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L'engouement des Canadiens pour les destinations soleil ne se dément pas

Une femme pose pour une photo à la plage.

Une femme pose pour une photo sur la plage à Cancún, dans l'État de Quintana Roo au Mexique.

Photo : Getty Images / PEDRO PARDO

Radio-Canada

Des milliers de Canadiens font fi des recommandations des gouvernements fédéral et provinciaux d’éviter les déplacements à l’étranger, alors que la crise de la COVID-19 ne cesse de s’aggraver.

Les transporteurs aériens canadiens ont assuré plus de 1500 vols entre le Canada et 18 destinations soleil depuis le 1er octobre.

Des Canadiens, dont des membres de l’auditoire de CBC News, se demandent pourquoi les autorités n’ont pas tout simplement interdit les voyages au vu des récentes démissions de personnalités publiques et de fonctionnaires pour avoir dérogé aux recommandations des gouvernements.

Tous les fonctionnaires disent que rester chez soi sauve des vies, mais les gens peuvent prendre l'avion et aller en Floride? Pourquoi l'aéroport n'est-il pas fermé pour ce genre déplacement? s’interrogent-ils.

Depuis près d’un an, le gouvernement fédéral conseille aux Canadiens d'éviter tout voyage non essentiel à l'extérieur du pays, sans en clarifier les balises.

Le Mexique et la Jamaïque en tête de liste

Des musiciens sur une plage au Mexique.

Des musiciens itinérants Los Compas chantent pour un couple sur la plage de Mamitas Beach à Playa del Carmen, au Mexique.

Photo : Associated Press / Emilio Espejel

CBC News a suivi les vols canadiens sans escale à destination et en provenance de lieux de vacances populaires, et ce, en utilisant les données de Flightradar24.com entre le 1er octobre 2020 et le 16 janvier 2021.

Sur les 1516 vols analysés, les destinations les plus populaires comprenaient 214 vols entre Toronto et Montego Bay, en Jamaïque, et 183 vols entre Montréal et Cancún, au Mexique.

La semaine dernière, WestJet a annoncé qu'elle réduisait ses activités, suspendant plusieurs liaisons vers des destinations soleil, notamment les vols d'Edmonton et de Vancouver vers Cancún et Puerto Vallarta, au Mexique. La compagnie a expliqué qu’elle faisait toujours face à une demande volatile et à de l'instabilité.

Air Canada a également fait état d’une situation préoccupante. La capacité globale de son réseau – le nombre de sièges qu'elle met en vente – est en baisse de 80 % par rapport à 2019.

Le vrai problème ici, c'est que nous devons recommencer à voyager en toute sécurité au Canada, car c'est très important pour l'économie, des centaines de milliers d'emplois en dépendent directement et indirectement.

Peter Fitzpatrick, porte-parole d'Air Canada

Malgré une chute spectaculaire au printemps dernier, le trafic aérien de huit aéroports canadiens vers le Mexique et les Caraïbes est en train de reprendre, si l’on se fie au suivi effectué par CBC News.

Égoïsme?

Des touristes sur la plage.

Des touristes se promènent sur la plage de Punta Cana, en République dominicaine.

Photo : Getty Images / Daniel Slim

Raywat Deonandan, professeur d'épidémiologie à l'Université d'Ottawa, affirme qu'une petite partie de la population canadienne choisit de ne pas tenir compte des conseils de santé publique, mettant ainsi en danger les pays qu'ils visitent.

Tout le monde a ses raisons […] Peut-être qu'ils ont besoin d'une sorte de soulagement du stress, a-t-il ajouté.

M. Deonandan pense que l'interdiction de voyager pourrait provoquer des réactions de rejet et de désobéissance civile. Ce serait difficile à vendre politiquement et économiquement, d'autant plus que la fin de la pandémie est à l’horizon avec l'introduction des vaccins.

Pour donner la priorité à la santé publique, le gouvernement aurait dû être beaucoup plus clair et indiquer aux Canadiens dès le début ce qui constitue, ou non, un voyage essentiel, a fait remarquer Raywat Deonandan.

Je pense qu'une bonne règle de base est que si le but premier de votre voyage est de vous divertir, il ne devrait pas être autorisé.

Raywat Deonandan, professeur d'épidémiologie à l'Université d'Ottawa

Il a rappelé que les Centres américains de contrôle des maladies (CDC) classent les destinations de vacances dans les Caraïbes au niveau 4, soit un risque très élevé pour la COVID-19.

Le gouvernement fédéral, qui demande aux Canadiens d'éviter les voyages non essentiels à l'étranger, indique sur son site web qu’il appartient à l'individu de décider ce que cela inclut.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a reconnu cette semaine que le manque de clarté sur cette question était source de confusion.

Je sais qu'essentiel signifie différentes choses pour différentes personnes. Nous avons 15 millions de personnes en Ontario, chacune ayant sa propre situation, a déclaré M. Ford lors d'une conférence de presse mardi.

Un pari risqué

L'Agence de la santé publique du Canada a signalé des expositions potentielles au COVID-19 sur près de 500 vols internationaux depuis le 1er décembre 2020. Parmi ceux-ci, 87 vols étaient à destination ou en provenance des destinations de vacances du Sud.

Bien que les cas connus au Canada liés à des voyages internationaux ne représentent que 1 % du nombre total des infections au pays, les experts avertissent que cela représente tout de même 4239 expositions et contacts liés à un voyageur.

Le Canada a récemment renforcé les contrôles dans les aéroports et a imposé la semaine dernière une nouvelle obligation à tous les voyageurs entrant au Canada de fournir la preuve d'un test COVID-19 négatif. Les experts affirment que ces tests ne sont pas fiables à 100 % et que les gens ne doivent pas supposer qu'ils peuvent contrôler leur exposition à l'étranger.

Vous ne pouvez pas contrôler qui est dans l'avion avec vous. Vous ne pouvez pas contrôler la nature et l'environnement de l'aéroport lorsque vous arrivez. Vous ne pouvez pas contrôler la qualité hygiénique du taxi que vous prenez de l'aéroport à votre destination, a lancé M. Deonandan, implorant les Canadiens de penser au bien commun avant de voyager à l'étranger.

Avec les informations de Dave Seglins, Joseph Loiero et Roberto Rocha de CBC News

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