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Il obéit à la police avant d'être atteint de 6 décharges de pistolet Taser

Un rapport d'autopsie obtenu par CBC jette un nouvel éclairage sur la rencontre mortelle de Clive Mensah avec la police régionale de Peel.

Clive Mensah pose pour la caméra à l'extérieur.

Clive Mensah est mort après avoir été atteint de multiples décharges de pistolet électrique.

Photo : Photo fournie par la famille Mensah

Radio-Canada

Le jeune Noir souffrant de problèmes mentaux a été atteint de six décharges de pistolet électrique. La police a aussi utilisé du poivre de Cayenne.

Clive Mensah est mort au petit matin le 20 novembre 2019 dans sa cour arrière à Mississauga, en banlieue de Toronto.

Le rapport d'autopsie a été préparé par le Service de médecine légale de l’Ontario pour le bureau du coroner provincial et partagé avec CBC par les avocats de la famille de Mensah.

Il conclut que l'homme de 30 ans marchait sur le trottoir dans son quartier vers 3 h 24 et se balançait les bras tout en faisant des bruits inintelligibles.

Un agent envoyé sur les lieux à la suite d'appels de voisins dit avoir tenté de communiquer avec lui de la fenêtre de son autopatrouille en le suivant en voiture.

Le policier et deux autres agents appelés en renfort auraient ensuite suivi M. Mensah dans sa cour. Il était environ 3 h 26.

Les policiers lui auraient demandé de se coucher sur le ventre, ce qu'il aurait fait, mais il aurait continué à s'agiter les bras. Un agent aurait alors déployé son pistolet à décharge électrique Taser.

Le jeune homme de 1,9 m et plus de 150 kg se serait alors relevé et se serait dirigé vers l'un des agents, incitant un policier à utiliser à nouveau un Taser contre lui.

Même s'il s'était écroulé au sol à ce moment-là, un agent le décrit dans le rapport d'autopsie comme agressif et belliqueux. Pour le menotter, un policier a utilisé une autre fois un pistolet à décharge électrique, en plus de l'asperger de poivre de Cayenne derrière la tête.

Un autre agent arrivé sur les lieux a ensuite remarqué que de l'écume sortait de sa bouche et qu'il n'avait pas de pouls, dit le rapport. Le policier a tenté de ranimer la victime en attendant l'arrivée des ambulanciers à 3 h 39. Son décès a toutefois été constaté à l'hôpital à 4 h 19.

Ses oncles William Owusu et Stephen Boakye ne comprennent pas pourquoi les policiers ont agi de la sorte.

Il n'a frappé personne, il n'a rien fait pour menacer [les policiers]. Pourquoi l'ont-ils tué?

William Owusu, oncle de Clive Mensah
William Owusu et Stephen Boakye à l'extérieur.

William Owusu et Stephen Boakye espèrent que des accusations seront portées contre le ou les policiers responsables de la mort de leur neveu.

Photo : CBC/Sue Goodspeed

Racisme?

Selon le rapport du coroner, la cause de la mort de Clive Mensah est indéterminée, aucune des décharges de pistolet électrique n'étant suffisante pour le tuer.

Pourquoi les policiers l'ont-ils même suivi dans sa cour?, demande l'avocate de la famille, Me Vinidhra Vaitheeswaran. Il s'agit d'un jeune Noir qui marchait dans la rue près de sa maison, sans déranger personne.

Face à ces allégations de racisme, la Police régionale de Peel a affirmé qu'elle s'attend à ce que tous ses agents se conduisent en tout temps de façon professionnelle et éthique.

Le corps policier dit ne pas pouvoir commenter davantage en raison de l'investigation toujours en cours de l'Unité provinciale des enquêtes spéciales. L'UES a pour mandat d'enquêter sur les cas de mort ou de blessé grave lors d'une intervention policière.

Les proches de Clive Mensah espèrent que des accusations seront portées. Lorsqu'il est mort, son visage faisait face au sol et il était menotté, dit M. Owusu. Comment pouvait-il respirer?

Selon le policier à la retraite et ancien instructeur au Collège de police de l'Ontario Michael Burgess, le poids et la taille de M. Mensah pourraient avoir joué un rôle dans cette tragédie.

[Un obèse] peut être incapable physiquement de mettre les mains derrière son dos pour être menotté, dit-il. Plus il se débat, plus le policier a tendance à mettre son poids sur le dos [du suspect]. À un moment donné, la personne ne se débat plus simplement à cause de la situation, elle se débat pour rester en vie. Qui sait si c'est ce qui s'est produit ici?

Selon le rapport du coroner, M. Mensah n'a « jamais parlé » durant l'intervention policière.

Avec les informations de CBC News

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