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Les restaurants peuvent-ils livrer sans se ruiner?

Un livreur entre quelque chose sur son cellulaire au volant de sa voiture.

Certains restaurants jugent que les coûts pour faire affaire avec une plateforme de livraison sont trop élevés.

Photo : gracieuseté Eva

Avec le confinement, ce ne sont pas tous les restaurants qui ont eu le temps d’organiser leur propre service de livraison. L’arrivée du service de livraison DoorDash en Abitibi-Témiscamingue leur permet de vendre des repas, mais à quel prix?

Le restaurant Le Saint-Exupéry offre la livraison par DoorDash depuis cette semaine. La propriétaire du restaurant, Pascale Culhane, ne pense pas qu’il aurait été rentable de démarrer son propre service de livraison.

Au premier confinement, on avait beaucoup de demandes de livraison, chose qu’on ne faisait pas parce que je trouve ça délicat livrer un déjeuner, et je n’avais pas nécessairement envie d’assurer une auto, payer un livreur, tous les frais que ça engendre, pour le peu de livraisons qu'il y aurait peut-être eu, explique-t-elle.

Après le premier mois d’essai, DoorDash encaisse 20 % du prix de la commande lors d’une livraison.

Au bout du compte, il n’en reste pas tant, sauf que, est-ce que j’aime mieux rester ouvert et avoir un pourcentage des commandes? Je pense que oui. Je trouve ça plus payant d’être ouvert et de payer un 20 % que de fermer et d’avoir 0 $, estime Pascale Culhane.

Le restaurant Habaneros avait déjà son service de livraison, mais a adhéré à DoorDash à cause d’un manque de livreurs, rapporte le directeur général de la chaîne, Renaud Alexandre.

On n’a pas eu le choix parce qu’on ne veut pas perdre ces ventes-là, dit-il, ajoutant qu’il aurait préféré prioriser le service de livraison du Habaneros, comme à Val-d’Or.

Le copropriétaire des restaurants Horizon Thaï et Olive et Basil, Jean-Philippe Perrier, croit que les plateformes de livraison comme DoorDash, UberEats ou Skip the Dishes désavantagent les restaurateurs.

Je comprends les restaurateurs en ce moment parce qu’ils veulent être dans la game de la livraison et ils veulent avoir une visibilité avec la plateforme DoorDash. Ce que je trouve dommage, autant pour mes collègues et pour moi, c’est que si tu décides de l’utiliser, plus tu vends, plus l'entreprise qui livre vient prendre une part, alors qu’il n’y a pas beaucoup de domaines où c’est comme ça, indique-t-il.

Le volume élevé de commandes aux restaurants de Jean-Philippe Perrier leur permet de payer leurs propres livreurs, mais il reconnaît que ce n’est pas la réalité de tous les restaurateurs.

Si j’envoie une montre de 1000 $ à un ami ou une montre à 100 $ qui a le même poids, ça va être le même prix. La compagnie, dans le cas de DoorDash, vient faire un profit sur ton profit et non pas sur le service qu’elle te rend, c’est surtout là, la nuance.

Le copropriétaire des restaurants Horizon Thaï et Olive et Basil, Jean-Philippe Perrier

D’autres services de livraison, comme la plateforme Eva, chargent au client le prix de la livraison plutôt qu’un pourcentage du montant de la commande. Le chef des opérations chez Eva, Dardan Isafi, croit que cette méthode génère moins de pertes pour les restaurateurs.

C’est la commission qui fait mal, parce que la commission est basée sur le prix du repas. Donc tous les restaurants qui ont des menus plus développés, ils se retrouvent un peu le bec à l’eau parce que 30 % d’un repas de 40 $, ça commence à faire beaucoup, affirme-t-il, précisant que la moyenne du coût de livraison est de 8 $.

La coopérative Eva offre la livraison à Montréal, Québec et Saguenay, et prévoit se régionaliser d’ici la fin de l’année 2021.

Les propriétaires du Saint-Exupéry, du Habaneros et du Boston Pizza à Rouyn-Noranda soulignent que DoorDash offre une publicité avec sa présence numérique.

Je veux encourager en région, donc quand tu passes par le biais d’une plateforme comme DoorDash, c’est sûr que oui, ça nous amène des ventes, mais le profit s’en va ailleurs. En même temps, ça nous permet de rejoindre la clientèle, conclut Renaud Alexandre.

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