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Un magnat de la Colombie-Britannique obtient le feu vert pour poursuivre Twitter

Frank Guistra a été lié sur Twitter à des théories conspirationnistes non fondées impliquant de la pédophilie.

L'homme d'affaires et philanthrope de la Colombie-Britannique Frank Giustra prend la parole lors d'un événement de la Fondation Clinton. Derrière lui se tient l'ancien président américain Bill Clinton.

Fondateur de Lionsgate Entertainment et PDG du groupe Fiore, Frank Giustra est proche du couple Clinton.

Photo : Associated Press / Frank Franklin

Radio-Canada

Le milliardaire Frank Giustra a reçu l’autorisation d’un juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique de poursuivre Twitter dans une cour de la province. Le magnat de West Vancouver tente de poursuivre la plateforme sociale depuis 2019, pour avoir publié ce qu'il appelle des micromessages « faux et diffamatoires ».

Dans une décision rendue jeudi, le juge Elliott Myers soutient que les liens et la présence de Frank Giustra dans la province, jumelés à la possibilité que les gazouillis aient été vus par près de 500 000 utilisateurs de Twitter en Colombie-Britannique, permettent à la cour d’avoir juridiction dans cette poursuite.

Cela constitue une victoire non seulement pour le philanthrope, dont les activités lui ont valu de devenir membre des Ordres du Canada et de la Colombie-Britannique, mais aussi pour les plaignants canadiens qui essaient de faire porter la responsabilité des contenus diffusés sur leurs plateformes à l’extérieur des États-Unis aux réseaux sociaux américains.

Gros plan de Frank Guistra qui porte une décoration de l'Ordre de la Colombie-Britannique.

Frank Guistra, décoré de l'Ordre de la Colombie-Britannique en 2016, a lancé une poursuite contre Twitter.

Photo : Gouvernement de la Colombie-Britannique

Le « Pizzagate »

L’homme d'affaires de la Colombie-Britannique est en croisade contre Twitter à cause d’une série de gazouillis le liant à des théories conspirationnistes non fondées impliquant de la pédophilie, et Hillary et Bill Clinton, dont il est proche.

M. Guistra dit avoir été victime d'une attaque ciblée sur Twitter de la part d'un groupe qui avait décidé de le diffamer à des fins politiques dès février 2015. Selon lui, ces attaques se sont intensifiées lors des élections américaines de 2016.

Dans une déclaration, le plaignant a dit avoir hâte de poursuivre la démarche juridique dans la province où il a bâti sa réputation comme fondateur de Lionsgate Entertainment.

J’espère que cette poursuite va éveiller les consciences sur les préjudices à la société lorsque les plateformes de réseaux sociaux n'ont pas à assumer la responsabilité des contenus publiés sur leurs sites, a déclaré le principal intéressé. Je crois que les mots importent, et les récents événements ont démontré que les discours haineux peuvent inciter à la violence et avoir des conséquences mortelles.

Frank Giustra a déposé la poursuite pour diffamation en avril 2019, cherchant à forcer Twitter à retirer des gazouillis qui le qualifient de corrompu et de criminel. Des internautes l'accusent d'être impliqué dans le Pizzagate, une théorie du complot de trafic sexuel d'enfants.

Aucune de ces allégations n’a été prouvée devant les tribunaux.

Les liens de Frank Giustra avec la province sont indéniables, tranche le juge

Twitter n’a pas encore répondu aux allégations, ayant plutôt choisi de contester la recevabilité de la cause.

L'entreprise, établie en Californie, a tenté de faire valoir qu’elle ne fait pas d’affaires en Colombie-Britannique et que le plaignant s’est appuyé sur ses origines britanno-colombiennes pour mener cette action en justice, sachant que cette démarche lui serait refusée aux États-Unis en raison du premier amendement de la Constitution, qui protège la liberté d’expression.

La société avançait que Frank Giustra a davantage été touché par cette affaire aux États-Unis où, dit Twitter, il passe la majorité de son temps, possède de multiples propriétés et promeut ses intérêts dans l’industrie du divertissement.

Le cas illustre les difficultés de la diffamation liée à la juridiction, dans la mesure où la publication de commentaires diffamatoires a lieu dans plusieurs pays où le plaignant doit protéger sa réputation , a dit Elliott Myers.

Or, les liens de M. Giustra avec la Colombie-Britannique sont indéniables, selon le juge, qui autorise la poursuite.

Selon les informations de Jason Proctor

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