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Analyse

Toutes les questions sont-elles bonnes à poser?

Omar Alghabra.

Le ministre des Transports du Canada, Omar Alghabra

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Lors d’un remaniement ministériel comme celui de mardi à Ottawa, c’est de bonne guerre pour les partis d’opposition de critiquer les ministres concernés.

Mais M. Blanchet a cru bon de franchir un pas de plus, en soulevant des questions sur le nouveau ministre des Transports du gouvernement libéral, Omar Alghabra, de confession musulmane.

Le chef du Bloc québécois affirme dans son communiqué qu’il ne veut accuser personne. Mais Yves-François Blanchet s’interroge sur la proximité de M. Alghabra avec le mouvement islamique politique dont il a été un dirigeant pendant plusieurs années.

M. Alghabra a été président de la Fédération canado-arabe en 2004-2005. L’organisme a des positions propalestiniennes, mais se veut laïque. Thomas Woodley, le président d’un autre organisme, Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient, qui a travaillé avec M. Alghabra à cette époque, affirme que ses positions étaient modérées, loin du mouvement politique islamique.

En agissant de la sorte, le chef du Bloc pensait peut-être jouer la carte identitaire pour attirer une certaine base nationaliste au Québec.

Ses alliés diront que c’est acceptable de soulever ce genre de questions, que c’est l’équivalent de montrer du doigt des ministres créationnistes ou antiavortement dans l’ancien cabinet de Stephen Harper.

Ses adversaires diront qu’il est honteux de laisser planer le vague spectre d’une accusation sans l’appuyer avec des preuves concrètes.

Le risque est peut-être calculé. Il y a des segments de la population, au Canada comme au Québec, qui croient en une mouvance islamique cachée.

Au Québec, la CAQ joue avec succès la carte identitaire. Les conservateurs et les bloquistes y voient un modèle à reproduire pour gagner des votes lors de la prochaine élection fédérale.

Associer l’islam politique aux libéraux de Justin Trudeau n’est pas sans rappeler une des stratégies électorales du Bloc en 2015. Sa publicité sur la burqa avait réussi à torpiller la campagne du NPD et de son chef Thomas Mulcair.

Cette fois-ci, est-ce que la stratégie du Bloc l'aidera à faire des gains? On peut s’attendre à ce que cette attaque contre un ministre libéral n’incite pas les électeurs à tendance libérale à changer de camp. Mais peut-être que cela pourrait attirer l’attention de certains sympathisants conservateurs.

Les insinuations du chef du Bloc surviennent dans un contexte politique où le président de Twitter, dans le but de justifier la suspension du compte de Donald Trump, indique qu’il faut faire attention aux accusations sans fondement, que ce genre de discours et commentaires dans le monde virtuel entraîne des conséquences dans le monde réel.

Un avertissement qui vaut tant pour la politique américaine que canadienne.

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