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Les syndicats d’enseignants ontariens demandent la fermeture de toutes les écoles

Des enseignants manifestent lors d'une journée de grève en Ontario.

Les syndicats d'enseignants estiment que leurs membres ne sont pas en sécurité dans les écoles en ce moment. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Antoine Trépanier

Dans un communiqué commun, deux syndicats d’enseignants demandent à la province d’ordonner la fermeture des écoles et d'étendre l’obligation de l’apprentissage en ligne partout en Ontario jusqu’à la fin de l’état d’urgence sanitaire, décrété cette semaine.

La Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO) et l’Association des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA) estiment que ni les élèves ni les enseignants ne sont réellement en sécurité dans les écoles.

Les élèves des régions de Toronto, York, Peel, Hamilton et Windsor-Essex poursuivront l'apprentissage en ligne au moins jusqu'au 10 février.

La réouverture des écoles à l’extérieur de ces zones chaudes du Sud de la province est prévue pour le 25 janvier, même si l’état d’urgence sera alors encore en vigueur.

Dans le Nord, la plupart des écoles ont pu reprendre l’apprentissage en classe cette semaine.

On demande de fermer les écoles, comme on l’a fait en mars l’année dernière, explique Lamia Sabbagh, adjointe de direction au bureau provincial de la FEESO.

Les syndicats d’enseignants estiment qu’il est incohérent d’ordonner à la population de rester à la maison, sauf pour des raisons essentielles, tout en rouvrant les écoles dans plusieurs régions.

Nos membres sont très inquiets des dangers physiques, dans le Nord aussi, affirme Mme Sabbagh.

Je sais que les taux d’infections ne sont pas aussi élevés que dans le Sud, mais il n’y a pas de restrictions de mouvements, explique-t-elle.

« Il est très possible que quelqu’un puisse aller du Sud au Nord et qu’une infection se propage. »

— Une citation de  Lamia Sabbagh, adjointe de direction au bureau provincial de la FEESO

Anne Vinet-Roy, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), souligne que son syndicat est du même avis.

Anne Vinet-Roy accorde une entrevue par téléconférence.

La présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy

Photo : Radio-Canada

Elle rappelle que les syndicats d’enseignants de la province demandent au gouvernement depuis plusieurs mois une table de concertation pour discuter de la gestion des écoles et de l’enseignement en temps de pandémie, sans succès.

« Le plan d’ouverture [à l’automne] dès le début n’était pas approprié. Il y a des lacunes importantes que le gouvernement n’a pas adressées. Il prétend qu’il va le faire au cours des deux prochaines semaines. »

— Une citation de  Anne Vinet-Roy, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens

Entre-temps, il y a plusieurs de nos membres qui sont retournés travailler dans des lieux qui à notre avis ne sont pas sécuritaires, ajoute Mme Vinet-Roy.

Elle admet que certaines améliorations ont été apportées en ce qui concerne la ventilation, mais pas dans toutes les écoles.

« Nous avons des membres qui se font encore dire qu’il faut ouvrir les fenêtres. Il n’y a pas que dans le Nord de l’Ontario où il fait froid l’hiver. »

— Une citation de  Anne Vinet-Roy, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens

Cette solution temporaire n’en était pas une en fait, ajoute la présidente de l’AEFO.

Elle ajoute qu’il y a trop d’élèves dans beaucoup de classes.

Des parents du Nord de l’Ontario opposés à une nouvelle fermeture

La réouverture des écoles cette semaine a été bien accueillie dans le Nord, où les taux d’infections sont plus bas que dans le reste de la province.

Certains parents n'appuient donc pas la demande des syndicats.

C’est le cas de Nathalie Rainville de North Bay, mère de 3 enfants, qui met en avant le fait que les parents n’ont pas à jongler avec le travail à la maison et la présence des enfants.

Nathalie Rainville Fournier.

Nathalie Rainville préfère que les écoles restent ouvertes dans la région de North Bay.

Photo : Courtoisie : Parents partenaires en éducation

Il y a la technologie qui n’est pas toujours [fiable] dans le Nord de l’Ontario, ajoute-t-elle, en référence aux difficultés des classes virtuelles.

Chantal Chartrand, une mère de Sudbury, était très contente de pouvoir renvoyer sa fille autiste à l’école, car elle a besoin d’un soutien particulier, difficile à obtenir quand les écoles sont fermées.

« Elle a beaucoup besoin de son équipe professionnelle à l’école. »

— Une citation de  Chantal Chartrand

Elle note que même avant la pandémie, sa fille n’avait pas accès à toute l’aide nécessaire pour assurer son développement.

Nathalie Rainville et Chantal Chartrand reconnaissent qu'il faudrait réévaluer la situation si elle changeait et que les cas de COVID-19 augmentaient de manière très significative dans le Nord.

La présidente de l’AEFO dit comprendre que la demande des syndicats ne plaît pas à tous les parents.

Elle souligne que plusieurs enseignants qui ont eux-mêmes des enfants savent à quel point il est difficile de conjuguer l’enseignement à la maison et le travail des parents.

On doit faire preuve de flexibilité, parce que la situation actuelle est inhabituelle de toute façon, conclut Anne Vinet-Roy.

Le gouvernement provincial maintient le cap

Dans un courriel, Caitlin Clark, porte-parole du ministère de l’Éducation, écrit que la priorité numéro un est la sécurité des enfants, et c’est pour cette raison qu’on a prolongé l’apprentissage en ligne dans les régions où il y a des risques plus élevés.

Le ministère n'envisage donc pas de fermer toutes les écoles de la province comme le demandent les syndicats d'enseignants.

Elle note qu’il ne s’agit pas de la première fois que les syndicats demandent la fermeture des écoles et qu’ils s’opposent à l’apprentissage en ligne.

Il n’est pas surprenant, bien que regrettable, d’entendre cette opposition acharnée de leur part.

Les parents veulent que leurs enfants retournent en classe et nous sommes fermement d’accord, et notre engagement pour y parvenir est d’améliorer encore nos protocoles de sécurité et nos tests de surveillance ciblés à l’échelle de la province, ajoute Mme Clark.

Avec les informations de Bienvenu Senga

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