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Les États-Unis donnent leur feu vert au projet d'Hydro-Québec en Nouvelle-Angleterre

Poste des Appalaches, près de Thetford Mines,
d'où partirait la ligne de transport d'électricité.

Le poste des Appalaches d'Hydro-Québec, près de Thetford Mines, d'où partira la ligne de transport d'électricité vers le Massachusetts.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le département américain de l'Énergie a accordé vendredi le permis présidentiel au projet de construction d'une ligne de transport d'électricité entre le Québec et l'État du Massachusetts.

Toutes les autorisations nécessaires à la réalisation du projet ont donc été obtenues aux États-Unis, a écrit vendredi Hydro-Québec, principal maître d'œuvre du New England Clean Energy Connect (NECEC), qui était méticuleusement scruté par Washington et l'État du Maine depuis 33 mois.

En tout, six agences et départements, dont les ingénieurs de l'armée américaine, ont évalué le projet et ont finalement donné leur feu vert.

L'autorisation présidentielle obtenue vendredi permettra par conséquent au partenaire américain d'Hydro-Québec, Avangrid, de commencer les travaux d'interconnexion entre le Québec et le Massachusetts, qui comprend le passage de lignes à haute tension sur le territoire du Maine.

Le coût du tracé de 233 kilomètres sur le territoire américain est estimé à 950 millions de dollars américains.

À terme, le NECEC acheminera 1200 mégawatts d’hydroélectricité du Québec jusqu’en Nouvelle-Angleterre, en passant par Lewiston, dans le Maine.

Une citation de :Extrait du communiqué d'Hydro-Québec
Un corridor de ligne de transport d'électricité déjà existant, près de l'Appalachian Trail, au Maine.

Un corridor de ligne de transport d'électricité déjà existant, près de l'Appalachian Trail, au Maine.

Photo : Radio-Canada / Thomas Pakulski

La réalisation de cet important projet permettra au Québec d'exporter 9,45 térawattheures d'hydroélectricité par an pendant 20 ans vers l'État du Massachusetts. Un contrat qui doit générer des revenus estimés à 10 milliards de dollars américains pour Hydro-Québec.

L’obtention du permis présidentiel est une excellente nouvelle. Tout comme la pandémie, l’urgence climatique ne connaît pas de frontières. Ce projet d’interconnexion constitue un grand pas dans nos efforts de décarbonation, s'est réjouie Sophie Brochu, présidente-directrice générale d’Hydro-Québec dans un communiqué. La mise en service du NECEC est prévue en 2022.

Les évaluations réglementaires qui portent sur la portion québécoise du projet qui relie la région des Appalaches au Maine ne sont quant à elles pas encore terminées.

Le NECEC a cependant déjà obtenu l'approbation de la Régie de l'énergie du Québec et de la Commission de protection du territoire agricole du Québec.

Ce contrat de vente d'hydroélectricité entre le Québec et le Massachusetts, qui recherchait des sources d'énergie propre pour remplacer celle de ses centrales au gaz, a été conclu en 2018.

Il s'agit du plus important contrat d'exportation d'électricité de l'histoire d'Hydro-Québec qui alimentera l'équivalent d'un million de maisons au Massachusetts à partir de cette ligne de transport.

Selon Hydro-Québec, le NECEC permettra d'éliminer plus de 3 millions de tonnes métriques de gaz à effet de serre, soit l'équivalent de 700 000 voitures.

Un projet qui dérange

Mais aussi vert soit-il, le projet n'enchante guère ceux et celles qui verront des pylônes s'ériger dans leur coin de pays.

Baptisée Northern Pass, la première version de cette ligne de transport électrique de 320 kV devait à l'origine passer par le New Hampshire. Le projet a été abandonné en 2019 à la suite de l'opposition de la population de cet État.

Peu après, Hydro-Québec est revenue à la charge avec le projet NECEC dont le parcours relie cette fois le poste des Appalaches au Québec à celui de Lewiston, dans le sud du Maine. À cet endroit, la ligne doit se connecter au réseau existant de la Nouvelle-Angleterre.

Infographie du tracé du projet New England Clean Energy Connect, jusqu'à Lewiston, dans le sud du Maine.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tracé du projet New England Clean Energy Connect, jusqu'à Lewiston, dans le sud du Maine.

Photo : Radio-Canada / Christian Goupil

Ici encore, le projet a suscité de l'opposition de la part notamment d'environnementalistes, d'associations de randonneurs, de loisirs, de chasseurs, de pêcheurs ou encore de motoneigistes qui dénoncent l'impact négatif qu'aura ce couloir sur les forêts et les cours d'eau du Maine.

Outre son impact environnemental, on craint que la ligne de transport nuise à l’industrie récréotouristique en dévalorisant les paysages et les activités de plein air qui font vivre la région traversée par la célèbre Appalachian Trail.

Les opposants qui avaient obtenu la tenue d'un référendum dans l'État à l'automne 2020 sur le projet NECEC ont finalement été déboutés devant les tribunaux du Maine, qui ont jugé inconstitutionnelle la tenue de ce plébiscite.

Au Québec, la ligne électrique qui doit parcourir 103 kilomètres jusqu’à la municipalité de Frontenac, utilise des lignes existantes sur 72 % du tracé. Peu de voix s’élèvent contre le projet de ce côté de la frontière, sauf à Thetford Mines, où la ligne doit passer près de maisons.

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