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COVID-19 : les hôpitaux ontariens doivent se préparer à avoir recours au triage

Un infirmier au chevet d'un patient.

388 personnes sont actuellement traitées dans les unités de soins intensifs de l'Ontario, selon le dernier bilan de la santé publique.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Radio-Canada

Alors que les unités de soins intensifs de la province continuent de voir une augmentation de la demande de soins intensifs en raison de la COVID-19, les médecins doivent se préparer à déterminer qui sera traité et qui ne le sera pas en cas de pénurie de respirateurs artificiels.

Le directeur médical des soins intensifs de l'hôpital Michael Garron, le Dr Michael Warner, a déclaré jeudi que les médecins des unités de soins intensifs (USI) de toute la province ont été invités à se préparer à avoir recours au triage des patients, lorsque la demande aux soins intensifs dépassera l'offre.

Aucune date de mise en application

Le Dr Warner a déclaré que la province a envoyé mercredi une note de service décrivant le protocole pour préparer les médecins responsables à mettre en œuvre le triage, sur instruction de la table de commande des soins intensifs, bien qu'aucune date de début n'ait été donnée jusqu'à présent.

Le public doit comprendre qu'il risque de ne pas recevoir les soins dont il a besoin, a déclaré Warner à CBC jeudi.

Je n'ai jamais été dans cette position auparavant, je ne me suis pas entraîné pour ça, a déclaré Warner. Et c'est la position dans laquelle nous pourrions être, dans quelques semaines.

Le document décrit une approche à trois niveaux du triage :

  • Dans un scénario de triage de niveau 1, les patients qui ont plus de 20 % de chances de survivre 12 mois après le début de la maladie grave sur la base d'une évaluation de leur présentation clinique au moment du triage doivent être classés par ordre de priorité.
  • Au niveau 2, les patients qui ont plus de 50 % de chances de survivre 12 mois après le début de la maladie grave doivent être classés en priorité.
  • Au niveau 3, les patients qui ont plus de 70 % de chances de survivre 12 mois après le début de la maladie grave doivent être classés en priorité.

En ce moment, s'il y a un patient à qui j'offrirais normalement un soutien vital, au lieu de le lui offrir, si nous sommes en triage, je passe en revue son risque de mortalité à court terme, qui est une liste de contrôle pour déterminer ou estimer quelle est la probabilité qu'il soit en vie 12 mois après sa maladie grave, a résumé le Dr Warner.

Une solution de dernier recours, dit le mémo

La note de service indique que la norme de soins est basée sur un document du 11 septembre 2020 intitulé Triage des soins intensifs lors d'une poussée majeure de la pandémie COVID-19 : cadre proposé pour l'Ontario, qui a été mis à jour le 12 janvier et préparé par la Table de bioéthique COVID-19 de l'Ontario.

Si la demande de ressources en soins intensifs dépasse le nombre de personnes qui peuvent être gérées en toute sécurité avec les ressources disponibles (y compris les ventilateurs, les fournitures et le personnel qualifié), il est inévitable que certains qui auraient pu en bénéficier autrement ne le recevront pas et, par conséquent, certains qui auraient autrement vécu mourront, souligne le mémo.

Jeudi, 388 personnes étaient traitées en soins intensifs en Ontario.

De nouvelles modélisations présentées mardi projettent le double d'ici le début du mois de février, soit près de 800 patients aux soins intensifs si la croissance actuelle de 3 % demeure inchangée, et près de 1000 si le taux de croissance quotidien bondit à 5 %.

La note indique que le triage des soins intensifs en cas de surtension majeure doit être considéré comme une option de dernier recours et ne doit être invoqué que lorsque toutes les ressources locales et régionales existantes en soins intensifs ont été utilisées, toutes les tentatives raisonnables ont été faites pour déplacer les patients ou les ressources des régions où la disponibilité des ressources de soins intensifs est plus grande, et seulement aussi longtemps que dure la poussée majeure.

Du personnel médical transporte un patient installé dans un lit médical vers l'intérieur d'un hôpital.

Les médecins des soins intensifs de toute la province ont été invités à se préparer à avoir recours au triage dans les soins intensifs, suivant un ensemble de critères, selon le Dr Michael Warner.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Il y a une semaine, la province a commencé à avertir les hôpitaux de se préparer au transfert des patients depuis les hôpitaux déjà débordés vers les autres.

Plusieurs transferts ont d'ores et déjà été effectués dans le Sud-Ouest de la province, particulièrement sous pression.

Compte tenu de l'évolution de la situation dans les hôpitaux de l'Ontario, le système de soins de santé se prépare à une augmentation importante du nombre de patients gravement malades dépassant les ressources en soins intensifs dans toute la province, a commenté le Dr Andrew Baker, chef du centre de commande des soins critiques de l'Ontario, à CBC.

Pour aider la communauté des soins intensifs à planifier et garantir une approche commune dans tout le système, des informations sur la formation et des outils normalisés ont récemment été partagés avec le secteur des soins intensifs afin qu'il puisse apprendre à opérationnaliser rapidement une norme de soins d'urgence pour l'admission aux soins intensifs, si jamais elle se révèle nécessaire, a-t-il déclaré.

Avec les informations de CBC

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