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Pourquoi est-il essentiel de lutter contre la propagation du nouveau variant?

Une modélisation de virus en 3D.

Les experts affirment que le nouveau variant se répand plus facilement et plus rapidement. Il serait 50 % à 70 % plus contagieux que les autres souches.

Photo : getty images/istockphoto / vchal

La Presse canadienne

De nouveaux cas d'une version plus transmissible du virus de la COVID-19 sont apparus récemment au Canada, et les experts s'inquiètent de ce que cela pourrait signifier, alors que la maladie se propage déjà à grande vitesse.

Des études suggèrent que le variant qui est apparu pour la première fois au Royaume-Uni avant de proliférer dans plusieurs pays est de 50 % à 70 % plus transmissible que les souches antérieures.

Plus tôt cette semaine, l'Ontario a signalé huit nouveaux cas du variant, étiqueté B.1.1.7. Aucun lien de voyage n'a été trouvé pour trois d'entre eux, ce qui suggère que la forme la plus contagieuse se répand peut-être déjà dans la communauté.

Le fait que cela arrive à un moment où les cas augmentent dans de nombreuses régions du pays, cela aggrave certainement les choses, a déclaré le Dr Ilan Schwartz, professeur agrégé spécialisé en maladies infectieuses à l'Université de l'Alberta.

Nous devons prendre cela au sérieux - pas seulement les nouveaux variants, mais le virus en général - et supprimer la transmission autant que possible afin que nous puissions éliminer les mauvaises surprises comme celle-ci.

Une citation de :Ilan Schwartz

Bien qu'il n'y ait aucune preuve que le variant B.1.1.7 produit une maladie plus grave, son taux accru de transmissibilité le rend plus menaçant, selon les experts. Un virus qui se propage dans la communauté conduit plus facilement à une augmentation des hospitalisations et des décès une fois qu'il pénètre dans des populations plus vulnérables.

Cynthia Carr, épidémiologiste à Winnipeg, affirme que le variant n'a pas besoin d'être plus sévère pour être grave.

Nous ne voulons pas effrayer les gens, mais nous ne voulons pas non plus que les gens pensent, OK, c'est juste une autre souche, a expliqué Mme Carr.

Il n'y a aucune preuve que le variant lui-même est plus dangereux, mais il n'y a pas non plus de preuve qu'il a moins d'impact.

Une citation de :Cynthia Carr

Mme Carr dit que les scientifiques ont observé plus de charges virales chez les personnes infectées par le variant, ce qui les rend plus contagieuses.

Des mutations dans le matériel génétique du virus ont également rendu le variant plus transmissible en lui permettant de mieux se fixer à nos cellules.

Voyez cette protéine de pointe comme un aimant qui colle encore plus vite et plus fort, a illustré Mme Carr.

Elle entre et se reproduit et progresse dans notre corps, puis propage [le virus] à quelqu'un d'autre.

Une citation de :Cynthia Carr

Des études britanniques ont montré que même avec des mesures restrictives, le variant se propageait avec une valeur R de 1,45 – chaque cas positif infectait 1,45 autre personne – au lieu du taux de 0,95 de propagation de l'ancienne version pendant les mêmes restrictions de santé publique.

C'est ainsi qu'un variant peut rapidement devenir dominant, explique Mme Carr.

Il a juste besoin de quelques chances d'être entouré de groupes de personnes, et il se répandra rapidement.

Une citation de :Cynthia Carr

Les experts disent qu'il n'y a actuellement aucune preuve que le B.1.1.7 demeure viable sur les surfaces plus longtemps ou se propage mieux à l'extérieur que l'autre version du virus. Les mesures de santé publique que nous pratiquons actuellement – se laver les mains, garder une distance de deux mètres et porter un masque – devraient donc fonctionner.

Mme Carr conseille d'être prudent par temps froid, cependant, parce que l'air sec peut permettre aux gouttelettes virales – du nouveau variant ou non – de flotter plus longtemps avant de toucher le sol.

Le médecin-chef de l'Ontario a déclaré lors d'une conférence de presse, jeudi, que la présence du nouveau variant ajoutait une pression supplémentaire à être rigoureux avec les mesures visant à réduire la propagation.

Avec les mesures en vigueur, nous pouvons réduire tout mouvement afin qu'il ne devienne pas dominant, a dit le Dr David Williams, faisant référence aux ordres plus stricts de rester à la maison que la province a imposés jeudi.

Le B.1.1.7 n'est pas le seul variant qui pourrait causer des problèmes, et le Dr Ross Upshur de l'École de santé publique de l'Université de Toronto affirme que les scientifiques surveillent un variant récemment originaire d'Afrique du Sud et un autre venant du Brésil.

Et il y en a probablement plus, car plus vous regardez, plus vous en trouvez.

Une citation de :Ross Upshur

Les variants sont découverts à l'aide du séquençage génomique, un processus où le matériel génétique du virus est analysé pour détecter les différences entre les souches. Un variant peut devenir une nouvelle souche lorsque suffisamment de mutations l'ont considérablement modifié.

Le Dr Upshur dit qu'il n'est pas surprenant que des cas soient détectés au Canada, mais que c'est inquiétant.

Les projections de l'impact du nouveau variant signifient que les taux de transmission déjà exceptionnellement élevés à travers le Canada deviendraient encore plus élevés à court terme, a-t-il déclaré.

Mais indépendamment du nouveau variant, nous devons être plus prudents […] Nous sommes dans une situation vraiment pire maintenant que nous ne l'étions au printemps. Donc nous devons retrousser nos manches.

Une citation de :Ross Upshur

Les experts ne pensent pas que le nouveau variant aura un impact sur l'efficacité de nos vaccins actuels.

Le Dr Schwartz prévient, cependant, que de plus en plus de mutations continueront de survenir à mesure que nous donnerons au virus des occasions de se reproduire et de changer.

Nous pourrions voir des mutations au point où (le virus) pourrait éventuellement échapper à une réponse à la vaccination, a-t-il indiqué, ajoutant que des injections de rappel régulières pourraient être nécessaires dans ce cas.

Plus nous permettons une propagation incontrôlée, plus nous verrons probablement des variants de mutations, conclut-il.

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