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Des centaines d’infirmières réaffectées vers les urgences des hôpitaux

Médecins et infirmières portant des blouses chirurgicales, des lunettes et des masques se préparent à une intervention.

Du personnel médical dans une salle de soins intensifs

Photo : Getty Images

Le manque d’infirmières aux urgences et aux soins intensifs des hôpitaux de la région de Montréal est si aigu que des centaines d’infirmières d’autres secteurs y sont réaffectées. Une situation qui préoccupe la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

Certaines infirmières proviennent des GMF et des CLSC, tandis que d’autres arrivent des blocs opératoires des hôpitaux.

Comme l’affirme la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, aujourd’hui, on n’a plus le choix, c'est une des seules portes de sortie pour les hôpitaux du grand Montréal. On n’a pas 18 solutions [...] c’est une des seules portes de sortie.

Une compilation de Radio-Canada effectuée auprès de 6 des 11 établissements de la grande région de Montréal indique qu’au moins 350 infirmières ont été réaffectées ces derniers temps vers d’autres soins prioritaires liés à la COVID-19.

Au CISSS de Lanaudière, par exemple, 108 infirmières et 13 infirmières auxiliaires étaient réaffectées ou déplacées vers les hôpitaux de notre établissement, précise la porte-parole de l’établissement.

À Laval, elles étaient plus d’une centaine.

Au CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, 35 infirmières de l’interne de l’hôpital ont été déplacées vers une unité chaude, tandis que 15 infirmières de nos autres secteurs hors hospitaliers ont été transférées dans les hôpitaux, nous écrivait-on il y a quelques jours.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Manque criant d'infirmières

Ces déplacements significatifs de personnel infirmier préoccupent le président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

C’est pas vrai que ces gens-là sont interchangeables, soutient Luc Mathieu. Prendre quelqu’un en pédiatrie ou en soins de longue durée et l’amener aux soins intensifs, c’est préoccupant pour nous comme Ordre. Très préoccupant au niveau de la qualité et de la sécurité des soins.

Ce dernier dit avoir demandé au ministère de la Santé et des Services sociaux de faire enquête au sujet d’un hôpital qui n’aurait offert que quelques heures de formation aux professionnels infirmiers réaffectés aux soins intensifs, alors que ça prend généralement trois mois.

Un enjeu qui préoccupe également la présidente de la FIQ.

Il faut dire que seulement 15,3 % du personnel infirmier au Québec travaille en soins critiques, que ce soit aux urgences ou aux soins intensifs.

L’an dernier, l’OIIQ comptait plus de 73 000 infirmières au Québec, avec une hausse record en 20 ans de 2,2 % par rapport à 2019.

Près de 9 % travaillaient dans le secteur privé, un pourcentage qui pourrait s’avérer plus élevé lors du prochain bilan en avril prochain.

La cohabitation des infirmières d’agences qui viennent remplacer au public [...] ça devient dévastateur, rappelle la présidente de la FIQ, Nancy Bédard. Il faut voir rapidement à rétablir l’équilibre.

La pénurie de personnel a d'ailleurs provoqué un sit-in à l’Hôpital Notre-Dame.

Exaspérées par leurs conditions de travail, une quinzaine d’infirmières ont diffusé la nuit dernière sur les réseaux sociaux un message au nom de l’équipe de l’urgence Notre-Dame : On est présentement en moyen de pression, en sit-in [...] de plus en plus d’infirmières sont obligées de rester en temps supplémentaire obligatoire contre leur gré, faut que ça change.

Comme le fait remarquer Françoise Ramel, présidente par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de santé du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, elles font en moyenne 200 heures supplémentaires par année [...] Au global, c’est 18 000 heures ou l’équivalent de 10 infirmières temps complet.

Ines Achour, infirmière à l'hôpital Notre-Dame

Ines Achour, infirmière à l'hôpital Notre-Dame

Photo : Radio-Canada

Pour Ines Achour, infirmière à l'urgence de l'Hôpital Notre-Dame, hier c'était comme le déclic, la goutte qui a fait déborder le vase [...] on se fait dire qu'il y a des moins sept, moins huit, alors qu'en moyenne une équipe, c'est 13 employés.

Il y a un mois, le premier ministre du Québec François Legault se réjouissait d’avoir conclu une entente avec les infirmières.

D'abord, on va ajouter 1500 postes d'infirmières, disait-il. On va ajouter des primes importantes pour convaincre des infirmières qui sont à temps partiel de devenir des infirmières à temps plein. Ça va permettre de réduire les heures supplémentaires de tout le monde.

Avec la collaboration de Maryanne Dupuis

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