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CSN et Métallos unis pour décrier le projet de loi 59

Un rouleau compresseur dans une mine de fer sur la Côte-Nord

La Côte-Nord compte de nombreux sites de travail industriels et miniers qui pourraient être affectés par les dispositions du projet de loi (archives).

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada

Radio-Canada

Le Syndicat des Métallos et la CSN ont joint leurs voix vendredi pour dénoncer les reculs majeurs que propose, selon eux, le projet de loi 59, déposé en octobre par le ministre québécois du Travail, Jean Boulet, et qui vise à moderniser la santé et la sécurité au travail.

Les syndicats affirment que ce projet de loi d’environ 120 pages va, de manière générale, diminuer la prévention dans certains milieux de travail ainsi que l’accessibilité des réclamations en cas d’accident.

Par exemple, lors d’un accident de travail ou d’un retrait préventif, le médecin qui traite l’employé aura beaucoup moins de pouvoir, au profit de la CNESST et de l’employeur, expliquent les syndicats.

Le coordonnateur régional du Syndicat des Métallos, Nicolas Lapierre, affirme que les reculs, notamment en matière de prévention, sont encore plus importants sur la Côte-Nord, qui compte de nombreuses industries jugées dangereuses.

Nicolas Lapierre, assis à son bureau

Nicolas Lapierre, coordonnateur des Métallos pour les régions de la Côte-Nord, de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent et des Îles-de-la-Madeleine

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Un cas très concret, c’est l’industrie des mines et des alumineries. Actuellement, parce qu’ils ont eu un bon bilan parce qu’il y a de la prévention, parce qu’il y a des mécanismes en place, à cause de ce bon bilan-là, on va leur dire qu’ils ne sont plus obligés de faire de la prévention ou on va [leur] donner la permission d’en faire moins parce que vous avez un bon bilan. C’est un peu aberrant, explique M. Lapierre.

Les syndicats critiquent aussi la décision du ministre du Travail de présenter son projet de loi en pleine pandémie alors que des travailleurs sont plus épuisés que jamais et que les mobilisations comme les conférences de presse et les manifestations sont plus compliquées à organiser en raison des consignes sanitaires.

C’est notamment l’opinion du président du Conseil central de la Côte-Nord, Guillaume Tremblay.

Il y a beaucoup de pression dans nos milieux de travail pour ceux qui donnent des services essentiels à la population. Ça va être difficile de les sensibiliser, de les mobiliser sur les risques auxquels ils vont faire face justement et les pertes qu’on risque d’avoir par rapport aux protections qu’on a pour faire de la prévention et de la réparation dans nos milieux de travail, déplore-t-il.

Un homme pose devant une immense banderole où l'on peut lire : urgence d'agir, services publics à rebatir.

Le président du conseil central de la CSN sur la Côte-Nord, Guillaume Tremblay

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

Le ministre du Travail n’a pas encore répondu à nos demandes d’entrevues. Toutefois, lors du dépôt de son projet de loi, le gouvernement vantait plutôt les avancées en matière de prévention qui allaient maintenant s’étendre à tous les secteurs d’activités.

Le ministre affirmait également que le dépôt de ce projet de loi était urgent et que la pandémie avait exacerbé le besoin de modifier la loi sur la santé et la sécurité au travail.

Avec les informations de Laurence Royer

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