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COVID-19 : des leaders religieux affirment combattre la désinformation

Des gens sont photographiés de face alors qu'ils sont assis à l'église avec des masques bleus au visage.

Moins de gens qu'avant fréquentent les églises selon plusieurs paroissiens.

Photo : Radio-Canada

Alors que certains leaders religieux ont véhiculé des théories conspirationnistes, d'autres se sont fait un devoir de rétablir les faits et lutter contre la désinformation.

Dès l'éclosion de la pandémie, les confessions religieuses ont été priées soit de suspendre les célébrations dans les lieux de culte, soit de réduire considérablement le nombre des croyants autorisés à participer physiquement aux cérémonies. Afin d'éviter que leurs temples, paroisses, mosquées ou synagogues ne soient des lieux de propagation du virus de la COVID-19, certains responsables religieux établis à Toronto et ailleurs au pays n’ont pas hésité à faire respecter au sein de leur communauté les mesures prises par les autorités pour lutter contre la pandémie.

Elie Abou Assaf assis devant plusieurs portraits.

Elie Abou Assaf, curé de la paroisse Saint- Louis-de-France à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

C’est notamment le cas d’Elie Abou Assaf, curé de la paroisse de Saint-Louis-de-France, à Toronto. Il dit qu’avec l'archidiocèse de Toronto, ils ont pris toutes les précautions pour le respect des mesures barrières et de distanciation. Je sensibilise mes paroissiens et paroissiennes à être responsables et à considérer les appels des autorités sur la COVID-19. Pour le curé, cette sensibilisation est nécessaire, car sa paroisse ne voudrait pas être une communauté nonchalante ou celle qui ne veut pas aider la société à franchir le seuil de fatigue mentale et spirituelle qu'a causé la pandémie.

Joël Étienne, président de la synagogue Zichron Yisroel à Thornhill en Ontario, indique pour sa part que c’est entre autres l’appel de son chef religieux qui a permis aux membres de sa communauté d’appréhender le danger de la COVID-19.

Joël Étienne

Joël Étienne, président de la Synagogue Zichron Yisroel à Thornhill en Ontario

Photo : Radio-Canada

Le grand rabbinat de Toronto a réagi très immédiatement avec l’appel de la pandémie pour sensibiliser et amener à l’ordre la communauté. M. Étienne se félicite aussi de l'impact positif que la collaboration entre les autorités de la santé et les confessions religieuses a eu sur la gestion de la crise sanitaire par sa communauté.

Pas de place aux rumeurs

Le Pasteur Isaac Kamta tient une bible dans ses mains.

Le pasteur Isaac Kamta

Photo : Mission Protestante Francophone de Toronto

Isaac Makarios Kamta est le pasteur responsable de la Mission protestante francophone de Toronto, une communauté de l’Église unie du Canada. M. Kamta, comme certains membres de son église, a perdu des proches en raison de la COVID-19. Il regrette le fait que plusieurs personnes ont banalisé la maladie. Au début, les gens ne prenaient pas la pandémie au sérieux. Pendant les trois premiers mois, nous avons utilisé les médias sociaux pour les sensibiliser. D'après le pasteur, l’influence qu’il a sur ses paroissiens lui a permis de mieux se faire comprendre et surtout de lutter contre des rumeurs véhiculées sur la pandémie.

Les gens [...] ont dit que la COVID-19 est une punition divine et que la fin du monde est proche. Il a fallu déconstruire ça et démontrer qu’elle est plutôt une pandémie comme toutes les autres qui ont existé avant. Il ne faut pas qu’on considère que ça arrive parce qu’on a péché.

Isaac Makarios Kamta, pasteur responsable de la Mission protestante francophone de Toronto

Lorsqu’une personne reçoit une information, elle se réfère au pasteur. On en discute, et cette personne communique à son tour la vraie information à d’autres personnes , confie M. Makarios.

Participer à l'effort médical

Lama Tanza assis devant des rideaux multicolores.

