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Pendant un mois, Ottawa ne recevra que 50 % des vaccins de Pfizer-BioNTech attendus

Une infirmière tient une capsule contenant le vaccin Pfizer/BioNTech dans sa main.

Le Canada doit recevoir 4 millions de doses du vaccin de Pfizer-BioNTech d'ici la fin du mois de mars.

Photo : The Associated Press / Frank Augstein

Pfizer va réduire ses livraisons de vaccins contre la COVID-19 au Canada d'environ 50 % au cours des quatre prochaines semaines, a annoncé vendredi le major-général Dany Fortin.

La ministre fédérale des Services publics et de l'Approvisionnement, Anita Anand, avait annoncé une réduction des doses livrées au Canada et dans d'autres pays plus tôt dans la journée, mais sans pouvoir les chiffrer.

Ces réductions sont causées par des travaux que la pharmaceutique américaine doit effectuer pour accroître sa capacité de production à son usine de Puurs, en Belgique.

Ces travaux d'expansion font en sorte que Pfizer réduit temporairement ses livraisons à tous les pays qui reçoivent des vaccins produits dans ses installations européennes, et cela inclut le Canada.

Une citation de :Anita Anand, ministre fédérale des Services publics et de l'Approvisionnement

Il y aura un impact minimal la semaine prochaine, puisque la commande du Canada était en train d'être réglée au moment de l'annonce, a précisé le major-général Fortin, responsable de la logistique entourant la distribution de vaccins au pays.

Par la suite, Ottawa devrait recevoir le quart des doses attendues lors de la semaine du 25 janvier, puis la moitié et les deux tiers de ce qui était attendu pour chacune des deux premières semaines de février.

Les livraisons augmenteront ensuite de façon considérable, de sorte que le Canada devrait recevoir comme prévu les quatre millions de doses du vaccin de Pfizer-BioNTech qu'il attendait d'ici la fin du mois de mars.

Les allocations vont augmenter tout au long des mois de février et mars chez Pfizer pour compenser l'impact de leurs baisses de production au cours des prochaines semaines.

Une citation de :Le major-général Dany Fortin, responsable de la logistique de la distribution de vaccins

Ça fait mal maintenant, mais cela va s'améliorer de façon significative fin février, a commenté le major-général Fortin, confirmant de ce fait une évidence : les campagnes de vaccination des provinces devront sérieusement ralentir.

Vendredi dernier, le major-général avait annoncé que 208 650 doses du vaccin de Pfizer-BioNTech seraient livrées au pays chaque semaine d'ici la fin de janvier, puis que ce nombre passerait à environ 365 000 doses par semaine en février.

Si l'on se fie à ces estimations, le Canada recevra plutôt un peu plus de 52 000 doses du vaccin la semaine du 25 janvier, puis un peu plus de 182 000 et de 243 000 pour les deux semaines de février.

Au cours de ces trois semaines, Pfizer livrerait donc 478 000 doses de vaccin au Canada plutôt que 940 000.

Malheureusement, il faut s’attendre à de tels délais […] quand les chaînes d’approvisionnement mondiales sont étirées à leur limite.

Une citation de :Anita Anand, ministre fédérale des Services publics et de l'Approvisionnement

Anita Anand a aussi dit croire que tous les pays qui reçoivent des vaccins de Pfizer-BioNTech fabriqués en Europe seront traités de façon équitable par la pharmaceutique.

L'objectif reste le même, assure Trudeau

En conférence de presse vendredi avant-midi, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a assuré que ces retards de livraisons n'auront aucune incidence sur l'objectif du gouvernement, soit que tous les Canadiens qui le veulent seront vaccinés d'ici la fin du mois de septembre.

Oui, on est en train de faire face à un défi au niveau de la production et de la distribution à travers le monde, mais on pouvait s’y attendre. C’est une nouvelle production massive de vaccins, et c'est normal que certaines compagnies font face à certains défis.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

C’est pour ça qu’on s’est assuré de signer des ententes avec beaucoup de différentes compagnies […] et qu’on a sécurisé un accès à plus de doses potentielles [de vaccin] par personne que n’importe quel autre pays, a-t-il souligné.

Québec revoit son calendrier

À Québec, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a tweeté en soirée qu'en raison de la baisse de la capacité de production de Pfizer, 86 775 des 176 475 doses qui étaient prévues d’ici le 8 février ne pourront être livrées.

Nos équipes travaillent déjà à établir une nouvelle planification de distribution des doses, a-t-il ajouté.

Le calendrier de vaccination du gouvernement Legault (Nouvelle fenêtre), qui prévoyait que 46 800 doses seraient livrées dans la semaine du 18 janvier, 46 800 autres doses dans celle du 25 janvier et 82 875 doses dans la semaine du 1er février, a été ajusté. Il prévoit maintenant la réception de 41 925 doses, 8775 doses et 39 000 doses successivement.

Son attachée de presse Marjaurie Côté-Boileau a aussi fait valoir vendredi que ce retard annoncé ne faisait que renforcer [le] choix de Québec d'offrir une deuxième dose de ce vaccin dans un délai pouvant atteindre 90 jours, plutôt que 21, comme le recommande Pfizer.

Pfizer dit reculer pour mieux sauter

Dans un message transmis à l'AFP, Pfizer a confirmé que ses livraisons de vaccins en dehors des États-Unis allaient ralentir fin janvier-début février, le temps de modifier le processus de fabrication et ainsi augmenter la cadence pour les semaines suivantes.

Pfizer travaille d'arrache-pied pour livrer plus de doses que prévu initialement cette année avec un nouvel objectif déclaré de 2 milliards de doses en 2021, a justifié le groupe, qui précise que les modifications à effectuer dans la structure de production nécessitent des approbations réglementaires supplémentaires.

Par conséquent, il pourrait y avoir des fluctuations dans les calendriers de commandes et de livraisons dans l'usine de Puurs dans un avenir proche pour nous permettre d'augmenter rapidement les volumes de production, est-il ajouté.

Ce contretemps dans l'usine de Puurs ne touchera pas les États-Unis, où les vaccins développés par Pfizer en collaboration avec BioNTech sont fabriqués sur le site de Kalamazoo dans le Michigan, a par la suite précisé à l'AFP une porte-parole du groupe.

Pfizer a par ailleurs garanti à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen que les doses attendues par l'Union européenne sur l'ensemble du premier trimestre seront bien livrées comme prévu.

La Norvège avait plus tôt dans la journée annoncé qu'elle avait été avertie par Pfizer d'une réduction temporaire des livraisons. Le pays s'attend à une baisse de 17,8 % des volumes de doses par rapport à ses prévisions.

Parallèlement, les ministres de la Santé de six autres pays de l'Union européenne ont exprimé vendredi leur sérieuse préoccupation quant à ces retards de livraison.

Dans une lettre commune, les ministres du Danemark, de l'Estonie, de la Finlande, de la Lituanie, de la Lettonie et de la Suède dénoncent une situation inacceptable qui porte préjudice à la crédibilité du processus de vaccination.

Berlin dit cependant avoir la garantie que les quantités promises pour l'ensemble du premier trimestre seront livrées avant l'échéance de celui-ci.

L'Allemagne dit encore attendre de la Commission européenne qu'elle crée la clarté et la sécurité pour les livraisons futures et les dates de livraison aussi rapidement que possible dans les négociations avec Pfizer.

Avec les informations de Agence France-Presse

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