comme une école en présentiel, il y a toujours le risque qu’un intrus puisse se faufiler lorsque les portes d’entrée et de sortie sont ouvertes. Ceci est possible dans le cas du virtuel.

Tous les membres du personnel enseignant et les directions d’école ont été sensibilisés à ce fait et suivent des pratiques rigoureuses pour accorder et gérer les accès des élèves à leur classe, a ajouté leur porte-parole Virginie Oger.

Contacté par Radio-Canada, le regroupement Parents partenaires en éducation, s'est dit confiant que les écoles et les conseils scolaires ont le mieux être de leurs étudiants à cœur et que les besoins en lien avec sécuriser les plateformes d'apprentissage en ligne seront une de leurs priorités.

Mais il ajoute toutefois que si les enfants sont exposés à une classe piratée, il serait important pour les conseils scolaires de travailler en partenariat avec les organismes sociaux qui ont comme mandat la protection à l'enfance afin de veiller au bien être des élèves et offrir une possibilité de désamorcer leurs émotions.

De plus en plus de ressources sont par ailleurs disponibles pour mieux maîtriser la sécurité des vidéoconférences, comme sur le site du centre canadien de la cybersécurité (Nouvelle fenêtre).

Steve Waterhouse croit qu'il est judicieux de les consulter.

Avec les informations de Colin Côté-Paulette

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