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Biden dévoile son plan de relance de 1900 G$ US

Les mesures doivent répondre à l'urgence, et empêcher le pays de s'enfoncer plus avant dans la crise.

Le président désigné des États-Unis en point de presse

Joe Biden veut envoyer des chèques de 1400 $ US à tous les Américains.

Photo : Getty Images / JIM WATSON

Agence France-Presse

Joe Biden a dévoilé jeudi un nouveau plan de relance d'urgence de 1900 G$ US, censé sortir les États-Unis de leur pire crise depuis les années 30, et qui sera suivi dans les prochaines semaines d'un plan d'investissements pour relancer l'économie.

Face à l'ampleur de la crise économique, on ne peut pas se permettre de rester les bras croisés, a défendu jeudi soir Joe Biden, en présentant, depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware, ces mesures d'aide baptisées plan de sauvegarde.

Chèques aux familles, fonds pour rouvrir les écoles, argent pour accélérer tests et vaccins, liquidités pour les petites entreprises, ou encore aide alimentaire renforcée : ces aides doivent répondre à l'urgence, et empêcher le pays de s'enfoncer plus avant dans la crise.

Viendra ensuite un plan d'investissements dans l'économie verte, dont les contours seront précisés dans les prochaines semaines.

Il s'agira alors de créer les millions d'emplois manufacturiers bien payés. Joe Biden a pour cela repris à son compte le Made in America cher à Donald Trump.

Imaginez un futur : "fabriqué en Amérique", "entièrement fabriqué en Amérique et entièrement par des Américains", a-t-il lancé, soulignant que l'argent des contribuables sera utilisé pour reconstruire l'Amérique. Nous achèterons des produits américains, soutenant des millions d'emplois industriels américains, a-t-il ajouté.

Biden promet un retour sur investissement

En attendant, il faudra convaincre les élus du Congrès de débloquer les 1900 G$ US du plan d'urgence.

Le rendement de l'investissement en matière d'emplois, d'égalité raciale, empêchera les dommages économiques sur le long terme, a assuré Joe Biden, anticipant les critiques sur le creusement de la dette du pays.

Les bénéfices seront bien supérieurs au coût de ce plan, a-t-il affirmé.

Les républicains risquent en effet de s'y opposer, car ils ont vanté récemment les vertus de l'orthodoxie budgétaire après avoir pourtant voté au printemps un plan d'aide de 2200 G$ US voulu par le président républicain Donald Trump.

Les responsables démocrates des deux chambres ont eux assuré de leur soutien. Nous allons nous mettre tout de suite au travail pour transformer en législation, qui sera adoptée par les deux chambres et ratifiée en loi, la vision du président élu Biden, ont dit Chuck Schumer et Nancy Pelosi dans un communiqué commun.

Une aide directe

Le texte prévoit que les Américains touchent un nouveau chèque de 1400 $ US par personne en fonction des revenus.

Le paquet de 900 G$ US adopté en décembre, considéré comme un acompte par Joe Biden, avait permis de leur mettre 600 $ US en poche. Mais les démocrates, dans une inhabituelle entente avec M. Trump, réclamaient 2000 $ US.

Alors que 18 millions d'Américains vivent toujours grâce aux allocations chômage, les aides seront prolongées jusqu'à fin septembre ainsi que la possibilité de prendre un congé maladie payé en cas de contamination à la COVID-19.

Une banque alimentaire à Bridgeport, au Connecticut.

Au Connecticut comme ailleurs aux États-Unis, les banques alimentaires ont vu leur fréquentation augmenter ces derniers mois.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier Auclair

Prolongation de la suspension des expulsions locatives et saisies immobilières jusqu'à fin septembre, ou encore aide alimentaire renforcée, figurent également dans ce texte.

Joe Biden veut également accélérer le rythme des tests et vaccinations contre la COVID-19, pour permettre à l'activité de reprendre.

Rouvrir les écoles, toujours largement fermées aux États-Unis ou fréquentées à temps partiel seulement par les élèves, fait également partie des priorités.

M. Biden s'est fixé 100 jours pour que la majorité des écoliers reprenne le chemin de l'école, permettant à leurs parents de retourner au travail, alors que les femmes ont payé un lourd tribut, et ont massivement dû démissionner ou cesser de chercher un emploi pour s'occuper de leurs enfants.

Le président élu espère aussi faire adopter le rehaussement du salaire minimum à 15 $ US de l'heure, plus du double des 7,25 $ US.

Une enveloppe est prévue pour permettre aux autorités locales et nationales de maintenir l'emploi des éducateurs, des policiers, des pompiers et des agents de santé publique.

Cette dernière mesure risque de susciter l'ire des républicains au Sénat, qui avaient bloqué fin 2020 tout plan de soutien économique comprenant des fonds pour les municipalités.

La hausse des impôts, prévue dans son programme de campagne, pour les plus grandes entreprises du pays et les personnes gagnant plus de 400 000 $ US par an, n'a toutefois pas été évoquée.

Il reviendra à Janet Yellen, qui devrait devenir secrétaire au Trésor – l'équivalent du ministre de l'Économie et des Finances – de mener les négociations avec les élus, pour le compte du gouvernement.

Si le chômage est resté stable en décembre aux États-Unis, à 6,7 %, c'est la première fois depuis mai que la situation ne s'est pas améliorée.

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