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Vers une course à trois pour la mairie de Montréal

L'ex-conseiller politique et consultant Félix-Antoine Joli-Coeur, proche du ministre Fitzgibbon, sera candidat à la mairie de Montréal, à la tête d’un nouveau parti.

Felix-Antoine Joli-Coeur en gros plan.

Âgé de 42 ans, Félix-Antoine Joli-Coeur souhaite conquérir la mairie de Montréal en novembre, avec son nouveau parti, Ralliement pour Montréal.

Photo : Courtoisie / Félix-Antoine Joli-Coeur

« Il faut une coalition diversifiée, une coalition arc-en-ciel, pour vraiment amener Montréal ailleurs », confie Félix-Antoine Joli-Coeur à Radio-Canada.

Peu connu du grand public, ce consultant en gestion, âgé de 42 ans, est le premier candidat d’envergure à présenter officiellement sa candidature pour tenter de déloger Valérie Plante de la mairie de Montréal au mois de novembre.

Au cœur de la campagne Je vois MTL, un mouvement chargé en 2014 de générer des dizaines de projets pour relancer la métropole après les multiples scandales touchant l’Hôtel de Ville, Félix-Antoine Joli-Coeur a fondé son parti : Ralliement pour Montréal.

Après avoir été un temps intéressé par la direction de l’ancien parti de Mélanie Joly, Vrai changement Montréal, l’entrepreneur a opté pour une autre direction. Les partis actuels, lâche-t-il, arrivent plus avec un passif qu’avec un actif.

Je suis indigné par la trajectoire qu’a prise Montréal, déplore ce père de deux enfants. Les rues, les ruelles, les parcs sont extrêmement sales.

La ville est transformée en labyrinthe, car il n’y a aucune coordination des travaux publics et privés. Tout ça m’inquiète.

Félix-Antoine Joli-Coeur, candidat à la mairie de Montréal

Selon M. Joli-Coeur, le centre-ville est en perdition, Montréal est dans une situation difficile et pénible et plusieurs artères commerciales sont dans une mauvaise posture.

Rallier les citoyens pour Montréal serait nécessaire, ajoute-t-il, en assurant discuter avec beaucoup de personnes qui ont prouvé dans leur parcours professionnel qu’elles peuvent avoir de l’impact.

Ex-conseiller du maire Tremblay et de Pauline Marois

Entre 2005 et 2008, Félix-Antoine Joli-Coeur a fait partie du cabinet de Gérald Tremblay, qui a démissionné en 2012, alors que la métropole faisait face à des scandales de corruption. J’ai été indigné par la manière dont ça s’est terminé, soutient M. Joli-Coeur. Mais, assure-t-il, de grandes choses ont été faites durant son mandat. Il évoque notamment la création d’un réseau de bibliothèques et la transformation du Quartier des spectacles.

Par la suite, de 2012 à 2014, il s'est joint à l’équipe de la première ministre péquiste Pauline Marois. Au sein de son cabinet, il avait le titre de conseiller politique et était notamment responsable de la région métropolitaine et des milieux d’affaires.

Le candidat de la CAQ?

Félix-Antoine Joli-Coeur, qui signe régulièrement des chroniques dans La Presse, n’est pas un inconnu du monde politique.

Selon nos informations, l’entrepreneur est un proche du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. En octobre, ce dernier a nié vouloir prendre position dans cette course à la mairie, mais il a avoué être préoccupé par Montréal.

Je joue à jeu découvert, admet Félix-Antoine Joli-Coeur. J’ai parlé à Pierre Fitzgibbon, je lui ai annoncé mon intention.

Il assure vouloir préparer des ponts dès aujourd’hui pour travailler avec les gouvernements, tout en lançant une pique à Valérie Plante concernant notamment ses chicanes avec le gouvernement Legault.

C’est pas comme ça qu'on doit diriger une ville, lance-t-il. Selon lui, Montréal doit travailler main dans la main avec le provincial et le fédéral.

