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Plaidoyer pour davantage de noms de lieux autochtones en Estrie

La rivière Saint-François avec, à gauche, la place Nikitotek.

La rivière Saint-François au centre-ville de Sherbrooke

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Thomas Deshaies

Alors que, selon la Commission de toponymie du Québec, près de 80 % des 15 000 toponymes autochtones ont été effacés par l’État québécois au siècle dernier, de nombreuses voix s’élèvent pour renverser la vapeur. Le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki souhaiterait notamment que la rivière Saint-François retrouve son nom d’origine, tout en préservant son appellation en langue française.

Si on recule de quelques siècles, on retrouvait beaucoup de toponymes autochtones sur le territoire, mais au début du 20e siècle, il y a littéralement eu un ménage qui a été fait, rappelle Philippe Charland, enseignant de langue abénakise.

Ainsi, de nombreux noms de lacs, de rivières et de montagnes ont été effacés des cartes officielles. Plusieurs de ces noms ont ensuite disparu de l’imaginaire collectif.

Ils ont éliminé le plus possible de toponymes autochtones pour différentes raisons. On a donné comme défaite que les noms étaient trop compliqués ou que ça ne faisait pas un assez beau portrait représentatif de la population.

Philippe Charland, enseignant de langue abénakise

Puisque la sensibilité aux enjeux autochtones grandit dans la société québécoise, serait-il temps de rendre de nouveau visibles les noms autochtones?

Faire cohabiter les noms autochtones avec les noms en langue française

La directrice du bureau du Ndakina du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki, Suzie O’Bomsawin, pense que oui. On aimerait voir notamment la rivière Saint-François, des panneaux qui soient affichés avec le nom de la rivière dans notre langue, qui est Alsig8tegw, mentionne-t-elle. C’est un effort à faire pour montrer à quel point cet héritage-là est important et qu’il doit être conservé à long terme.

Pour écouter le segment à Vivement le retour, cliquez ici.

Pour Mme O’Bomsawin, il ne s’agit pas d’appliquer la même recette que les colonisateurs ont réservée aux Autochtones. L’idée, ce n’est pas d’effacer le nom rivière Saint-François, mais d’ajouter [le nom autochtone]. Ce serait déjà un grand pas en avant, plaide-t-elle.

Selon directeur du Musée d’histoire de Sherbrooke, David Lacoste, la toponymie ne devrait pas être considérée comme un enjeu de second plan. C’est important, parce que c’est notre histoire qui est représentée. Les gens qui ont leur nom sur le nom des rues ont laissé une trace, ils ont eu une importance dans notre ville, explique-t-il.

Ouverture à la Ville de Sherbrooke

Le président du comité de toponymie à la Ville de Sherbrooke, Paul Gingues, se dit disposé à la cohabitation des noms. Je suis très ouvert à cela et ce sera au comité de toponymie d’avoir une réflexion sur cette proposition, souligne-t-il.

En 2021, le comité de toponymie de la Ville de Sherbrooke adaptera d’ailleurs ses processus décisionnels pour nommer davantage de lieux publics dans les nouveaux développements en langue abénakise. Il a été proposé qu’on invite un membre du Conseil de la Nation Waban-Aki pour venir nous aider à renflouer la banque [de noms], explique M. Gingues.

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