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Loi sur les langues officielles : l'opposition et la communauté acadienne déçus

Blaine Higgs en entrevue devant les drapeaux du Nouveau-Brunswick, du Canada et de l'Acadie.

Blaine Higgs doit réviser la Loi sur les langues officielles avant décembre 2021.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick a dévoilé le processus de révision de la Loi sur les langues officielles, vendredi après-midi. Le processus sera mené par deux commissaires qui seront nommés au cours des prochaines semaines.

Le premier ministre a décidé de donner un large mandat aux commissaires. En plus d'avoir la responsabilité de faire une révision de la Loi sur les langues officielles, ils seront chargés de trouver des manières d’améliorer l’accès aux deux langues officielles pour tous les gens du Nouveau-Brunswick, lit-on dans le communiqué de presse qui accompagne l’annonce.

Le premier ministre note que moins de la moitié des élèves du système scolaire anglophone qui obtiennent leur diplôme d’études secondaires sont bilingues.

Pourtant, l'éducation ne fait pas partie de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick, qui porte plutôt sur le droit des anglophones et des francophones d’obtenir des services dans la langue de leur choix (par exemple dans le système judiciaire, chez Service Nouveau-Brunswick ou dans une succursale d'Alcool NB).

Les présentations dans le cadre de la révision seront faites de manière virtuelle. Le gouvernement précise que les commissaires tiendront des audiences privées. L'objectif, selon le premier ministre est que les gens se sentent à l'aise de donneur leur opinion sans ressentir de pression externe.

Le rapport final sera cependant rendu public.

La révision doit être achevée au plus tard le 31 décembre 2021. Le dernier processus, qui s’est terminé en 2012, avait pris deux années.

Un manque de rigueur, selon les libéraux

Il s’agit d’une annonce qui était attendue de pied ferme par les partis d’opposition à Fredericton. Vendredi après-midi, le Parti libéral et le Parti vert se sont dits plutôt déçus.

Roger Melanson donne une conférence de presse devant l'édifice de l'Assemblée législative.

Roger Melanson, chef intérimaire du Parti libéral du Nouveau-Brunswick (archives)

Photo : Radio-Canada

Le chef par intérim du Parti libéral, Roger Melanson, dénonce que le processus est déclenché tard et que le premier ministre n'a pas annoncé grand chose dans le contexte. Il ajoute que le Blaine Higgs est en poste depuis deux ans et qu'il n'a même pas été capable d'annoncer les commissaires.

J'ai l'impression qu'il n'y a pas eu une grande rigueur du premier ministre pour arriver à l'annonce qu'il a fait aujourd'hui.

Une citation de :Roger Melanson, chef par intérim du Parti libéral

Roger Melanson croit que le mandat qui a été donné aux commissaires est trop large. Selon lui, le premier ministre essaie de tout mettre dans le même panier.

Il craint notamment que Blaine Higgs tente de se servir de cette réforme pour affaiblir le bilinguisme officiel au Nouveau-Brunswick

Le premier ministre semble avoir une mauvaise compréhension de sa responsabilité. C'est de faire une révision de la Loi sur les langues officielles, mais il semble aussi vouloir faire une révision de la loi sur l'Éducation, ce n'est pas du tout la même chose, il devrait revoir son objectif, dit Roger Melanson.

Les verts dénoncent « l'ignorance » du premier ministre

Le député vert de Kent-Nord, Kevin Arseneau, s'est lui aussi dit plutôt déçu du processus de révision annoncé par le premier ministre.

À ce point-ci, je ne suis plus capable de dire que c'est de l'ignorance, c'est de l'ignorance voulu. Ce qu'on voit ici c'est un premier ministre qui va challenger la loi et essayer d'en faire quelque chose d'autre.

Une citation de :Kevin Arseneau, député vert de Kent-Nord

Il croit que le premier ministre fait fausse route donnant un mandat très large aux commissaires, notamment en misant sur l'Éducation.

L'apprentissage d'une langue seconde est une responsabilité des systèmes scolaires, ce n'est pas la responsabilité de la Loi sur les langues officielles. C'est une mécompréhension de la loi, dit-il.

Kevin Arseneau, député vert de Kent-Nord, en entrevue par vidéoconférence, le 19 novembre 2020.

Kevin Arseneau, député vert de Kent-Nord (archives)

Photo : Radio-Canada

Les demandes des partis d'opposition

Le Parti libéral et le Parti vert avaient demandé la création d'un comité permanent sur les langues officielles. Ils voulaient que la révision soit menée par ce comité, mais le gouvernement Higgs a rejeté leur demande.

Les verts veulent aussi que la commissaire aux langues officielles soit dotée de plus de pouvoirs et que la dualité linguistique soit assurée dans les foyers de soins de la province.

Quant à l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, elle demande l’élimination du Commissariat aux langues officielles et l’élimination de l’obligation d’offrir des services bilingues dans toutes les régions de la province.

Au cours des derniers mois, le premier ministre avait indiqué qu’il souhaitait que la révision de la loi ratisse large et qu’elle couvre entre autres le sort des anglophones unilingues qui quittent la province et l’immersion.

La SANB craint une révision « fourre-tout »

La Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), qui souhaitait que cette révision soit menée par un comité parlementaire permanent sur les langues officielles, estime que l'exclusion des parlementaires du processus représente une occasion ratée et renforce l'image que les langues officielles sont un dossier qu'on peut traiter à l'extérieur du cadre législatif.

La SANB déplore par ailleurs le fait que le premier ministre Higgs semble vouloir faire de cette révision un dossier "fourre-tout", touchant autant à l'éducation qu'à l'immigration et à l'économie.

La Loi sur les langues officielles est d'abord et avant tout un contrat social qui repose sur des idéaux cherchant à assurer l'égalité des deux communautés linguistiques de la province, a indiqué Alexandre Cédric Doucet, président de la SANB. La révision de cette Loi doit tenir compte de la réalité historique de la province, dans l'espoir d'un jour atteindre l'égalité réelle.

Avec des informations de Pascal Raiche-Nogue et de La Presse canadienne

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