Tout en faisant part de son respect pour les deux derniers maires de la métropole, l’ex-conseiller de Pauline Marois, ne mâche pas ses mots.

Valérie Plante, affirme-t-il, c’est des chicanes constantes avec les commerçants, les membres de son parti, à peu près tout le monde, dans à peu près tous les dossiers.

Quant à Denis Coderre, il est arrivé à une époque où on avait besoin de quelqu’un qui allait un peu taper sur la table. Mais, ajoute-t-il, l’ex-ministre libéral est avant tout reconnu pour le baseball, les punchlines et les poignées de main dans le plus d'événements possible.

Dans les deux cas, c’est un style de leadership extrêmement centralisateur. Ils ont montré qu’ils sont incapables de travailler en équipe, précise-t-il, en promettant, en cas de victoire, de diriger de manière non partisane.

On n’est pas dans un parlement, mais dans une administration municipale.

Félix-Antoine Joli-Coeur, candidat à la mairie de Montréal

La mairie de Montréal, c’est pas le maire ou la mairesse, c’est une équipe qui va se mettre au service de la population, estime-t-il, en indiquant parler actuellement avec des élus de Projet Montréal et d’Ensemble Montréal.

Ralliement pour Montréal, spécifie-t-il, présentera des candidatures pour la centaine de postes en jeu au prochain scrutin. Les valeurs de son équipe? Rigueur, créativité et mobilisation, décrit Félix-Antoine Joli-Coeur, qui compte notamment œuvrer avec l'avocat Marc-Antoine Desjardins, ex-candidat d'Équipe Coderre et de Vrai changement Montréal.

Denis Coderre avec un maillot du Canadien de Montréal.

L'ex-maire de Montréal, Denis Coderre, pourrait signer son retour sur la scène municipale.

Photo : Twitter / Denis Coderre

Un livre fin mars pour Denis Coderre

Tout indique, pour le moment, qu’on se dirige vers une course à trois le 7 novembre, date des élections municipales.

Même si l’intéressé entretient toujours le mystère, un retour de Denis Coderre sur la scène politique ne semble faire aucun doute, selon des proches de l’ex-maire.

Denis Coderre prépare d’ailleurs un livre depuis plusieurs mois. Selon nos informations, le volume sera publié le 25 mars, aux Éditions La Presse.

Comme M. Coderre l’a mentionné durant une conférence virtuelle, ce livre parlera de [sa] vision de Montréal et du bilan de [ses] années.

Cet ouvrage pourrait lui servir de rampe de lancement pour annoncer ses intentions électorales, ont confié des sources.

Denis Coderre, toujours très actif sur les réseaux sociaux, multiplierait d'ailleurs, depuis plusieurs semaines, les appels pour organiser sa prochaine candidature, a-t-on confié à Radio-Canada.

Actuellement consultant pour différentes firmes, M. Coderre travaille notamment avec la firme de relations publiques Tesla RP. Prépare-t-il une stratégie de communication?

Sa décision n’est pas encore prise, assure le stratège et directeur de Tesla RP, Louis Aucoin, tout en reconnaissant que ça le tente. On n’a pas encore commencé à préparer une campagne, dit-il.

Ces derniers mois, d’autres noms ont circulé.

L’ex-ministre David Heurtel, proche de Denis Coderre, ne ferme pas la porte. Il a déjà été contacté par Ensemble Montréal, le parti formant l’opposition à l’Hôtel de Ville. L’ancien joueur des Alouettes, Balarama Holness, très engagé dans la lutte contre le racisme systémique, est lui aussi intéressé.

Idem pour l’ancien conseiller municipal Guillaume Lavoie, qui a été battu en 2016 par Valérie Plante dans la course à la chefferie de Projet Montréal.

Un retour de Denis Coderre pourrait néanmoins freiner leurs ambitions.

Avec la collaboration de Thomas Gerbet

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