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« Faites-vous vacciner, de grâce! » : le cri du coeur d’une Nunavummiuq en deuil

La vaccination a commencé mercredi à Arviat, la collectivité la plus touchée du Nunavut.

Un homme se fait vacciner.

Joe Manik a été le premier résident d'Arviat à se faire vacciner, mercredi soir.

Photo : Helen-Rose England

La veuve du résident d’Arviat mort de la COVID-19, Diane Sammurtok, implore ses voisins de participer à la campagne de vaccination qui a récemment commencé dans des petites communautés du Nunavut. « Allez vous faire vacciner. Ce n’est pas une blague, j’ai perdu mon mari et il ne reviendra pas », leur dit-elle.

En conférence de presse jeudi, le premier ministre, Joe Savikataaq, a de nouveau appelé les habitants du Nunavut à se faire vacciner et à éviter de relayer de la désinformation sur les médias sociaux.

Il avait, cette fois, un nouvel argument : le cri du cœur de Diane Sammurtok, diffusé à la radio communautaire d’Arviat la semaine dernière.

Vous savez tous que j’ai récemment perdu mon mari de la COVID-19, commence-t-elle, visiblement émue, dans l’enregistrement. Mon mari n’avait pas reçu le vaccin, il n’avait pas le moyen de combattre le virus.

S’il vous plaît, allez vous faire vacciner! Ne vous infligez pas ce que j’ai dû vivre. Voir vos proches mourir n’est pas drôle. La COVID-19 n’est pas une blague.

Diane Sammurtok, résidente d’Arviat

Les infirmières et les médecins sont là pour vous aider. Ils ont essayé de protéger mon mari, mais la COVID-19 l’a tué, poursuit-elle en passant de l’anglais à l’inuktitut. Respectez-les, ne riez pas d’eux.

Une photo de marigae de Diane et Luki.

Diane Sammurtok pleure la perte de son mari, Luki, qui a contracté le COVID-19 lors de l'épidémie à Arviat.

Photo : Diane Sammurtok/Facebook

Diane Sammurtok est courageuse de lancer cet appel aux Nunavummiut, a déclaré le premier ministre après avoir fait jouer l’enregistrement de 5 minutes.

Le vaccin est sécuritaire, il n’y a pas de puce électronique ni de virus dans le vaccin, a expliqué le premier ministre. Seuls vos professionnels de la santé peuvent vous donner l’information exacte et vous dire si vous aurez ou non une réaction allergique.

Le Nunavut ne compte qu’un mort de la COVID-19, le mari de Diane Sammurtok, mais au moins quatre autres Nunavois sont morts de ses complications alors qu’ils se trouvaient dans les provinces du sud.

En l’espace de quelques semaines cet automne, 222 des quelque 3000 résidents d’Arviat ont contracté la COVID-19. La communauté et le reste du Nunavut ne comptent désormais plus de cas actifs sur leur territoire.

un avion à l'aéroport d'Arviat.

Les doses du vaccin de Moderna sont arrivées mercredi dans la collectivité d'Arviat.

Photo : Twitter/John Main

Faites-vous vacciner et gagnez 2000 $

L'équipe de vaccination mobile est arrivée à Arviat mercredi, pour administrer les premières doses du vaccin de Moderna à tous les résidents admissibles qui le voudront.

Selon le médecin hygiéniste en chef du territoire, Michael Patterson, 500 membres de la collectivité avaient pris rendez-vous, mardi. Il n'était pas en mesure jeudi matin de dire combien d’autres ont demandé le vaccin depuis.

Pour contrer la méfiance de certains face à la vaccination, la Municipalité a décidé d’offrir aux personnes qui se font vacciner la chance de remporter l’un des cinq prix de 2000 $.

Le premier ministre et le médecin vêtus de manteaux au pied d'un avion.

Le premier ministre du Nunavut, Joe Savikataaq, et le médecin hygiéniste en chef du territoire, Dr Michael Patterson accueillent les premières doses du vaccin au territoire.

Photo : Gouvernement du Nunavut

C'est pour inciter les gens à se faire vacciner, explique le maire d’Arviat, Joe Savikataaq Jr. C'est un très petit prix à payer pour obtenir l'immunité de masse ici, au cas où nous aurions une deuxième vague.

Questionné sur l’éthique de cette mesure en conférence de presse, le Dr Patterson a répondu n'avoir aucune objection.

C’est une décision prise par le hameau, dit-il. Je crois que toutes les communautés ont le droit de faire ce qu'elles pensent être [acceptable].

Il admet qu’il existe un certain désaccord face à cette pratique, mais c’est le genre de mesure qui a déjà été utilisé ailleurs dans le passé pour soutenir l’offre de traitements médicaux.

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