Lama Tanza, enseignant résident au temple bouddhiste Karma Sonam Dargye Ling à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

Lama Tanza, enseignant résident au temple bouddhiste Karma Sonam Dargye Ling à Toronto, rappelle qu’il est important de freiner la progression du coronavirus et de limiter ses dégâts.

Je pense que le vaccin est très important. J’encourage les gens à se faire vacciner s’ils en ont la possibilité, car plusieurs scientifiques ont mené des recherches pour trouver cette solution.

Lama Tanza, enseignant résident au temple bouddhiste Karma Sonam Dargye Ling à Toronto

Toutefois, l’effort médical n’exclut pas le volet spirituel dans la lutte contre la COVID-19 ou d’autres maladies, croit M. Tanza.

Un bras et une main qui vaccine.

Lama Tanza encourage les membres de sa communauté à respecter les mesures sanitaires.

Photo :  CBC / Robert Short

Le prêtre Elie Abou Assa est du même avis. Il faut concilier la spiritualité et les efforts médicaux. Nous devons avoir cet équilibre entre ce qui est spirituel et ce qui est humain, explique-t-il.

M. Étienne appelle les religieux à comprendre et à supporter les sacrifices qu'imposent les règles sanitaires dans la lutte contre la pandémie. Sa communauté fournit d’énormes sacrifices pour la bonne cause, dit-il. M. Etienne cite l’exemple de la prière communautaire, un des piliers du judaïsme, qu’ils n’observent plus.

Cet appel à la prière qui existe dans nos communautés depuis plus de 2000 ans est un processus non interrompu, même pas durant l'Holocauste, l'inquisition espagnole ou la Shoah.

Joël Étienne

Pour M. Etienne, ce sacrifice en vaut la peine. Nous le faisons de bon gré parce que la science nous le demande et parce que c’est notre devoir communautaire envers tous nos citoyens, fait-il observer.

Le même message est véhiculé aussi par Sarmer Elniz de l’Association musulmane du Canada. On doit se référer à des experts, même notre religion nous demande à se référer à des experts. On a la croyance que Dieu n'a pas fait descendre une maladie sans avoir descendu en même temps son remède, déclare-t-il.

Sarmer Elniz

Sarmer Elniz est aussi le directeur du Centre communautaire Laurentien/mosquée Al Rawdah-Mac à Montréal.

Photo : Collection privée de Monsieur Sarmer Elniz

Concernant le vaccin contre la COVID-19, le religieux encourage les membres de sa communauté à se faire vacciner, sans toutefois les obliger. Sarmer Elniz rappelle aux croyants musulmans que parmi le personnel soignant qui combat la pandémie à travers le pays se trouve des musulmans, et il faut les soutenir pour l’effort qu’ils sont entrain de fournir.

John Johnson, référent médical vaccination et réponse aux épidémies chez Médecins sans frontières Paris, soutient que des leaders religieux jouent un grand rôle dans la lutte contre les maladies à condition qu’ils soient bien informés au préalable. Ce sont souvent les leaders religieux qui partagent les informations avec les gens qui vont dans les lieux de culte. Leur collaboration permet de gagner la confiance du public, explique l’expert. 

Monsieur John Johnson répondant aux questions de Radio Canada.

John Johnson, référent médical vaccination et réponse aux épidémies chez Médecins sans frontières Paris

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

D'après lui, l’opposition des leaders religieux à l’usage des masques ou l’administration des vaccins par exemple peut ralentir, voire bloquer les activités de riposte contre une épidémie.

Pour tous les catholiques du monde, si le pape dit "c’est bon la vaccination, je donne ma confiance aux scientifiques et je souhaite que tout le monde soit vacciné", je pense que les catholiques vont le suivre.

John Johnson, Référent médical vaccination et réponse aux épidémies chez Médecins sans frontières Paris

Par contre, un message de rejet de la vaccination amènerait de nombreuses personnes à ne pas se faire vacciner, selon M. Johnson.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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