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Pas de « preuve directe » de tentatives d'assassinat au Capitole

Selon les autorités fédérales américaines, plus de 100 personnes sont détenues à ce jour dans le cadre de l'enquête sur les émeutes au Capitole.

Un homme barbu et un homme vêtu d'un costume Viking parlent à un policier.

Certains procureurs affirment que Jacob Chansley, déguisé en chaman lors de l'assaut sur le Capitole, voulait la peau de Mike Pence. Il est décrit comme un consommateur de drogue qui a des problèmes de santé mentale et qui se croit extraterrestre.

Photo : Getty Images / Win McNamee

Radio-Canada

Il n'existe pas de « preuve directe » de tentatives d'assassinat fomentées par les partisans de Donald Trump qui ont pris d'assaut le Capitole à Washington le 6 janvier, a déclaré vendredi le procureur fédéral du District de Columbia, Michael Sherwin.

Ses propos, tenus lors d'une conférence de presse, semblent réduire la portée des affirmations formulées jeudi soir par des procureurs fédéraux de l'Arizona.

Il n'y a aucune preuve directe à ce moment [de l'existence] d'équipes de capture et de mise à mort.

Michael Sherwin

M. Sherwin a déclaré qu'il semblait y avoir eu une certaine confusion chez les procureurs en partie à cause de la complexité de l'enquête et du nombre de personnes impliquées. Les procureurs ont mentionné une perspective similaire jeudi dans le cas d'un ancien officier de l'armée de l'air qui, selon eux, portait des menottes en plastique, parce qu'il avait l'intention de prendre des gens en otage.

L'enquête tentaculaire implique plusieurs villes et compétences, en partie parce qu'un grand nombre d'émeutiers sont simplement rentrés chez eux; et 13 seulement ont été arrêtés dans les instants qui ont suivi le dégagement du bâtiment.

Les procureurs se rétractent

Des procureurs de l’Arizona ont demandé, vendredi, de faire retirer la ligne indiquant que l’État détenait des preuves solides, y compris les propres paroles et actions de Chansley au Capitole, que les émeutiers avaient l'intention de capturer et d'assassiner des élus du gouvernement des États-Unis.

L’étonnante rétractation des procureurs de l’Arizona a été annoncée quelques heures après la sortie du procureur américain par intérim à Washington, Michael Sherwiun.

Selon les procureurs de l'Arizona, M. Chansley, 33 ans, a laissé une note à l'attention de M. Pence sur l'estrade du Sénat où le vice-président s'était tenu quelques minutes plus tôt, sur laquelle était écrit : Ce n'est qu'une question de temps, la justice arrive.

Un homme porte un drapeau confédéré.

Un partisan de Donald Trump à l'intérieur du Capitole mercredi

Photo : Reuters / MIKE THEILER

La justice, une question de temps

M. Chansley, âgé de 33 ans, a comparu vendredi devant un tribunal fédéral de l'Arizona. Une juge fédérale de Phoenix, en Arizona, Deborah Fine, a statué que M. Chansley devra rester derrière les barreaux en attendant la tenue de son procès, puisque ce dernier a participé à une insurrection violente. Elle estime qu’il représente un danger pour la communauté et qu’il risque de prendre la fuite pour échapper à la justice.

M. Chansley a participé activement à une violente insurrection qui avait pour objectif de renverser le gouvernement des États-Unis.

La juge Deborah Fine

Pendant qu'elle rendait sa décision, Jacob Chansley a tenté de l’interrompre et il a essayé de parler, mais la juge lui a coupé la parole en lui suggérant d’éviter de faire des déclarations devant la Cour.

Jacob Chansley est un vétéran de la marine américaine devenu conspirationniste QAnon. Cette mouvance complotiste d'extrême droite perçoit la prise du Capitole comme un triomphe. M. Chansley a été photographié torse nu en tenue de chaman à cornes dans le bureau du vice-président Mike Pence durant l'émeute.

Selon les procureurs, M. Chansley est un consommateur régulier de drogue et il a probablement des problèmes mentaux.

Chansley a parlé ouvertement du fait qu'il croit être un extraterrestre, une entité supérieure, et qu'il est ici sur Terre pour s'élever vers une autre réalité.

Extrait du dossier du secrétariat à la Justice

Durant cette journée de chaos au cœur du pouvoir exécutif américain, des élus ont dû se terrer, car ils craignaient pour leur vie, et au moins cinq personnes, dont un policier, ont perdu la vie.

Les autorités ont engagé des poursuites contre des émeutiers, dont un homme qui a brandi le drapeau confédéré dans le Capitole, un autre qui portait un chandail Camp Auschwitz et un champion olympique de natation.

De longues enquêtes débutent

Le département de la Justice traite une centaine de dossiers pénaux liés aux événements du 6 janvier. L'identité de 270 suspects a été précisée dans le cadre de l'enquête sur l'attaque du Capitole, a déclaré le FBI, et plus de 100 personnes impliquées dans les événements attendent leur sort derrière les barreaux.

Des partisans pro-Trump sont réunis, dont certains se trouvent debout ou accrochés à une palissade.

Le 6 janvier, après un discours de Donald Trump, des partisans du président américain ont fait intrusion dans le Capitole, usant de violence pour pénétrer dans l'édifice.

Photo : Getty Images / Spencer Platt

Les enquêteurs de Washington D.C. ont scruté plus de 140 000 vidéos et photos qu’ils détiennent en preuve du siège du Capitole. Des documents de Cour suggèrent que certains des émeutiers sont arrivés préparés et munis d'armes à feu, de masques à gaz, de gilets pare-balles et de colliers de serrage en plastique (tie wraps).

Les réseaux sociaux ont commencé à s'en prendre aux adeptes de Donald Trump, selon qui le président mènerait une guerre secrète contre une secte de satanistes pédophiles gauchistes et cannibales.

M. Trump a été accusé mercredi, dans le cadre d'une procédure de destitution, d'incitation à l'insurrection, pour avoir encouragé ses partisans à marcher sur le Congrès.

Plus de 25 000 soldats de la Garde nationale ont été mobilisés à Washington, dont le centre était verrouillé tôt vendredi, par crainte de nouvelles violences lors de l'investiture du président désigné Joe Biden le 20 janvier.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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