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Ratés des radios de la police : Labeaume suggère un règlement provincial

Le maire de Québec croit qu'une modification à la Loi sur le bâtiment est l'une des voies à explorer.

Le maire de Québec, Régis Labeaume.

Régis Labeaume a fait parvenir une lettre au gouvernement Legault, jeudi. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Marc Andre Turgeon

Confirmant « les lacunes » vécues par la police de Québec avec son nouveau système de radiocommunication, particulièrement à l'intérieur de certains immeubles, le maire Régis Labeaume suggère au gouvernement provincial de réglementer dans le but d'imposer l'installation d'enrichisseurs d'ondes dans les bâtiments publics et privés jugés problématiques.

Dans une série de reportages parus l'automne dernier, Radio-Canada détaillait différents ratés du Système évolué de radiocommunication pour l'agglomération de Québec (SERAQ), mis sur pied en 2019. Des problèmes connus du Service de police de la Ville de Québec et exposés en marge de la tuerie du Vieux-Québec.

On y apprenait que les nouvelles radios des policiers de la capitale peinaient à traverser certains murs, notamment dans les centres hospitaliers, et que des zones de découverture persistaient sur le territoire de la ville.

Des véhicules de police bloquent une rue à Québec.

L'attaque du Vieux-Québec a poussé la Fraternité des policiers et des policières de la Ville de Québec à dénoncer les ratés des systèmes de communication. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le soir de l'attaque du 31 octobre précisément, des sources avaient confirmé que des policiers avaient été forcés d'utiliser leurs cellulaires à certains moments en raison de l'instabilité des radios. Des problèmes similaires avaient été signalés dans les mois précédents, déplorait la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec.

Trois ministres

Chiffres à l'appui, le maire avait minimisé les difficultés avec le SERAQ en novembre dernier. Voilà maintenant qu'il reconnaît les lacunes des radiocommunications de la police dans une lettre qu'il vient tout juste de faire parvenir au gouvernement Legault.

Dans cette lettre datée du 14 janvier, il interpelle Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique, Jean Boulet, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ainsi qu'Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l'Habitation.

Un terminal radio portatif du Service de police de la Ville de Québec.

Un terminal radio portatif du Service de police de la Ville de Québec

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

Insistant sur l'enjeu de la pénétration des ondes dans certains bâtiments, il demande au gouvernement d'initier [une] réflexion en vue de mettre en place une réglementation québécoise. Ce règlement forcerait les propriétaires d'édifices à doter ces derniers d'équipements aptes à assurer la communication radio.

La réglementation devrait aussi se pencher sur les nouveaux bâtiments répondant aux techniques modernes de construction LEED, selon le maire, puisqu'elles seraient plus susceptibles de causer des interférences.

De tels changements supposent des modifications à la Loi sur le bâtiment.

Enjeu national?

La problématique, selon M. Labeaume, mérite une attention provinciale et ne limiterait pas aux services d'urgences de sa ville. Il propose donc la mise en place d'un comité provincial pour étudier l'étendue des problèmes de radiocommunication dans la province.

La problématique ne serait pas propre à la Ville de Québec et fait l'objet de préoccupations à l'échelle nationale.

Extrait de la lettre du maire Régis Labeaume

Il rappelle dans sa lettre que le gouvernement a déjà modifié la Loi sur le bâtiment pour des raisons de sécurité dans le passé. En 2013, le gouvernement du Québec a introduit dans le Code de la sécurité des dispositions relatives à l'entretien des tours de refroidissement à l'eau dans la foulée de la crise de la légionellose, cite-t-il en exemple.

Même s'il estime que la Ville a des pouvoirs de réglementation sur son territoire, le maire souligne qu'un règlement municipal ne pourrait supplanter l'immunité gouvernementale. En ce sens, il jugerait pertinent de voir le gouvernement provincial intervenir.

En ce qui concerne les bâtiments appartenant à des tiers privés, Régis Labeaume croit qu'il y aurait intérêt à ce qu'une exigence en cette matière soit harmonisée à l'ensemble des zones urbaines.

Geneviève Guilbault regarde au loin.

Geneviève Guilbault, vice-première ministre du Québec et responsable de la région de la Capitale-Nationale, est l'une des ministres interpellées par le maire. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Cette idée d'une réglementation avait été évoquée une première fois par le maire à la fin de novembre. Il avait alors confirmé que des pourparlers fructueux avaient été amorcés avec le CIUSSS de la Capitale-Nationale et le CHU de Québec.

Le cabinet de la ministre Geneviève Guilbault a confirmé la réception de la lettre et simplement déclaré qu'il allait en analyser le contenu.

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